PYM obtient la dérogation, Roxanne Meyer se déclare

Élections vaudoisesLe congrès extraordinaire accorde son laisser-passer à Pierre-Yves Maillard pour un 4e mandat. Roxanne Meyer Keller annonce se mettre à disposition pour le Conseil d’Etat

Pierre-Yves Maillard au Congrès du Parti socialiste vaudois, mardi 27 septembre 2016.

Pierre-Yves Maillard au Congrès du Parti socialiste vaudois, mardi 27 septembre 2016. Image: Keystone

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C’est sans sa conseillère d’Etat Anne-Catherine Lyon que le congrès extraordinaire du Parti socialiste vaudois s’est tenu mardi soir à Lausanne. Après sa décision de ne plus solliciter de dérogation pour un quatrième mandat, sa présence n’avait plus vraiment de sens.

Dans la salle, au moment de l’annonce de cette absence par le président Stéphane Montangero qui transmettait les “salutations solidaires” de la magistrate, des applaudissements ont retenti.

De très nombreux délégués se sont déplacés en provenance des quatre coins du canton. Principal point à l’ordre du jour, la dérogation qu’il fallait accorder à Pierre-Yves Maillard. Le président du Conseil d’Etat a admis qu’il avait songé à quitter son poste, mais que la direction du parti l’en avait dissuadé.

Puis il a évoqué le bilan de la gauche au Conseil d’Etat avec des “avancées majeures”: “Nous avons démontré que la gauche sait gouverner”. Dans un élan passionné, il a invité les camarades à rester proches du peuple et à “combattre l’élitisme qui menace la gauche”. Son blanc-seing pour l’investiture a été accordé à une forte majorité.

A l’heure du débat, la Jeunesse socialiste a fait valoir sa position connue depuis longtemps de ne pas accorder de dérogation, au nom du renouvellement. Romain Pilloud, porte-parole, a estimé que “rester trop longtemps au pouvoir est un risque”. “Les locomotives ne sont pas éternelles”, a-t-il ajouté. Des voix se sont en outre élevées contre le fait qu’il y avait deux poids deux mesures dans la décision du Comité d’accorder l’exception à un conseiller d’Etat et pas à l’autre.

La section de Renens, Sylvia Zamora, le député Philippe Randin, Eric Voruz, entre autres, ont au contraire milité pour une dérogation, un dispositif qui avait d’ailleurs été prévu pour “ne pas être trop rigide”. La stratégie de la direction du parti de viser un renouvellement partiel au Conseil d’Etat a été reconnue par ces partisans de la dérogation. Plusieurs ont aussi rappelé les qualités charismatiques de Pierre-Yves Maillard.

Le congrès devait aussi accorder des dérogations à trois députés ayant fait leur temps réglementaire. La Nyonnaise Fabienne Freymond Cantone, l’Avenchoise Roxanne Meyer Keller et le Veveysan Nicolas Mattenberger ont tous trois obtenu le blanc-seing des camarades. Chacun a plaidé sa cause avant les votes, avec pour principal argument de pouvoir conserver un siège contre les assauts de la droite.

Roxanne Meyer Keller a en revanche saisi quelque peu l’auditoire au moment d’annoncer “en toute transparence” sa disponibilité pour le Conseil d’Etat. C’est la première des nombreuses papables évoquées ces derniers mois à se prononcer publiquement.

Le fil de la soirée:

22h25: Pierre-Yves Maillard obtient sa dérogation.

Bulletins rentrés: 341
Bulletins nuls: 3
Bulletins blancs: 2
Majorité des 2/3: 222
Nombre de OUI: 306
Nombre de NON: 30

22h20: Le congrès du parti socialiste vaudois soutien (par l'applaudissement) la mobilisation contre les licenciements annoncés aujourd'hui par Tamédia

21h45: Les socialistes ferment les portes et passent au vote à bulletin secret.

21h35: L'ancienne présidente du Grand Conseil, Roxanne Meyer Keller, annonce sa candidature à la candidature pour le Conseil d’État. Elle se dit honorée que son nom soit sorti dans les médias. «En toute transparence, je vous annonce que je serai candidate à l'investiture. Soyez les premiers à le savoir»

21h20: Les discours se poursuivent avec les demandes de dérogation pour le Grand Conseil. Roxanne Meyer Keller, Fabienne Freymond Cantone et Nicolas Mattenberger passent par la tribune.

20h55: Les locomotives électorales ne sont pas éternelles, selon les Jeunes socialistes. Ils demandent de refuser la dérogation à Pierre-Yves Maillard. PYM est lui soutenu par la section de Renens, Sylvia Zamora, Eric Voruz ou Philippe Randin.

