L’enseignante pétitionnaire enchaîne avec un sondage

Ecole vaudoise Christine Renaudin avait recueilli 1666 signatures de profs insatisfaits de la réforme et publie aujourd’hui la suite de ses investigations.

1121 enseignants ont répondu au sondage de Christine Renaudin.

1121 enseignants ont répondu au sondage de Christine Renaudin. Image: FLORIAN CELLA

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Christine Renaudin a présenté mardi à Lausanne les résultats de son enquête auprès des profs de l’école obligatoire. Sans l’assentiment du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture (DFJC), 1121 enseignants (sur 8667 profs de la scolarité obligatoire) ont répondu à 40 questions sur la LEO (loi sur l’enseignement obligatoire).

Intitulé «La LEO: un FLEO?» le questionnaire parcourt les thèmes chauds en lien avec la réforme scolaire introduite en 2013. A la question: «Après trois ans d’application de la LEO, êtes-vous satisfait par cette loi?» 91,6% des sondés répondent: «Non.» Le ton est donné.

L’exercice doit être interprété avec prudence. Les profs qui ont répondu au sondage sont en bonne partie (77,6%) les mêmes que ceux qui avaient signé la pétition cet automne. Cet état de fait introduit un biais dans les résultats: «Les gens qui ont répondu ne sont probablement pas représentatifs de la population globale des enseignants de l’école obligatoire, indique Boris Wernli, professeur titulaire à la Faculté des sciences sociales et politiques. Cela dit, ils sont quand même un huitième à avoir cet avis, si le questionnaire n’est pas tendancieux.»

Christine Renaudin, conseillère communale Vaud Libre à Pully, est connue pour avoir proposé des cours d’éthique à Daniel Vasella. En 2008, elle a acheté une pleine page du Temps en soutien à Eveline Widmer-Schlumpf. Et, cet automne, elle réunissait 1666 signatures de profs mécontents de la LEO, à la barbe du DFJC. Ce dernier ne lui reconnaît d’ailleurs pas le titre d’enseignante malgré sa formation et ses remplacements à l’école vaudoise.

Elèves sacrifiés
Selon la pétitionnaire, le sondage démontre que «le niveau scolaire se dégrade» et que l’on «sacrifie des élèves». Les profs qui ont répondu ne sont pas des progressistes. 59,2% admettent qu’ils ne partageaient pas, au départ, l’idéal intégratif de la LEO. Reste qu’ils sont 79,8% à estimer que la réforme n’a pas permis d’éviter le jugement négatif dont souffraient les anciennes VSO (voie secondaire à options). Les élèves les moins scolaires continuent donc, selon ces résultats, à être stigmatisés. Dans son bilan de septembre, le DFJC avait montré, quant à lui, une diminution notable de la proportion des écoliers les moins performants, passant de 30% dans l’ancien système à 15% aujourd’hui.

Les enseignants sondés sont une majorité (77%) à penser que la LEO ne «met pas assez l’apprentissage en valeur, au profit d’une promesse d’accès aux études pour tous». 79,6% souhaitent la réintroduction d’une troisième voie pour le secondaire, une voie «préprofessionnelle» qui serait «mieux organisée et mieux valorisée» que l’ancienne VSO.

Une motion de la députée UDC Fabienne Despot, pendante au Grand Conseil, va exactement dans ce sens. A notre connaissance, certains enseignants ont renoncé à répondre au sondage, non pas parce que le DFJC s’en détournait, mais parce qu’ils l’estimaient orienté politiquement. Mardi, l’Alliance du Centre a d’ailleurs communiqué son soutien au sondage et annoncé des débats sur la LEO, considérée comme «un grand échec du gouvernement» sortant.

Christine Renaudin a voulu soumettre les résultats de son travail à la cheffe du DFJC, Anne-Catherine Lyon, en vain. La magistrate n’a pas répondu.

Créé: 07.03.2017, 16h13

Remèdes bientôt prêts

Du côté du DFJC, les responsables ne restent pas les bras croisés. Un groupe de travail réunissant les syndicats, les parents, les doyens et les directeurs met au point depuis la rentrée 2016 des aménagements du règlement de la LEO dans le but prioritaire de renforcer le rôle du maître de classe en voie générale. Directeur général de l’enseignement obligatoire, Alain Bouquet précise que ces adaptations doivent encore être avalisées par le Conseil d’Etat. Les nouvelles mesures devraient entrer en vigueur dès la rentrée 2017. Elles portent notamment sur la manière de composer les classes et sur un aménagement des options de manière à favoriser la présence du maître de classe.

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