L'EPFL inaugure une nouvelle manière d'enseigner aux futurs ingénieurs

CampusLa haute école a présenté le contenu du bâtiment qui lui a valu des critiques pour dépassement de budget.

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C’est ce bâtiment, baptisé «ME», qui a valu à l’EPFL de se faire récemment épingler par les autorités fédérales pour dépassement de budget – de 67 millions à 90 millions de francs. Issu de la transformation des anciennes halles de mécanique, il a été inauguré hier sur le campus d’Ecublens et se présente résolument comme une architecture au service d’un changement pédagogique important pour la haute école fédérale.

Œuvre du célèbre bureau d’architectes du Français Dominique Perrault, qui a signé entre autres la Bibliothèque nationale à Paris, et construit par l’entreprise Steiner, le ME distribue sur quatre niveaux et 8000 mètres carrés de nombreuses salles de travaux pratiques d’un genre inédit pour l’EPFL.

L’école gouvernée par le très anglophone président Patrick Aebischer a même déniché un nouvel anglicisme pour parler de ces infrastructures d’enseignement regroupant plusieurs disciplines autour de projets concrets: les Discovery Learning Labs, ou, en gros, laboratoires de découverte pédagogique. La traduction est bien sûr approximative.

Recherche de pointe

En clair, les étudiants de plusieurs branches complémentaires s’y rendent pour mettre en pratique ce qu’ils ont appris de manière théorique, et ce, dès la première année d’études. Ils apprennent par exemple à concevoir et construire des structures avec des matériaux développés par la recherche de pointe, à intégrer la fibre optique dans leurs dispositifs électroniques, ou à élaborer en un semestre des robots capables d’apprendre de manière simple sur la base de programmes que ces mêmes étudiants ont développés.

«En combinant ce type d’enseignement, multidisciplinaire et en prise avec la recherche de pointe, avec les cours à distance, on obtient vraiment de bons résultats, confie Patrick Aebischer durant la visite guidée des Discovery Learning Labs (DLL). Et ce qui est aussi nouveau, c’est que les étudiants peuvent avoir accès à leurs expériences depuis chez eux.»

«En combinant ce type d’enseignement, multidisciplinaire et en prise avec la recherche de pointe, avec les cours à distance, on obtient vraiment de bons résultats»

Le bâtiment ME est l’un des rares du campus auquel ces derniers peuvent accéder à toute heure. Petit clin d’œil à l’histoire, son auditoire, d’une capacité de 70 places, porte le nom de feu Adrien Palaz, ingénieur, qui fut directeur de l’Ecole d’ingénieurs de l’Université de Lausanne (EPUL, l’ancêtre de l’EPFL) et que certains connaissent comme étant le fondateur des TL, les Transports publics de la région lausannoise. La famille d’Adrien Palaz était présente à cette inauguration.

Le ME abrite aussi des centres de recherche nationaux, en matériaux et en robotique, ainsi que des équipes de recherche en bio-ingénierie. Et il cache en son sein un grand local permettant de tester des robots nageant dans un bassin ou se déplaçant dans les airs. «Nous l’avons déjà surnommé le Dronodrome», plaisante Andreas Mortensen, vice-provost (ce qui signifie plus ou moins vice-président) de l’EPFL en charge de la recherche.

(24 heures)

Créé: 10.05.2016, 19h24

«En réalité, cela nous a permis d’économiser 50 millions!»

L’affaire a fait du bruit au début de l’été 2015, puis de nouveau en mars dernier. Tant le Contrôle fédéral des finances que le Conseil des EPF – ce dernier étant l’organe de tutelle des Ecoles polytechniques – ont vertement reproché à la direction de l’EPFL d’avoir annoncé tard, près de deux ans après, que la?transformation des anciennes halles de mécanique (dites aussi «bâtiment ME») allait coûter non pas 66 millions, mais 90 millions de francs. Aucune sanction n’a été prise, mais des changements ont été exigés dans l’organisation interne de l’école. Les premiers d’entre eux ont déjà été effectués, selon la direction de l’EPFL. Celle-ci justifie le retard par la complexité de la transformation, qui a changé de programme en cours de réalisation. «En vérité, si formellement il y a eu un dépassement de budget, au total on a plutôt économisé de l’argent, tient à préciser encore une fois le président Patrick Aebischer. Le ME était censé accueillir le centre de neuroprothèses. Mais quand celui-ci est parti sur le campus EPFL de Genève, il a fallu changer le programme. Et ce changement a permis d’éviter la construction de nouveaux bâtiments. Au final, on a gagné quelque 50 millions!»

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