L’État se voit prié de payer les tableaux interactifs

Education numériqueQui paie quoi dans les écoles? Les Communes veulent clarifier les choses. Une initiative est déposée devant le Grand Conseil.

Les tableaux interactifs sont devenus le symbole de la bisbille financière entre l'Etat et les Communes.

Les tableaux interactifs sont devenus le symbole de la bisbille financière entre l'Etat et les Communes. Image: Jean-Paul Guinnard-A

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Dans l’arsenal des députés, l’initiative parlementaire tient lieu d’artillerie lourde. C’est ce qu’ont dégainé mardi l’Union des communes vaudoises (UCV) et l’Association des Communes vaudoises (AdCV) pour forcer le Conseil d’État à débourser davantage dans l’épineux dossier des constructions scolaires.

Entre le lobby communal et le gouvernement, le dialogue est stérile depuis des années: pas moyen de s’entendre sur qui paie quoi dans les écoles. En gros, bâtiment et mobilier sont payés par les Communes, le matériel pédagogique par l’État. Mais dans le détail? C’est là que ça coince, avec notamment la question des tableaux interactifs, devenus le symbole de la més-entente. Ils coûtent bonbon et ont toujours été considérés comme du mobilier par le Département de la formation, et comme un outil pédagogique par les Communes.

Pour en finir avec cette bisbille, l’UCV et l’AdCV ont élaboré une initiative parlementaire, déposée mardi au Grand Conseil par le député PLR et syndic d’Yverdon Jean-Daniel Carrard, par ailleurs membre du comité de l’UCV. Signé par une septantaine de représentants de tous les groupes politiques – avec une nette prédominance du centre droit –, le texte vient retoucher trois articles de la LEO, la loi sur l’enseignement obligatoire. Il liste les frais mis à la charge du Canton et ceux supportés par les Communes. «Ce n’est pas qu’elles ne veulent rien payer, mais il faut que les choses soient claires, résume la présidente de l’UCV, Claudine Wyssa. Le bâtiment, y compris les bornes wi-fi et le câblage qui se trouve dans les murs, reste financé par les Communes.» Le reste de l’équipement informatique, mobile ou fixe, grèverait en revanche le budget de l’État.

«Il y a de grands enjeux, et cette clarification permettra d’aller de l’avant.»

L’initiative parlementaire tombe à pic, selon la libérale-radicale, car la ministre Cesla Amarelle va bientôt arriver devant le parlement avec une demande de crédit en lien avec l’éducation numérique. «Il y a de grands enjeux, et cette clarification permettra d’aller de l’avant. Le matériel dont seront dotées les écoles doit être le même partout, par souci de cohérence, car aujourd’hui, entre ceux qui ont un tableau noir, un tableau interactif et une Apple TV, les disparités sont importantes.» «Chacun défend ses sous, admet Jean-Daniel Carrard, mais il n’est pas juste que les élèves fassent les frais de cette mésentente. Il faut avoir le courage de déterminer précisément ce que chacun doit payer.»

Cesla Amarelle compte bien trouver un compromis avant même que le parlement ne doive se prononcer définitivement sur l’initiative, ce qui n’arrivera pas avant de longs mois. «Les négociations vont reprendre avec l’UCV et l’AdCV en janvier», dit-elle. Elle sera cette fois accompagnée de deux autres ministres: Pascal Broulis et Béatrice Métraux. «J’ai d’abord mis l’accent sur la formation des enseignants, car l’éducation numérique ne doit pas se résumer à une question d’équipement, reprend la socialiste. Oui, il y a une logique que l’affichage en classe soit unifié dans le canton, pour assurer l’égalité de traitement des élèves et favoriser la mobilité des enseignants. Reste à clarifier le financement.» L’équation pèse des dizaines de millions de francs. (24 heures)

Créé: 13.12.2018, 06h55

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