Une étude passe au crible le sommeil des Vaudois

DormirNous dormons environ 7 h par nuit et sommes nombreux à souffrir d’apnées du sommeil, selon une enquête du CHUV.

Olivier Renaud, 63 ans, porte un masque CPAP pour dormir depuis plus de six ans. Après une période d'adaptation de quelques mois, il a vite ressenti les bénéfices de nuits réparatrices.

Olivier Renaud, 63 ans, porte un masque CPAP pour dormir depuis plus de six ans. Après une période d'adaptation de quelques mois, il a vite ressenti les bénéfices de nuits réparatrices. Image: Vanessa Cardoso

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Etudier le sommeil n’est pas une mince affaire: le simple fait de vouloir le mesurer, le perturbe. Pourtant, le Centre d’investigation et de recherche sur le sommeil du CHUV est parvenu à passer au crible les nuits de plus de 2000 Vaudois de plus de quarante ans. Mercredi, les spécialistes livreront les résultats lors d’une conférence publique.

Une première

Appelée HypnoLaus, cette étude, soutenue par la Ligue pulmonaire vaudoise, est une première. «La plupart des recherches faites sur le sommeil concernent des personnes qui viennent spontanément consulter pour des troubles, explique le docteur Raphaël Heinzer, médecin responsable du centre lausannois. Pour la première fois, grâce à HypnoLaus, nous sommes allés à la rencontre de Vaudois sans problèmes apparents. Cela a permis d’obtenir des valeurs de référence sur lesquelles se baser. Elles nous permettront de mieux redéfinir toutes les maladies du sommeil.»

Première découverte surprenante: la fréquence des apnées du sommeil (lire ci-contre). «Plus de 49% des hommes et 23% des femmes de plus de 40 ans ayant participé à l’étude souffrent de ce syndrome de manière modérée à sévère. C’est bien plus que ce nous pensions. Cela montre que traiter les gens sur la seule base du nombre d’apnées enregistrées par heure n’est pas la meilleure approche. Nous avons constaté que certaines personnes qui ont pourtant de fréquents épisodes n’ont pas de répercussions sur leur santé. Il faut donc traiter les gens non seulement en fonction de la fréquence des apnées, mais aussi en considérant les facteurs de risques cardiovasculaires, de diabète, de dépression, etc. Dans le futur, le suivi des Vaudois ayant participé à l’étude pourrait permettre d’établir un lien de cause à effet entre apnées du sommeil et ces autres pathologies.»

18 minutes avant Morphée

HypnoLaus a également permis de savoir que les Vaudois mettent en moyenne 18 minutes à tomber dans les bras de Morphée et y restent environ sept heures. Inutile donc de s’inquiéter si l’on ne dort pas les fameuses huit heures quotidiennes recommandées dans les médias ou si le sommeil ne vous cueille pas dès que vous posez la tête sur l’oreiller.

L’étude vaudoise a en outre démontré que les personnes âgées, dont le sommeil est en général moins bon, ne se plaignent pourtant pas davantage de somnolence durant la journée. «Cela devrait inciter les médecins à ne pas considérer que les plaintes de somnolence sont simplement attribuables à l’âge et à essayer d’en trouver l’origine (troubles de l’horloge interne, apnées du sommeil, etc.)»

Conférence Le Sommeil des Vaudois en présence de Raphaël Heinzer, notamment: mercredi 17 juin à 18 h à la salle au Palais de Beaulieu. Inscription préalable souhaitée sur le site www.liguepulmonaire.ch (24 heures)

Créé: 15.06.2015, 06h47

L'apnée gâche les nuits et les jours

La Ligue pulmonaire vaudoise traite environ 9000 patients pour différents problèmes respiratoires. Parmi eux, 8000 souffrent du syndrome d’apnées du sommeil. Il s’agit de brèves interruptions de la respiration (allant en général de 10 secondes à une minute) qui surviennent plusieurs fois par heure pendant le sommeil du patient. Les muscles derrière la langue s’affaissent et l’air ne parvient plus à circuler. Afin d’éviter l’asphyxie, le cerveau envoie une décharge d’adrénaline pour lever l’obstruction musculaire. «Cela provoque des micros réveils dont le patient n’a pas conscience et qui l’empêchent d’avoir un sommeil réparateur, explique Michel O’Connor, infirmier à la Ligue pulmonaire vaudoise. Fatigue, somnolence diurne ont un impact négatif sur la qualité de vie.»

Ce manque de repos semble favoriser l’apparition de problème cardio-vasculaire et les risques d’attaques cérébrales chez ceux qui ne se traitent pas. La vie sociale peut également en pâtir. «Les personnes qui souffrent du syndrome d’apnées du sommeil ont souvent peu d’énergie et de ce fait moins envie de sortir, ce qui peut les amener à s’isoler», explique Véronique Jaillot, responsable du service psychosocial de la ligue. Difficile de se rendre compte par soi-même que l’on souffre d’une telle pathologie. Ce sont souvent les conjoints, alertés par des ronflements bruyants et irréguliers, qui permettent de prendre conscience du problème.

Vient alors le moment de trouver une thérapie adéquate. L’appareillage CPAP (pour Continuous Positive Airway Pressure) est souvent proposé. Il se compose d’un masque souple relié à une petite machine à brancher au courant. Il envoie un flux d’air directement dans les narines, obligeant les voies respiratoires à rester ouvertes. Le masque, bien que discret, peut gêner le patient ou apeuré la personne qui partage son lit. «La ligue propose diverses activités, entre autres des rencontres CPAP afin de permettre aux personnes appareillées de partager leurs expériences et mieux accepter la thérapie», poursuit Véronique Jaillot.





























































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