La famille Hassani retrouve une aide d'urgence

AsileUn couple et leurs trois enfants sont menacés de renvoi en Afghanistan où ils craignent la violence des Talibans. Le Canton les héberge à nouveau à Leysin.

Des membres du Collectif R et l'ancien député Bernard Borel (au centre) ont accompagné la famille Hassani au Service de la population vendredi.

Des membres du Collectif R et l'ancien député Bernard Borel (au centre) ont accompagné la famille Hassani au Service de la population vendredi.

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Après bien des tribulations, la famille de Hussein Jan Hassani peut rester dans le canton de Vaud. Au moins provisoirement. Cet Afghan demandeur d'asile est allé vendredi au Service de la population (SPOP) à Lausanne pour demander une aide d'urgence et un hébergement pour lui et sa famille. Il l'a obtenue. Il était accompagné par une vingtaine de militants du Collectif R, venus appuyer sa demande.

Le Canton accepte de l'héberger lui, son épouse, son fils de 17 ans ainsi que leurs trois filles (3, 11 et 13 ans). La famille, qui n'avait plus de statut légal, peut retourner dormir ce soir au foyer de Leysin. «Nous sommes très heureux de cette décision explique Mme Hassani. Nous craignons de retourner en Afghanistan. Mon mari a été arrêté au village par les Talibans, ils l'ont tabassé, il a gardé des séquelles aux yeux. Nous n'osions plus envoyer nos filles à l'école.»

Renvoi en Norvège

La demande d'asile des Hassani ayant été rejetée en Norvège, ils sont venus en Suisse en automne 2016. En vertu du système Dublin, Berne n'est pas entré en matière. Le 6 juin, la police vaudoise a procédé à leur interpellation au foyer de l'Etablissement vaudois d'accueil des migrants (EVAM) à Leysin, en vue de les expulser vers la Norvège. Il n'y avait que le père et les filles sur place à ce moment-là, qui ont été renvoyés par vol spécial, alors que la mère restait en Suisse avec son fils de 17 ans. Le père étant revenu avec ses enfants, la famille à nouveau réunie demande maintenant que sa demande d'asile soit examinée par la Suisse.

«Discussion politique»

Le Collectif R défend les Hassani et réclame une application «plus humaine» de la politique d'asile. D'autant plus qu'en l'occurrence le père et le fils souffrent de problèmes de santé. «Nous souhaitons en discuter avec les responsables politiques de ce canton», dit Bernard Borel, ancien député popiste.

Le Tribunal fédéral a estimé dans un arrêt rendu en avril que les familles ne devraient en principe pas être séparées dans le cadre de procédures Dublin. «La famille a été séparée parce que le père a refusé de dire où était son épouse», a réagi Philippe Leuba, conseiller d’Etat en charge de l’asile, il y a quelques jours.

«Les départs échelonnés ne sont pas fréquents, précise Steve Maucci, chef du SPOP. Notre service n'a jamais voulu séparer une famille mais il arrive parfois que la famille cache un ou plusieurs de ses membres pour tenter d'échapper au retour.» L'aide d'urgence du Canton accordée est provisoire. La famille Hassani va déposer une nouvelle demande d'asile auprès du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) en début de semaine.

Créé: 23.06.2017, 18h34

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