Père récidiviste jugé pour avoir secoué son bébé

LausanneUn homme comparait lundi devant le Tribunal criminel de Lausanne pour tentative de meurtre, après avoir secoué sa fille de deux mois.

Le Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

Le Tribunal d'arrondissement de Lausanne. Image: Keystone

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Un père accusé d'avoir secoué sa fille de deux mois comparaît pour tentative de meurtre depuis lundi devant le Tribunal criminel de Lausanne. Il y a plusieurs années, l'homme a été condamné pour des actes similaires sur deux de ses enfants, qui n'ont pas survécu.

Les faits jugés lundi remontent à un après-midi de septembre 2016, alors que le père, boulanger de profession, s'est fait réveiller par les pleurs de sa fille. L'accusé s'est levé pour aller prendre le nourrisson avant de le secouer d'avant en arrière pendant plusieurs secondes. Manquant de peu de le tuer, selon les médecins.

«Je voulais lui sauver la vie»

D'après la version du père, sa fillette s'étouffait dans son lit. Elle crachait du lait et avait les yeux dans le vague. «Je l'ai stimulée en lui disant de rester avec moi», a-t-il expliqué.

«Et vous l'avez stimulée en la secouant», a rétorqué le président. «Oui, et j'ai dû la secouer trop fort, car sa tête partait dans tous les sens et elle a convulsé. J'ai compris que je n'avais pas eu un geste adéquat et je suis tout de suite parti au CHUV », a ajouté le père. «Je me suis laissé gagner par la panique, ce que je voulais c'était lui sauver la vie et j'ai fait au mieux, sans réfléchir.»

Etat de choc

Le bébé est arrivé aux urgences en état de choc. Il convulsait toujours et présentait différentes lésions. «Les constatations médicales permettent de conclure avec certitude à l'existence de secousses», a indiqué l'un des experts médicaux.

Pour le corps médical, les lésions sont évocatrices du syndrome du bébé secoué et la vie de l'enfant a été mise en danger. Un risque mortel que le père connaissait pour avoir provoqué le décès de deux de ses autres enfants en raison d'agissements similaires.

Un premier âgé de trois semaines, en 1997, à Yverdon-les-Bains, et un autre enfant de trois mois qui a succombé en 2000 au centre hospitalier universitaire de Dijon (F). Le père avait été condamné à 15 ans de prison par la cour d'assises d'appel du Doubs pour ces deux affaires.

Rien à voir

«Ces cas n'ont rien à voir. La dynamique d'il y a vingt ans a disparu. Je n'étais pas dans le même état d'esprit. Là, je n'étais pas énervé. Je l'ai vue s'étouffer et j'ai fait les choses sans réfléchir», a expliqué le père au tribunal.

La fillette a été hospitalisée durant une dizaine de jours. Sa mère a porté plainte. Les médecins ne peuvent pas encore se prononcer sur l'existence d'éventuelles séquelles. Le verdict devrait être rendu lundi prochain. (ats/nxp)

Créé: 04.12.2017, 13h49

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