Une facture à 239 millions, le scénario de Maillard pour les soins dentaires

SantéLe Conseil d'Etat a publié ses calculs à un mois de la votation. La prime mensuelle ira de 15 à 21 francs pour un salaire médian.

Le scénario de Pierre-Yves Maillard table sur une franchise de 100 francs pour les enfants et de 300 francs pour les adultes. Un dépistage et un détartrage annuels seraient remboursés de toute façon.

Le scénario de Pierre-Yves Maillard table sur une franchise de 100 francs pour les enfants et de 300 francs pour les adultes. Un dépistage et un détartrage annuels seraient remboursés de toute façon. Image: Philippe Maeder

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Combien coûterait une assurance obligatoire pour les soins dentaires? Et combien devraient payer les patients? C’est pour répondre à ces questions que Pierre-Yves Maillard s’est présenté jeudi aux médias, à un mois du vote sur l’initiative déposée par la gauche pour le remboursement des soins dentaires. Le ministre socialiste, lui-même partisan de l’initiative, répondait ainsi aux interpellations de trois députés de droite.

Quelle facture globale?
Première réponse: le coût global avoisinerait 239 millions de francs, financés à parité par les employés et les employeurs, comme le veut l’initiative. Et non pas 330 millions, ce qui représente l’ensemble du marché des soins dentaires dans le canton de Vaud, comme le craint la coalition des opposants (dentistes, partis de droite et associations patronales).

«Une assurance sociale ne couvre jamais les frais de tout un marché de soins»

«Une assurance sociale ne couvre jamais les frais de tout un marché de soins, rappelle Pierre-Yves Maillard. C’est le cas avec le marché de la santé en général, dont des parts sont couvertes par les assurances privées, par l’État et par les patients eux-mêmes.» Pour ce calcul, ses services se sont basés sur les frais remboursés actuellement par l’État aux bénéficiaires des régimes sociaux (revenu d’insertion, rente-pont, prestations complémentaires).

Quelle prime mensuelle?
Pour Pierre-Yves Maillard, les réponses qu’il donne sont des pistes et le Grand Conseil pourra les modifier. Il table sur une prime mensuelle de 15 francs à 21 francs pour un employé qui touche le salaire brut médian vaudois de 5900 francs par mois. Idem pour son employeur. «Cela représente entre 0,5% et 0,7% du salaire, à parité entre employé et employeur», ajoute Pierre-Yves Maillard.

Mais il y a une inconnue. L’initiative précise que l’État couvre les frais des personnes qui ne cotisent pas à l’AVS. Dès lors, les soins d’un retraité qui a cotisé à l’AVS doivent-ils être pris en charge par l’assurance ou par l’État? Ce sera au Grand Conseil de trancher, d’où ces deux primes possibles.

Quelle franchise, quels soins?
Le scénario proposé par Pierre-Yves Maillard table sur une franchise de 100 francs pour les enfants et de 300 francs pour les adultes. «Il s’agit d’un pas vers la prévention», estime le conseiller d’État. Un dépistage et un détartrage annuels seraient néanmoins entièrement remboursés, ce qui représenterait une facture de 72,6 millions.

Les frais d’orthodontie ne seraient pris en charge que dans des cas bien précis, comme aujourd’hui pour les bénéficiaires des régimes sociaux: encombrement dentaire important, absence de canine définitive, décalage important entre la mâchoire inférieure et supérieure, etc.

Taxer les boissons sucrées?
Quant aux frais payés par l’État pour les bénéficiaires des régimes sociaux, ils devraient passer de 30 à 60 millions de francs. Mais pas à 100 millions, comme le craignent les opposants.

Et si la droite trouve que tout cela coûte trop cher, elle peut «récupérer la taxe sur les boissons sucrées», selon les termes de Pierre-Yves Maillard. L’an dernier, le parlement a en effet mis sur pause ses travaux sur la loi sur la santé bucco-dentaire avec une taxe de 30 centimes par litre. «Il faudra bien que le Grand Conseil traite cette loi, soit en nous la renvoyant, soit en la retravaillant», ajoute le ministre, certain qu’il ne la lâchera pas, même si les Vaudois refusent l’initiative.

«Assurance trompeuse»
La coalition des opposants à l’initiative n’a pas tardé à réagir jeudi. Elle souligne que le Conseil d’État fait preuve de «responsabilité financière». Et que ses réponses «confirment» qu’une telle assurance dentaire serait «trompeuse», notamment avec une franchise de 800 francs pour une famille avec deux enfants.

«Ces réponses me confortent dans l’idée d’une usine à gaz, quel que soit le scénario», ajoute la Vert’libérale Claire Richard, auteur de l’une des trois interpellations parlementaires. «Tout ça est compliqué. On ne peut pas mettre en place une politique publique en ne sachant pas si les gens vont l’utiliser ou non.» (24 heures)

Créé: 01.02.2018, 19h26

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