Le bâtonnier Christophe Piguet veut que cesse la chasse aux sorcières

Assassinat de MariePour l'avocat lausannois, si une remise en question est nécessaire, il ne faut pas non plus exagérer dans la recherche de coupables autres que Claude Dubois.

Christophe Piguet, bâtonnier de l'Ordre des avocats vaudois.

Christophe Piguet, bâtonnier de l'Ordre des avocats vaudois. Image: Vanessa Cardoso/Archive

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Bâtonnier de l’Ordre des avocats vaudois, Christophe Piguet pressent une refonte de certains textes légaux cantonaux après le meurtre de Marie, survenu lundi 13 mars dernier. Il se demande s’il ne serait pas pertinent de supprimer l’effet suspensif en pareille situation. Ou encore, partant du fait qu’un effet suspensif peut s’avérer si important pour la collectivité, s’il ne faudrait pas instaurer un droit de recours contre les décisions du juge d’application des peines (JAP), lequel siège tout seul.

– Vous évoquez la Commission de libération conditionnelle, qui avait été remplacée en 2007 par le JAP, comme base de réflexion pour une éventuelle réforme. Pourquoi?
– Elle était composée de cinq personnes, dont un conseiller d’Etat et moi, tous avec des profils différents. D’autres intervenants, psychologue ou membre du Service pénitentiaire, assistaient aux séances. Son fonctionnement pourrait servir d’exemple. Je me demande si une décision prise collégialement de la sorte n’est pas préférable à la multiplication des instances du système actuel.

– Que dire du juge d'application des peines qui a accordé l'effet suspensif à la demande de réincarcération de Claude Dubois et aujourd'hui dans le collimateur?
– Je trouve déplacées les accusations qui pèsent sur ce magistrat. Il a apparemment respecté la procédure. Il ne faut pas oublier qu’avant de prendre la décision finale, annulant la décision de réintégration de l’Office d’exécution des peines (OEP) et invitant ce dernier à prendre une nouvelle décision après avoir procédé à des mesures d’instructions, le JAP avait reçu une expertise psychiatrique concluant à ce que le risque de récidive était modéré et non urgent. Il n’avait donc pas de raison de révoquer l’effet suspensif.

– Comprenez-vous que l'on cherche un ou des coupable-s aussi dans le système judiciaire et carcéral vaudois?
– Non! Il faut cesser de vouloir trouver à tout prix des dysfonctionnements ou des personnes responsables de ce drame autre que Claude Dubois. Nos moyens légaux, financiers et scientifiques actuels ne permettent pas de gérer ce genre d’individu ni de le rendre inoffensif. C’est terrible à dire, mais si Marie avait pu être sauvée, une autre personne aurait peut-être pris sa place plus tard. Toutes ces décisions prises et reportées, ce n’est certes pas bon pour l’image de la justice. Où va-t-on si l’on commence à sanctionner les juges! Faudra-t-il alors punir le magistrat qui s’est trompé en acquittant Laurent Ségalat si celui-ci est finalement reconnu coupable par le Tribunal fédéral?

Créé: 22.05.2013, 09h35

Dossiers

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.