La vérité sur l'incendie de la grande salle à Le Vaud

JusticeDeux menuisiers jugés coupables de négligence par le procureur ont contre attaqué lundi devant le tribunal à Nyon.

Le 4 juillet 2016, la grande salle de Le Vaud en passe d'être inaugurée était réduite en cendres. Deux menuisiers répondent d'incendie par négligence

Le 4 juillet 2016, la grande salle de Le Vaud en passe d'être inaugurée était réduite en cendres. Deux menuisiers répondent d'incendie par négligence Image: Odile Meylan

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Le 4 juillet 2016 en fin de matinée, sept semaines avant son inauguration, la salle communale toute neuve de Le Vaud était réduite en cendres pendant des travaux de finition.

Dans le village traumatisé, on s’accordait à dire que c’était la faute à pas de chance. L’incendie, qui a causé pour plus de 5 millions de francs de dégâts, aurait résulté d’un concours de circonstances, non de la faute de qui que ce soit. Ce n’est pas la conclusion à laquelle est parvenu le procureur, Jean-Marie Ruede, à l’issue de l’enquête. Le magistrat a condamné deux menuisiers pour incendie par négligence. Il a considéré qu’ils n’avaient pas observé les règles de sécurité lors des travaux d’étanchéité réalisés à ce moment-là sur la toiture à l’aide d’un chalumeau. Les deux hommes, un ouvrier et son chef, ont fait opposition à cette décision. Ils se sont expliqués lundi devant le Tribunal de police, à Nyon.

On connaît enfin la vérité sur les circonstances de cet incendie. Reste à savoir dans quelle mesure les deux menuisiers peuvent en être tenus pour responsables. «J’étais sur le toit pour poser du papier bitumé sur le pourtour de la cheminée selon les instructions de mon chef, explique l’ouvrier. J’étais muni du chalumeau utilisé pour ce genre de travail, et d’un seau d’eau pour parer à un début d’incendie. Tout à coup j’ai senti de la chaleur derrière moi. J’ai vu des flammes qui sortaient. J’ai jeté dessus le bidon d’eau de 25 litres. Cela n’a pas suffi. Alors j’ai pris ma bonbonne de gaz et je suis descendu.» Malgré l’intervention des pompiers, tout est parti en fumée. Quelle pourrait bien être la négligence?

Extincteur introuvable

Pour le procureur, ces menuisiers auraient dû se munir d’un extincteur, non d’un seau d’eau, afin d’avoir un moyen plus efficace pour éteindre un feu. Les deux accusés sont tout à fait d’accord sur ce point, mais il y a eu un souci. «C’était la première fois que nous prenions un seau d’eau au lieu d’un extincteur, explique le chef. Ce jour-là nous avions cherché pendant une demi-heure l’extincteur censé être dans notre local mais qui restait introuvable.» Quelle différence entre lancer de l’eau ou gicler avec un extincteur? «Vider un bidon prend deux secondes, alors que le jet d’un extincteur, qui prive le feu d’oxygène, permet d’être dirigé pendant au moins une dizaine de secondes», rappelle le Ministère public. Pour lui, l’eau n’est donc pas un moyen d’extinction adéquat tel que voulu par les directives professionnelles pour des travaux dégageant de la chaleur. «S’ils avaient eu un extincteur au lieu d’un seau d’eau, poursuit le procureur, ce procès n’aurait pas lieu d’être. On admettrait alors qu’ils ont fait ce qu’ils pouvaient pour limiter les dégâts quand bien même tout l’édifice a fini par brûler.»

Les avocats des deux hommes plaident l’acquittement. Ils considèrent en substance que la présence d’un extincteur n’aurait pas empêché l’incendie, et qu’aucun lien de causalité ne peut être établi entre l’absence de ce dispositif et le sinistre.

Aujourd’hui, c’est la même entreprise, avec ces mêmes employés, qui œuvrent à la reconstruction de la salle. La méthode de travail a changé s’agissant de l’étanchéité: «Nous avons donné le mot d’ordre de travailler au maximum à froid, avec des bandes collantes et non plus du bitume à chauffer au chalumeau», indique le patron.

Le tribunal dira prochainement s’il confirme la condamnation de ces deux employés à des jours-amendes avec sursis ou s’il les acquitte. L’enjeu est de taille pour l’entreprise. En cas de culpabilité, c’est son assurance responsabilité civile qui pourrait passer à la caisse. (24 heures)

Créé: 12.02.2018, 16h51

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