La peine du pervers maître chanteur passe de 4 à 7 ans

Cour d'appelL’homme rejugé pour avoir piégé deux femmes sur le Net a plaidé en vain des rapports sexuels consentis.

Le Tribunal cantonal s'est montré nettement plus sévère que la cour criminelle de l'Est vaudoi

Le Tribunal cantonal s'est montré nettement plus sévère que la cour criminelle de l'Est vaudoi Image: Jean-Paul Maeder

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Le Tribunal criminel de Vevey aurait été trop clément en décembre 2018. Il avait infligé 4 ans de prison «seulement» au pervers maître chanteur qui sévissait sur des sites de rencontre entre 2016 et 2017. La procureure Laurence Brenlla en avait requis 7.

La Cour d’appel devant laquelle cet homme âgé de 33 ans a comparu début juin a considéré que la sanction demandée par le Ministère public était pleinement justifiée. Les considérants de ce jugement ne sont pas encore connus, mais il apparaît d’ores et déjà que les magistrats n’ont pas cru le recourant, qui a soutenu devant eux que les plaignantes avaient librement consenti à des rapports sexuels. Ils l’ont reconnu coupable notamment d’extorsion, de contrainte et de viol. Arrêté et incarcéré depuis près de deux ans, il avait demandé par la voix de son avocat sa libération immédiate.

Le tribunal a assorti la condamnation de ce ressortissant portugais à une expulsion de Suisse, mesure obligatoire selon le Code pénal en regard des infractions retenues. Ce père de deux jeunes enfants espérait bénéficier d’une des exceptions prévues par la loi en cas de situation personnelle particulière. Il invoquait ses attaches familiales dans le Chablais, où il réside, et le traumatisme pouvant résulter d’une séparation. Autant la cour que la procureure ont souligné qu’en tant que détenteur d’un passeport européen, cet individu n’était pas forcé de retourner au Portugal, mais qu’il pouvait s’établir en France voisine, proche de son lieu de résidence, le temps nécessaire.

L’accusé avait admis tout ce qui lui était reproché, sauf d’être un violeur. Il avait avoué avoir piégé tour à tour deux jeunes femmes au moyen d’un faux profil créé sur les réseaux sociaux. Séduites par écrans interposés, elles lui avaient transmis des photos d’elles nues. Puis il les avait menacées de diffuser ces photos à leurs amis, leur famille, à leurs collègues de travail si elles refusaient de le rencontrer pour entretenir des relations sexuelles. L’une des victimes a raconté qu’elle avait dû lui verser de l’argent pour qu’il renonce à coucher avec elle. Lors de son réquisitoire, la procureure avait recensé huit rencontres qui relevaient du viol.

Interrogé par la Cour d’appel, l’intéressé avait expliqué avoir certes utilisé une forme de contrainte, mais uniquement pour amener ses victimes à accepter de le rencontrer.

Créé: 17.06.2019, 16h31

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