Des étudiants simulent une négociation Suisse-Europe à l'UNIL

Libre circulationUne trentaine de participants ont tenté samedi à Dorigny de trouver une solution à la crise actuelle de l’après 9 février.

La plupart des partis ont délégués des coaches pour accompagner les étudiants dans leur simulation, samedi dans le bâtiment Géopolis de l'UNIL.

La plupart des partis ont délégués des coaches pour accompagner les étudiants dans leur simulation, samedi dans le bâtiment Géopolis de l'UNIL. Image: Analou Delémont

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«Nous proposons l’application d’une clause de sauvegarde permanente limitant la libre circulation pour la Suisse si notre solde migratoire annuel dépasse les 10% de la population établie.» Nous sommes dans le bâtiment Géopolis, sur le campus de l’UNIL, à Dorigny. Un jeune politicien censé incarner un des trois représentants suisses à la table des négociations avec l’Union européenne tente de faire passer le concept. En face, deux étudiants et un membre du Nomes-Vaud (Nouveau mouvement européen suisse), dans le rôle des Européens, martèlent qu’il est hors de question de poser une limite quantitative à ce principe cardinal de l’Union.

Durant toute la journée de samedi dernier, une trentaine de participants, en majorité des étudiants et étudiantes de l’UNIL, se sont livrés à une simulation de négociation entre la Suisse et l’UE. Il s’agissait de sortir de la crise causée par l’acceptation de l’initiative du parti UDC «Contre l’immigration de masse», le 9 février 2014, qui veut instaurer des quotas d’étrangers et semble a priori contraire à la libre circulation européenne des personnes, à laquelle la Suisse a adhéré.

Mandat de négociations

On doit cette initiative à trois acteurs: l’Association universitaire Mosaïque, qui conduit régulièrement des simulations des débats de l’Organisation des Nations Unies, ELSA, l’Association européenne des étudiants en droit, présente à Lausanne, et le Nomes.

Le samedi matin, les participants ont commencé par simuler la préparation d’un mandat de négociation, avec dans une salle le Con­seil des ministres de l’UE (réduit à six membres), et dans l’autre les Chambres fédérales, fusionnées en un seul conseil pour l’occasion. Des représentants (réels) de la plupart des partis suisses (UDC, PS, Verts, PDC, PLR, PBD et Vert’libéraux) avaient délégué des coaches. Ils étaient là pour aider les étudiants à mieux saisir le fonctionnement politique du parlement national.

Au final, l’UDC s’est retrouvée à la table des négociations avec l’Europe et un début d’accord a pu être trouvé: possibilité pour la Suisse de limiter l’immigration si le pourcentage de permis de séjour d’une durée égale ou supérieure à un an dépasse les 17%. Avec réévaluation du mécanisme au bout de dix ans. «C’est une simulation, je ne suis pas persuadé que ça se passerait ainsi dans une situation réelle», réagit Jean-Philippe Gay-Fraret, vice-président des Jeunes UDC suisses.

Les organisateurs tablaient au départ sur 130 personnes, puis, devant le résultat des inscriptions (une cinquantaine), ils ont redimensionné l’événement sur un jour et une soirée, au lieu de deux et une soirée. Avec au final seulement une vingtaine d’étudiants en dehors des organisateurs et des coaches. «Il faut tenir compte du fait que c’est la première fois, et aussi se rendre compte qu’il n’est pas facile pour tout le monde de se libérer tout un samedi, explique Sandra Habiyambere, vice-présidente de Mosaïque UNIL. Les prochaines fois, il faudrait que les participants puissent faire valider cette simulation comme crédit d’études.»

Créé: 30.11.2015, 09h24

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