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À l’EPFL pour un camp d’été entre filles

Le campus propose des semaines d’activités «sans garçons» pour les jeunes passionnées de technologie. Découverte.

En une matinée, les participantes se sont essayées à l’électronique et à la soudure pour assembler un petit robot.

L’ambiance est studieuse, mais les bavardages vont bon train, même avec un tournevis à la main. Sur le plan de travail, c’est un joli désordre de pièces d’électronique, de câbles et de boulons modèle réduit.

– Moi, j’aimerais trop aller au MIT! – Où ça? – Tu connais pas? Le Massachusetts Institute of Technology. C’est une école aux États-Unis. Ils sont très forts en sciences, pas comme Harvard. Par contre, ça coûte au moins 80'000 francs par an pour y aller. – Tu n’as plus qu’à devenir riche!

Autour de la table, quatre amies pouffent de rire avant d’enchaîner la conversation sur les bourses d’études. Dans la lumineuse salle de cours, elles sont en tout une petite vingtaine, âgées de 11 à 13 ans, et passent la semaine à l’EPFL pour un camp scientifique estival. Signe particulier, il n’y a aucun garçon à l’horizon. Les inscriptions sont réservées aux filles.

Neuro-ingénierie et robots

Au menu aujourd’hui: la construction d’un Coxibot. «C’est un robot qui avance dans une direction et qui tourne s’il rencontre un obstacle», détaille Julia. Du haut de ses 12 ans, elle annonce la couleur avec l’inscription qu’arbore son T-shirt: «Feminist». Elle se tourne vers l’une des encadrantes de l’atelier. «On va aussi le programmer?» Pas pour cet exercice, mais les filles ont déjà eu l’occasion de parfaire leurs connaissances en programmation en début de semaine. Elles ont aussi rendu visite à des équipes de chercheurs, notamment en biorobotique et en neuro-ingénierie. Jusqu’à vendredi, le programme variera entre activités pratiques et ludiques avec pour thèmes principaux le cerveau et les robots.

En plus d’un large éventail d’activités ouvertes à tous, l’EPFL propose des camps d’été réservés aux filles depuis quelques années déjà (voir encadré). Une manière d’encourager une relève plus féminine dans un univers académique encore dominé par les hommes. Pourtant, les participantes sont loin de forcer leur intérêt pour la science. Beaucoup ont déjà participé à des camps ou des ateliers scientifiques, quand elles ne bidouillent pas carrément des robots à la maison. «C’est un âge où certaines aiment bien pouvoir faire des activités entre elles, observe tout de même Pauline Ruffiot, la médiatrice scientifique qui anime la semaine. Dans certains cas, quand il faut s’inscrire à un camp mixte, il y a aussi la peur de se retrouver la seule fille!»

«Ce que j’aime avec les sciences, c’est qu’il faut comprendre plutôt qu’apprendre»

«C’est vrai qu’on est peut-être plus à l’aise entre nous, mais je ne saurais pas vraiment dire pourquoi», glisse Annaëlle, 12 ans. «C’est quand même bien pour encourager les filles que ce camp existe», croit savoir son amie Sophie. Les deux copines seront l’année prochaine dans la même classe de 9e à Lausanne, et elles ont fait leur choix d’orientation. Ce sera l’option maths-physique. Comme d’autres participantes du même âge, Sophie a entendu que la filière scientifique demandait plus d’effort que les autres. «J’ai un peu hésité, mais ce que j’aime avec les sciences, c’est qu’il faut comprendre plutôt qu’apprendre. Et surtout, il n’y a qu’une seule réponse! 3 + 2 font 5, pas comme en histoire.»

«Lundi, on a demandé à une chercheuse s’il y avait vraiment moins de filles dans les labos. Elle nous a dit que dans le sien, il y en a plus que de garçons! Ça m’a rassurée», raconte Maude. À 11 ans, elle s’intéresse à la robotique et suit déjà des cours en dehors de l’école. Une future scientifique? On aurait tort de coller trop vite des étiquettes. «J’aimerais plutôt être prof de maths, de physique, mais aussi de français et d’histoire.»

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