«Il ne faut pas avoir peur de l’intelligence artificielle»

EPFLL’école a accueilli la 2e édition des Applied Machine Learning Days

Christophe Bishop, ponte de chez Microsoft, a été accueillie comme une star à l'EPFL.

Christophe Bishop, ponte de chez Microsoft, a été accueillie comme une star à l'EPFL. Image: EBZ

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On en parle de plus en plus et elle fascine autant qu’elle inquiète. L’intelligence artificielle n’est plus l’apanage de la science-fiction: du smartphone aux usines en passant par l’astronomie ou encore la médecine, elle est toujours plus présente au quotidien. À l’EPFL, où on travaille sur cette technologie depuis longtemps, vient de se tenir une conférence de quatre jours entièrement dédiée à la thématique. Et plus précisément au «Machine Learning», pour apprentissage automatique, du nom du champ de l’intelligence artificielle qui permet à une machine d’évoluer, d’apprendre et de prendre seule des décisions grâce à des algorithmes pointus qui traitent d’énormes bases de données.

Sur le campus, où il a réuni quelque 1700 personnes et les géants du secteur (Google, DeepMind, Microsoft, Facebook), le sujet est maîtrisé, il passionne. Mais on observe plus de retenue auprès du grand public, pas forcément au fait des «réseaux de neurones artificiels» ou des «algorithmes d’analyse discriminante», et effrayé, peut-être, que cette technologie ne nous remplace un jour. «Il ne faut pas avoir peur de l’intelligence artificielle, elle sera bénéfique pour tous dans tellement de domaines. Les possibilités sont infinies», lance Christopher Bishop, responsable du bureau de Microsoft Research à Cambridge. Entre autographes et demandes de selfies de la part d’étudiants, l’informaticien a droit à un accueil de rock star.

«Dans tous les domaines, l’intelligence artificielle permet de gagner du temps et produit des résultats plus efficaces, souvent même plus durables»

Sur scène peu avant lui, la professeure des universités de Bath et de Princeton, Joanna Bryson, se veut, elle aussi, rassurante: «Dans tous les domaines, l’intelligence artificielle permet de gagner du temps et produit des résultats plus efficaces, souvent même plus durables. L’intelligence artificielle n’est pas différente de l’écriture, ce n’est qu’un prolongement de l’homme, qui reste au cœur du processus.» Du côté de l’EPFL, les craintes autour du sujet sont évidemment connues. Et, là encore, on se veut rassurant.

«On présente souvent l’intelligence artificielle comme un danger, mais c’est méconnaître le sujet, conclut le professeur Marcel Salathé, à l’origine des Applied Machine Learning Days. Il faut bien comprendre qu’il ne s’agit que d’une technologie, fût-elle extrêmement puissante. Il ne faut pas en avoir peur mais plutôt se demander de quelle manière on peut s’en servir, voir ce qu’elle peut nous apporter. C’est la raison d’être de la conférence et des nombreux ateliers qu’elle proposait. La technologie fait peur, comme toutes les autres qui l’ont précédée. Mais, au final, le savoir doit être plus important que la peur.» (24 heures)

Créé: 01.02.2018, 23h16

Le phénomène AlphaGo

Ce n’est qu’un exemple des prouesses de l’intelligence artificielle parmi tant d’autres, mais c’est l’un des plus impressionnants. En mars 2016, le programme AlphaGo, de la société DeepMind, filiale de Google, battait à plate couture Lee Sedol, considéré comme l’un des meilleurs joueurs au monde du jeu de go, un jeu traditionnel chinois. En guise d’entraînement, le logiciel avait ingéré des millions de parties entre joueurs confirmés, avant de jouer contre d’autres ordinateurs ainsi que lui-même. Pour saisir la prouesse de la programmation, il faut savoir qu’il existe plus de combinaisons possibles de pions au jeu de go que d’atomes dans l’univers. Mais il y a mieux: AlphaGo Zero. Version améliorée d’AlphaGo, ce nouveau logiciel, qui se suffit à lui-même, a battu la première version. Et ce grâce à un procédé qui donne le vertige. AlphaGo Zero n’a pas eu accès à une seule partie jouée. Ses concepteurs se sont contentés de lui apprendre les règles. Le logiciel s’est ensuite «contenté» de jouer des millions de parties contre des versions de lui-même. Pour schématiser, AlphaGo Zero a appris à apprendre.

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