Un chauffard ivre tue une piétonne et prend la fuite

TribunalUn banquier répond d’homicide par négligence pour un tragique accident à Morges. Il admet les faits et les regrette.

L'accident a eu lieu sur l'avenue de Lonay à Morges.

L'accident a eu lieu sur l'avenue de Lonay à Morges. Image: Police cantonale vaudoise

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Je vous présente mes excuses, même si je sais que vous n’allez jamais me pardonner et que je ne m’attends pas à l’être.» Après la plaidoirie de son défenseur, l’employé de banque a regardé dans les yeux le père de sa victime pour exprimer ses regrets. Un instant de grande émotion dans une affaire tragique. Durant la suspension d’audience quelques minutes plus tôt, les deux hommes ont réussi à se parler pour la première fois.

Mardi matin, un quadragénaire comparaissait devant le Tribunal d’arrondissement de La Côte, à Nyon, pour avoir tué une femme en la percutant de plein fouet avec sa voiture. Il est accusé d’homicide par négligence, de conduite en état d’ébriété mais aussi notamment de violation des obligations en cas d’accident. Après le choc, le conducteur a pris la fuite sans porter secours à sa victime.

«Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait. Je hais cette période de ma vie»

Le 13 mai 2016, soit le vendredi avant Pentecôte, vers 23h, l’employé de banque sort d’une soirée arrosée. Son taux alcoolémie est d’au moins 1,84‰ quand il est au volant de son break. Sur l’avenue de Lonay, à Morges, il ne voit pas une femme d’une cinquantaine d’années qui traverse à pas lents un passage pour piétons. La victime est éjectée à une vingtaine de mètres du point d’impact. Elle reste alors inconsciente sur la chaussée jusqu’à l’arrivée des secours. Souffrant d’un polytraumatisme sévère, elle est transférée au CHUV où elle décédera trois jours plus tard.

Au lit chez ses parents

Le conducteur poursuit sa route avec un pare-brise défoncé. Un peu plus loin, il manque d’emboutir une Mercedes et finit par se rendre au domicile de ses parents, où il passe la nuit. «Je n’arrive pas à comprendre pourquoi je ne me suis pas arrêté, note l’accusé, qui n’a pas souvenir de l’accident. Cela ne me ressemble pas.» La police l’interpelle le matin même et le placera en détention durant 14jours.

Près de quatre ans plus tard, le père de la victime n’a pas souhaité parler durant l’audience, fixant avec dignité celui qui lui a ôté sa fille quand ce dernier parlait. «Ce n’est pas dans l’ordre des choses que de perdre son enfant, a insisté Me Coralie Devaud, son avocate. Il a l’impression que le sort s’acharne, car il a perdu un deuxième enfant pendant la longue procédure.»

«La peine ne vaut pas le prix de la vie qui a été enlevée»

L’accusé est lui aussi marqué par la tragédie dont il est responsable, même si ses remords peinent à s’exprimer oralement. Il a par contre lu une lettre écrite le matin même pour être sûr de ne rien oublier de ce qu’il voulait déclarer au père de sa victime. «Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait. Je hais cette période de ma vie.»

Depuis le drame, il explique vouloir se reconstruire, auprès de ses trois enfants qu’il voit un week-end sur deux. Il est en instance de divorce. Professionnellement, il a été muté dans un service où il n’a plus de contact avec la clientèle, qui était au courant de son accident. Un cadre de l’établissement a témoigné mardi matin en précisant que l’avenir professionnel de l’accusé était dépendant du jugement de l’affaire.

Abstinent depuis six mois

Si sa femme a témoigné pendant l’enquête qu’il était coutumier de conduire en état d’ivresse, le père de famille contrôle désormais sa consommation d’alcool. Il est abstinent depuis septembre 2019. En tenant compte de sa prise de conscience et de ses regrets exprimés, le pronostic de récidive est faible, selon la procureure, Laurence Boillat. Celle-ci a alors requis une peine de 360 jours-amende à 80 francs avec sursis, ainsi qu’une amende de 2000 francs. «Il est nécessaire de tourner la page sans oublier la souffrance qui est liée à l’accident tragique. La peine ne vaut pas le prix de la vie qui a été enlevée. Mais elle est la peine la plus adéquate selon les infractions commises», a averti la représentante du Ministère public.

Créé: 04.02.2020, 19h53

Articles en relation

Une voiture heurte une piétonne sans s'arrêter

Morges Une femme est entre la vie et la mort suite à une collision, tard vendredi soir. La police lance un appel à témoins pour identifier le véhicule. Plus...

L'auteur du délit de fuite a été identifié

Morges Le conducteur qui a heurté une piétonne vendredi soir a été interpellé en état d'ivresse. La victime reste dans un état critique. Plus...

Un piéton renversé par un bus à Morges

Fait divers Un accident s'est produit, jeudi en fin de journée, sur un passage piétons de la place Saint-Louis. Le trafic a été perturbé Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.