«Il faut donner une valeur aux déchets plastiques»

PollutionInitiateur du projet Race for Water, Marco Simeoni fait le point sur sa croisade contre les déchets plastiques. Un accord a été signé à l’île de Pâques.

Le catamaran de Marco Simeoni achèvera en 2021 son tour 
du monde, commencé en avril 2017.

Le catamaran de Marco Simeoni achèvera en 2021 son tour du monde, commencé en avril 2017. Image: Vanessa Cardoso

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Les déchets plastiques dans les océans, l’entrepreneur d’Écublens Marco Simeoni en a fait sa cible. Son catamaran Race for Water (l’ancien Planet Solar) poursuit son tour du monde autour des gyres océaniques, ces tourbillons qui concentrent les résidus rejetés à la mer. Il est actuellement amarré aux îles Tonga.

De passage à Lausanne, le Vaudois soulignait jeudi l’avancement de cette croisade au long cours. Au rang des réussites, cette année, figure l’île de Pâques, qui produira une partie de son électricité à partir des déchets.

«Le meilleur moyen pour éviter l’arrivée des déchets dans les cours d’eau serait d’augmenter le prix du pétrole»

C’est en naviguant que l’ancien patron d’entreprise avait pris conscience de la pollution des mers du globe. Certains projets font rêver en promettant de capter les déchets de plastique à la surface mais, pour Marco Simeoni, c’est un pet dans l’eau. «Nettoyer les océans, c’est cher pour pas grand-chose puisque seuls 10% des plastiques flottent, dit-il. Le reste est en dessous de la surface.» Avec bien d’autres, il partage la conviction que le remède consiste à éviter l’arrivée des déchets dans les cours d’eau. Comment? «Le meilleur moyen serait d’augmenter le prix du pétrole», rêve-t-il.

En attendant, Race for Water promeut le traitement des plastiques à terre. «Il faut qu’on donne une valeur à ces déchets», prône-t-il. Dans bien des pays, la récupération de l’aluminium permet à des malheureux de gagner quelques sous. «La filière existe, il suffit d’y ajouter celle du plastique», poursuit Marco Simeoni.

Et si la Suisse consacre beaucoup d’argent au traitement de ses déchets, ses citoyens ne valent pas mieux que d’autres. «En 2015, on avait procédé au même test dans des îles du Pacifique qu’à la plage de Saint-Sulpice. Et là aussi on a retrouvé beaucoup de petites particules de plastique.»

15% de son électricité produite en brûlant ses déchets

Ce plastique de récupération peut produire du gaz, puis de l’électricité par le biais d’une machine que l’équipage présente lors de ses escales. C’est ainsi que Race for Water a récemment convaincu l’île de Pâques, où la Municipalité de Rapa Nui devrait produire 15% de son électricité en brûlant ses propres déchets, ceux liés au tourisme et ceux charriés par la mer. «Pour cette île isolée, la démarche est très rentable puisqu’elle produit actuellement son électricité en brûlant du pétrole», se réjouit le patron de Race for Water. D’autres projets similaires sont en cours.

Le catamaran solaire sert également de base scientifique. Pour ce qui est de la recherche, la lenteur des procédés fait trépigner Marco Simeoni. «Mais on attend des résultats très significatifs pour le courant de 2019, promet-il. Lorsqu’on aura scientifiquement prouvé la nocivité des résidus de plastique dans notre alimentation, les choses vont bouger.» (24 heures)

Créé: 06.12.2018, 18h38

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