Papa devenu incendiaire parce qu'on embête son fiston

CorrectionnelleUn homme condamné à Nyon pour avoir mis le feu aux voitures du père qui a porté plainte contre son enfant dans une affaire de jeunes écoliers.

En septembre 2015, un violent incendie détruisait les voitures sous un couvert à proximité d'une habitation dans la campagne vaudoise. L'auteur qui nie les faits a été condamné mercredi par la tribunal correctionnel de Nyon

En septembre 2015, un violent incendie détruisait les voitures sous un couvert à proximité d'une habitation dans la campagne vaudoise. L'auteur qui nie les faits a été condamné mercredi par la tribunal correctionnel de Nyon

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Gros émoi, cette nuit de septembre 2015, vers 4 heures du matin, dans un village de la campagne vaudoise. Trois voitures s’embrasent sous un couvert attenant à une demeure. Une quatrième est déplacée juste à temps par un résident alerté par le bruit des pneus qui éclatent. L’immeuble d’habitation a eu chaud. Fruit d’un acte criminel ou d’une défaillance technique? La justice a retenu mercredi à Nyon la première hypothèse. Selon un scénario et dans un contexte pour le moins atypiques.

On est entre gens bien élevés. Sur le banc de l’accusé: un gestionnaire de fortune d’une banque privée. Il répond d’incendie intentionnel, qu’il conteste calmement mais fermement. Sur le fauteuil du plaignant: un aviateur professionnel, aussi persuadé que son avocat, Me Stefan Disch, de la culpabilité du prévenu. Les deux rivaux en sont arrivés là à cause de leurs petits garçons respectifs. Ils restent polis, mais on devine qu’ils bouillonnent intérieurement.

Tout indique que l’affaire démarre un an ou deux ans plus tôt, lorsque le fils du plaignant dit à son papa qu’il est persécuté et menacé à l’école par celui de l’accusé. Ce dernier reconnaît que son gamin, âgé d’une dizaine d’années, avait «une manière un peu maladroite d’entrer en relation avec les autres». On passe les détails, certains carrément scabreux. Un jour, la coupe déborde. Le papa de la victime dénonce le garnement. Le cas est porté devant le Tribunal des mineurs.

Les choses s’enveniment quand le plaignant, propriétaire du logement du père du coquin, résilie le bail à loyer à la suite d’une altercation à la sortie des classes entre son épouse et celle de l’accusé au sujet de cette histoire.

Et voilà qu’une nuit, un peu après minuit, le papa du «méchant» passe chez son ex, qui en a la garde. Il lui déclare, dira Madame par la suite, qu’il va faire payer celui qui a porté plainte contre son fiston. Quelques heures plus tard, chez l’ancien bailleur, dans un village distant d’une dizaine de kilomètres, les voitures flambent.

Cause accidentelle exclue

L’enquête a établi que le feu s’est déclaré sur l’Audi du plaignant, puis a gagné les autres véhicules. Une cause accidentelle est pratiquement exclue, car seul un problème de batterie pourrait enflammer spontanément une voiture plusieurs heures après l’arrêt, or rien de tel n’a été décelé par les enquêteurs.

Pour autant, tout cela n’aurait pas suffi à mettre en cause l’accusé s’il n’y avait d’autres propos rapportés par l’ex du prévenu. Elle a en effet déclaré que, ce soir-là, son ancien conjoint est reparti de chez elle vers 3 h 20 du matin en emportant des sacs de plastique remplis de l’essence destinée à la tondeuse à gazon. Face au tribunal, l’intéressé nie avoir tenu les propos qui lui sont attribués et avoir emporté du carburant. Il explique que, venant d’Yverdon, il est juste allé passer un moment chez Madame comme cela lui arrivait parfois, rien de plus.

Peine assortie du sursis

Le procureur Christian Buffat ne l’a pas cru. «Le témoignage de Madame était sans haine aucune, a-t-il souligné. Elle n’a fait qu’ensuite le lien, lorsqu’elle a appris l’incendie quelques jours plus tard.» Et d’ajouter que l’intéressé a admis lui-même avoir pris une direction le menant vers le village de la victime. Le tribunal a intégralement suivi le procureur. Il a prononcé une peine de 2 ans assortie du sursis, en raison notamment de l’absence d’antécédents de l’accusé. (24 heures)

Créé: 07.02.2018, 19h47

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