L’État pourrait accorder des prêts pour payer la facture du dentiste

SantéAprès l’échec de l’initiative pour une assurance des soins dentaires, le Grand Conseil devrait valider l’idée des prêts à taux zéro.

Les prêts seraient destinés aux personnes qui peinent à payer leurs factures, sans néanmoins toucher d'aides sociales.

Les prêts seraient destinés aux personnes qui peinent à payer leurs factures, sans néanmoins toucher d'aides sociales. Image: Odile Meylan

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Au mois de mars, quand les Vaudois ont refusé à 58% l’initiative pour créer une assurance des soins dentaires, la gauche et la droite étaient tombées d’accord sur un point: il faut aider les Vaudois à faible revenu qui renoncent à voir leur dentiste par peur de la facture.

Six mois plus tard, quelle est donc la solution? Celle qui semble faire la quasi-unanimité désormais, c’est le prêt remboursable sans intérêt, versé par l’État aux personnes qui gagnent peu d’argent mais ne bénéficient pas des aides sociales. Le but: leur permettre de se soigner en échelonnant le remboursement.

Le Grand Conseil pourrait débattre de l’idée ce mardi déjà, ce qui obligerait le Conseil d’État à ficeler un projet dans les mois qui viennent. Le conseiller d’État socialiste Pierre-Yves Maillard, à la tête du Département de la santé, soutient le projet.

Plusieurs millions

L’idée fait partie des propositions contenues dans une motion signée par Claire Richard, cheffe du groupe Vert’libéral au Grand Conseil. En fait, cette idée ne figurait pas dans le texte originel que la députée avait déposé en mars, après l’échec de l’initiative. Mais son texte a été retravaillé en commission depuis lors et cette idée y a été ajoutée.

Mais de quel montant ce système de prêt aurait-il besoin pour fonctionner? Entre 10 et 20 millions de francs par an, selon Pierre-Yves Maillard. «Cela permettrait de toucher la population qui est juste au-dessus des régimes sociaux.»

Si le montant peut inquiéter certains élus, le ministre de la Santé ajoute: «Parmi les bénéficiaires, on trouve un certain nombre de personnes âgées. En facilitant le paiement de leurs soins, cette somme permettrait également de retarder leur entrée en EMS, et de retarder les coûts qui vont avec.»

«Aider en cas de pépin»

Claire Richard se réjouit que ce point ait été ajouté noir sur blanc à sa motion. «On ne peut pas laisser quelqu’un sur le carreau, explique-t-elle. Il faut aider les gens qui ont un pépin et qui n’ont pas les moyens de l’assumer d’un coup. C’est une logique qui permet de sortir des difficultés, à son rythme, en respectant la responsabilité personnelle.»

Selon cette écologiste de droite, l’idée se calque sur le modèle de l’assistance judiciaire. Celle-ci dispense les personnes à faible revenu d’avancer les frais de justice, en permettant un remboursement après coup.

Il y a un bémol néanmoins. «À titre personnel, ajoute Claire Richard, je trouve que les problèmes bucco-dentaires devraient être pris en charge par l’assurance maladie. Mais cette question est fédérale. Le Canton doit donc trouver des solutions.»

«Notre inquiétude, face aux prêts à rembourser, est que cela constitue un frein, pour des personnes qui craindraient de s’endetter»

Durant les travaux parlementaires, il est apparu que le Parti socialiste et les Verts soutiendront l’idée, alors même qu’ils militaient pour une assurance pour les soins dentaires. Depuis lors, ils ont dû faire le poing dans leur poche.

«Notre inquiétude, face aux prêts à rembourser, est que cela constitue un frein, pour des personnes qui craindraient de s’endetter, explique la députée Jessica Jaccoud, présidente du Parti socialiste. Nous soutiendrons cette idée timidement. Nous avons perdu en mars et, face à la majorité bourgeoise du parlement, nous faisons du pragmatisme politique. Nous avons essayé d’obtenir davantage en commission, malheureusement sans succès.»

En commission, un seul député s’est opposé à cette idée: Jean-Michel Dolivo (SolidaritéS), ancien fer de lance du comité de l’initiative pour l’assurance dentaire. «Si l’idée d’un prêt se concrétise, cela représenterait tout de même une épée de Damoclès au-dessus de la tête des personnes à petits revenus. La gauche gouvernementale voit bien le caractère alibi de cette motion.»

Assurance pour les enfants

Le texte sur lequel va se pencher le Grand Conseil contient d’autres mesures, comme l’amélioration de la prise en charge bucco-dentaire en EMS, la promotion de la prophylaxie et des examens dentaires chez les mineurs et les jeunes, ou l’incitation, pour les parents, de souscrire une assurance dentaire pour leurs enfants.

«La promotion de la couverture d’assurance privée aussi précoce que possible est un point très important», explique la libérale-radicale Christelle Luisier-Brodard, auteur d’une autre motion sur le sujet. «Parmi les mesures, il y a l’aide au financement de couverture de base pour les bébés. Ces assurances ne sont pas très chères, avec une bonne couverture orthodontique, et les parents ont parfois juste besoin d’un coup de pouce pour se dire que cela vaut la peine.» (24 heures)

Créé: 11.09.2018, 07h03

La taxe sur les boissons sucrées, c’est terminé

L’idée avait fait hurler la droite et appartient désormais au passé: une taxe sur les boissons sucrées, d’un montant de 30 centimes par litre, pour participer au financement des soins dentaires dans le Canton de Vaud. L’idée avait été présentée par Pierre-Yves Maillard l’an dernier. Et elle faisait partie du projet de loi sur la santé bucco-dentaire (LSB), que le conseiller d’État socialiste avait préparée comme contre-projet indirect à l’initiative pour le remboursement des soins dentaires.

Si Pierre-Yves Maillard espérait faire survivre cette loi après l’échec de l’initiative, sa suppression est une condition imposée par la droite dans plusieurs motions. Le Grand Conseil devrait se prononcer ce mardi. En commission, le ministre de la Santé a déjà accepté l’enterrement de son texte

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