Passer au contenu principal

Des experts de la Faculté des lettres passeront les jeux vidéo à la loupe

En marge du master en humanités numériques, l’UNIL s’enrichit du GameLab, groupe d’étude axé sur les jeux vidéo.

Selim Krichane, coordinateur du programme doctoral en humanités numériques et chargé de cours, explique le but du GameLab.

Décortiquer Super Mario Bros. comme on analyserait Autant en emporte le vent . En décembre dernier, quatre chercheurs ont décidé de faire entrer les jeux vidéo à l’Université de Lausanne (UNIL). Pour ce faire, ils ont créé le GameLab, dont la thématique n’est pas sans rappeler celle du master en humanités numériques que propose l’alma mater depuis peu.

L’objet du groupe d’étude interdisciplinaire est ludique, mais le discours est on ne peut plus sérieux. N’espérez donc pas surprendre ses quatre membres en pleine partie de Mario Kart ou de Call of Duty, attendez-vous plutôt à ce qu’ils vous parlent récit, narration, mécanique et dynamique, mise en scène, codage informatique et algorithmes. «Le but du GameLab est de produire un discours qui dépasse la notion même du jeu», confirme Isaac Pante, maître d’enseignement et de recherche en culture et édition numérique et président de la Section des sciences du langage et de l’information.

A ses côtés, David Javet, doctorant FNS à la Section d’histoire et esthétique du cinéma et spécialiste de la culture japonaise, Selim Krichane, coordinateur du programme doctoral en humanités numériques et chargé de cours, et Yannick Rochat, mathématicien ancien collaborateur du professeur Frédéric Kaplan à l’EPFL et premier assistant à la Section des sciences du langage et de l’information, complètent le quatuor de trentenaires qui composent l’entité.

Les joueurs ont évolué

Fort de ces profils très variés, le GameLab entend ne laisser aucun aspect des jeux vidéo de côté. Toutes les dimensions de cette industrie qui pèse des milliards seront ainsi étudiées: de la philosophie à la question narrative, en passant par les systèmes informatiques et les lignes de code qui les soutiennent. Sans oublier l’évolution des jeux vidéo.

Jadis apanage des salles d’arcades enfumées puis entrés dans les foyers grâce aux consoles de salon, ils sont désormais accessibles partout et à tous, notamment grâce à l’avènement des smartphones. «De même que le roman a évolué avec les techniques d’imprimerie et les formes des livres, le jeu vidéo a, lui aussi, énormément changé», explique Isaac Pante. «Pendant longtemps, on a considéré les jeux vidéo comme des jouets pour enfants. Mais les joueurs ont évolué en même temps que les jeux pour devenir aujourd’hui une industrie culturelle prépondérante», précise Selim Krichane. «Le jeu est partout et, grâce aux innombrables pratiques qu’il permet désormais, il produit des comportements émergents sur lesquels il est possible de créer un récit», enchaîne Yannick Rochat, qui pense par exemple à la série à succès des Grand Theft Auto (GTA), où l’utilisateur peut jouer à tout casser ou, à l’inverse, à se conduire comme un citoyen modèle.

Colloque en octobre

Dans ses recherches par définition axées sur le jeu, le GameLab n’en oublie pas pour autant les joueurs. David Javet s’intéresse ainsi à l’expérience qu’ont voulu générer les créateurs de jeu. «Au Monopoly, il n’y a pas de tentative d’équilibre. Les règles, cruelles, sont les mêmes pour tous les joueurs, qu’ils soient fauchés ou propriétaires de toutes les adresses prestigieuses. Il faut piétiner l’autre. Mais dans certains jeux vidéo, Super Mario Kart en tête, le dernier de la course se voit offrir des avantages et des coups de pouce qui ne seront pas proposés au premier. La dynamique permet donc un équilibrage et une expérience de jeu bien différente.»

Ces différentes recherches autour du jeu, leur développement et leur diffusion constituent la première mission que s’est donnée la structure. Dans cette perspective, un colloque «Penser (avec) la culture vidéoludique» sera organisé en octobre prochain. La deuxième consiste à peser dans le débat, scientifique et public. Et, en marge de ces objectifs affichés, pointent les ambitions du GameLab. «A terme, le but est de pouvoir proposer des formations. La demande est forte pour cette thématique», conclut Isaac Pante. Selim Krichane, dont l’enseignement sur l’introduction aux games studies est sur le point de débuter, ne le contredira pas .

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.