Une ex-élue PS vise la Muni de Lausanne et agace son parti

CommunalesLatha Heiniger prend les socialistes de court mais ses chances sont minces.

Latha Heiniger a quitté le Conseil communal de Lausanne l'an dernier. Elle souhaite revenir en tant que municipale.

Latha Heiniger a quitté le Conseil communal de Lausanne l'an dernier. Elle souhaite revenir en tant que municipale. Image: Jean-Bernard Sieber

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Le Parti socialiste aime maîtriser sa com autant que son agenda. Mais il n’y parvient pas toujours. Et lorsque tout n’est pas soigneusement réglé, les fauteurs de troubles se font tailler un costard.

Latha Heiniger, 45 ans, semble subir cette loi. Elle a annoncé à la direction de son parti, par écrit, qu’elle se verrait bien remplacer Oscar Tosato l’an prochain à la Municipalité de Lausanne. Celle qui coordonne la politique de l’enfance et de la jeunesse du Canton de Vaud s’y prend tôt et n’agit pas au rythme du parti: c’est l’assemblée générale du mois de septembre prochain qui doit déterminer le nom qui figurera à côté de ceux de Grégoire Junod et de Florence Germond. On aurait pu imaginer des premiers noms officiels peu avant l’été.

Latha Heiniger qualifie sa candidature de «spontanée» et dit avoir «un parcours de vie, des compétences et une vision qui apportent des choses au PS et qui peuvent être très intéressants dans une fonction telle que celle exercée dans un exécutif». Pas sûr que son parti la suive. C’est qu’elle a quitté les rangs du Conseil communal l’an dernier après un clash, apprend-on. «En plus, elle n’a jamais rien proposé d’intéressant, elle ne s’illustre sur rien et on ne quitte pas le Conseil pour revenir à la Muni», décoche un élu. Un de ses collègues poursuit: «Elle n’était pas facile du tout quand elle siégeait avec nous, et maintenant elle se lance là-dedans sans prévenir Elle n’a aucune chance.»

L’intéressée privilégie une autre explication à sa démission: elle souhaitait davantage de temps pour ses activités annexes et pour sa famille. Elle dit aussi ne pas être «dupe: il y a des papables autres que moi. Mais le jeu doit se faire.»

Deux papables prudentes

Le président du PS Lausanne, Denis Corboz, fait son travail et dit voir cette candidature «d’un bon œil». Mais précise rapidement que de sérieuses options existent. Deux femmes ont «oralement» fait savoir que le poste d’Oscar Tosato les intéressait, dit-il. Il s’agit de la députée Carine Carvalho et de la vice-présidente du parti Émilie Moeschler.

Cette dernière, responsable de la Maison de quartier de Chailly, s’empresse de préciser qu’il n’y a pour le moment rien d’officiel, mais qu’elle a été approchée. «C’est beaucoup trop tôt! J’ai de l’intérêt pour cette fonction et je l’ai dit. Mais il peut se passer plein de choses. Et j’ai un job que j’adore Il faut aussi voir ce qui est le plus dans l’intérêt du parti.»

Contactée deux heures plus tard, Carine Carvalho tient presque au mot près le même discours. Même si elle développe davantage les thèmes qui lui sont chers: le féminisme, la lutte contre la précarité et la défense des migrants, par exemple. «Le moment venu, je me mettrai probablement à la disposition de mon parti», finit-elle par lâcher.

Rien n’est gravé dans le marbre et la liste des candidats à la candidature pourrait encore changer, dédramatisent les camarades. Mais ils ne cachent pas leur agacement face à cette situation qui met une pression précoce sur le parti.

Carine Carvahlo et Émilie Moeschler ont largement les préférences de leurs camarades. «Globalement, tempère un cacique, il faut souligner que tout cela montre que nous avons du monde et des gens compétents dans ce parti.»

La perspective d’une primaire inquiète cependant un camarade: «J’ai beaucoup appris de l’affaire Cesla et il ne faut pas que cela se reproduise» En janvier 2017, l’assemblée qui désignait l’actuelle conseillère d’État cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, mettait un terme à des semaines de tensions et de lutte publique dans le parti.

«Sortie de nulle part»

Un autre socialiste n’est pas d’accord: «S’offrir un débat interne et une primaire n’est pas plus dangereux que de tuer dans l’œuf la moindre vision divergente.» Un camarade tranche. «Carine et Émilie sauront très bien gérer tout ça. Et une fois que cette candidature sortie de nulle part que propose Latha sera oubliée, ce qui sera très vite le cas, les choses se feront sereinement.»

L’année préélectorale qui commence s’annonce longue. D’autant que les roses ont d’autres questions importantes auxquelles répondre. Notamment au sujet de leur alliance avec les Verts et la gauche radicale. Élections le 7mars 2021.

Créé: 18.01.2020, 09h18

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