L’Etat se prépare à un turn-over de ses cadres

Ressources humainesLa génération des baby-boomers arrivant à la retraite, ça va bouger à la tête des services de l’Etat. Des élus s’inquiètent.

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L'infographie en grand

A ceux qui rêvent de bosser dans le secteur public: fignolez votre CV! L’Etat de Vaud va beaucoup recruter ces prochaines années. Non qu’il prévoie de créer une ribambelle de nouveaux postes. Mais il faudra remplacer la génération des baby-boomers, car pour eux, c’est bientôt la quille. Selon les chiffres fournis par le Service du personnel (SPEV), 28% des 21 000 fonctionnaires cantonaux auront atteint l’âge de la retraite d’ici dix ans.

Jusqu’à un sur deux

Plus inquiétant, 37,9% des cadres sont concernés et, dans certains secteurs, au moins un sur deux fera ses cartons. «Ces pourcentages sont une photo à une date déterminée et sont donc susceptibles d’évoluer. Ils sont basés sur une hypothèse de date de départ à la retraite», précise Filip Grund, chef du SPEV.

«Plus inquiétant», aux yeux de la Commission de gestion du Grand Conseil en tout cas. Ses membres ont formellement interpellé le Conseil d’Etat sur ce sujet, et ils n’ont pas été satisfaits de la réponse vague qu’ils ont reçue. «On nous parle d’une stratégie, sans dire laquelle. Un groupe de travail plancherait sur la question mais on ne sait pas ce qu’il fait, regrette le socialiste Hugues Gander. Selon les domaines, on parle de personnes expérimentées ayant un profil très pointu et dont les compétences requises sont rares.» Les commissaires évoquent en particulier le cas du SIPAL, le Service immeubles, patrimoine et logistique, dont plusieurs chefs sont en fin de carrière et pourraient partir dans un court laps de temps.

Ce qui empêche nullement Pascal Broulis de s’endormir le soir. «Je ne suis pas du tout inquiet, lâche le conseiller d’Etat. Ce n’est pas parce qu’on approche l’âge de la retraite qu’on saisit immédiatement cette possibilité. J’ai des supercadres, mais personne n’est irremplaçable et le marché n’est pas sec.» Le ministre PLR dit avoir appris à gérer ce genre de situations quand il travaillait à la Banque Cantonale Vaudoise. «Oui, il y aura beaucoup de départs à la retraite ces prochaines années, mais c’est tout à fait gérable. J’ai des warnings deux ans à l’avance, qui permettent d’avoir des discussions avec les personnes concernées. On y pense, et on en parle.»

«L’Etat de Vaud compte 70 chefs de service et tous n’ont pas la même dynamique en matière de ressources humaines», admet toutefois la présidente du gouvernement, Nuria Gorrite, responsable du SPEV. «La question des départs à la retraite ne nous préoccupe pas, mais disons qu’elle nous occupe.» La conseillère d’Etat relève que certains corps de métier, comme les enseignants et les gendarmes, sont en quelque sorte «captifs» de l’Etat. «Pour eux, nous avons une forte prévisibilité des effectifs depuis la formation jusqu’à la retraite.» Pour le reste, il faut composer avec les aléas de la vie, au sein d’une société où la mobilité professionnelle s’accentue. «Nous avons commencé à travailler avec les services sur la question, il n’y a pas de plan général mais du sur-mesure. Nous faisons une analyse fine des besoins.»

Rajeunir les états-majors

Plus concrètement, le gouvernement travaille sur deux axes, explique sa présidente. «Il s’agit d’une part d’identifier les talents à l’interne et de favoriser leur promotion, sachant que la valeur n’attend pas le nombre des années.» Rajeunir quelque peu les états-majors ne ferait pas de mal à l’Administration cantonale, dont la pyramide des âges n’est guère équilibrée (voir infographie). «Or, la jeunesse peut amener de nouveaux outils, de nouveaux réflexes, une nouvelle dynamique», relève Nuria Gorrite.

Autre chantier qui se poursuit: renforcer l’attractivité de la fonction publique. Elle est déjà bonne, notamment du point de vue de la prévoyance professionnelle, «et beaucoup de choses sont déjà faites: annualisation du temps de travail, égalité salariale, stabilité de l’emploi, possibilité de télétravail, etc., vante la ministre. Mais il faut continuer. Des améliorations sont toujours possibles. Ce qui est sûr, c’est que le Canton attire aussi d’autant plus de talents qu’il recommence à investir dans des projets d’importance, qui sont motivants. Et ça, on le constate depuis quelques années.»

Secrétaire syndical au Syndicat des services publics (SSP), David Gygax ne se dit pas soucieux de ces futurs départs à la retraite. Il souligne néanmoins le problème de sous-effectifs qui touche certains pans de l’administration, citant comme exemple le Service de protection de la jeunesse, l’Office des curatelles et tutelles ou le fisc. «Si on engage plus de gens, on a aussi plus de chances d’avoir de la relève.»

Créé: 10.07.2017, 07h21

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