20h30: Pierre-Yves Maillard monte à la tribune pour 15 minutes de discours. Il rappelle qu'il est socialiste depuis 30 ans et que sa première élection au Conseil d’État date de 1996. Le président du Conseil d’État égraine ses réussites (PC famille, allocations familiales, crèches, subvention à l'assurance maladie...). Il annonce, qu'en court de législature, il a proposé à son parti de quitter le gouvernement. La direction de son parti l'en a dissuadé. Aujourd'hui, Pierre-Yves Maillard souhaite travailler sur la réforme de l'imposition des entreprises (RIE III). «On ne se fait pas élire sur un bilan». Les grands enjeux, selon lui, sont la crise économique latente et l'intégration des migrants.

20h15: Le président du PS vaudois, Stéphane Montangero, annonce à la tribune qu'Anne-Catherine Lyon s'est excusée. Elle ne sera présente ce soir. La Conseillère d'Etat transmet ses «salutations solidaires» au congrès (quelques applaudissements dans la salle)

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Ce devait être le congrès de tous les dangers pour Anne-Catherine Lyon. Il n'en sera rien. La Conseillère d’État vaudoise ne se présentera pas à la tribune devant ses camarades, ce mardi soir à 20h00 au Casino de Montbenon à Lausanne. Elle a retiré sa demande de dérogation auprès du PS vaudois pour figurer une 4e fois sur un ticket socialiste aux élections cantonales de 2017. Anne-Catherine Lyon n'avait guère le choix. Le 21 septembre au soir, elle apprenait que le comité directeur du parti ne la soutiendrait pas dans sa démarche. Dès lors, sera-t-elle présente ce mardi soir au congrès? Aura-t-elle un mot pour ses camarades? Y aura-t-il des voix dans la salle pour défendre ACL ou attaquer le comité directeur?

A lire: PYM à disposition de son parti

Le président du Conseil d’État, Pierre-Yves Maillard, est quant à lui dans un fauteuil pour obtenir la dérogation tant souhaitée par Anne-Catherine Lyon. Il a gagné le soutien du comité et surfe toujours son score de 2012 (59,4% des voix au 1er tour). En première ligne dans le combat contre la hausse des primes maladies, sa côte de popularité ne devrait pas baisser dans le grand public. La question n'est donc pas de savoir s'il obtiendra sa dérogation, mais plutôt quel score est-il capable de faire? Le sera-t-il par acclamation ou sous les huées des Jeunes socialistes?

A lire: Le PS doit encore trancher sur quatre demandes de dérogation

A l'ordre du jour, on trouve également trois personnalités du parlement vaudois qui souhaitent repartir pour un tour: la municipale de Nyon Fabienne Freymond Cantone, l'avocat Nicolas Mattenberger et l'ancienne présidente du Grand Conseil, Roxanne Meyer Keller. Ils devront monter à la tribune pour convaincre leurs camardes. Le discours des deux candidates est particulièrement attendu. Fabienne Freymond Cantone et Roxanne Meyer Keller font parties des papables (comme la favorite Cesla Amarelle ou Florence Germond) pour succéder à Anne-Catherine Lyon sur le ticket socialiste.

En coulisse, on sera attentif aux discussions autour de l'organisation que va mettre en place le PS pour définir son ticket gouvernemental. Y aura-t-il une primaire? Les pontes du parti s'arrangeront-ils pour faire émerger une seule candidate?

Les premières réponses sont attendues ce mardi soir dès 20h00

Créé: 27.09.2016, 23h00

Trois mandats maximum: une mesure typique de la gauche

Pourquoi diable les socialistes se sont-ils inventé des statuts qui placent leur champion Pierre-Yves Maillard dans une situation gênante? Le parti a introduit la mesure du nombre limite de mandats en 2008. «Cette règle a été rédigée en pensant surtout au Législatif», explique un ancien membre de l’équipe dirigeante.
En d’autres termes, cette disposition visait avant tout les députés qui «roupillaient» depuis des décennies au Grand Conseil, et pas forcément les conseillers d’Etat.

Le PSV n’est pas une exception. D’autres sections socialistes édictent un nombre maximum de mandats. «Il y a une volonté à gauche d’éviter que les mêmes personnes ne captent tous les sièges. On accorde de l’importance à une bonne répartition, note Pierre Jeanneret, historien spécialiste de la gauche. Cela se retrouve aussi dans la notion de parité hommes-femmes.» La primauté du parti contre la primauté de l’électorat, la gauche et la droite ont une conception différente du lien entre l’élu et le parti, selon Olivier Meuwly, historien spécialiste, lui, des radicaux. D’ailleurs, au PS, les candidats n’ont pas le droit de faire de campagne personnelle. «Les socialistes estiment que l’élu doit rendre des comptes au parti car c’est grâce à lui qu’il a un mandat. Alors qu’à droite, la liberté prime. L’élu doit son siège à son électorat.» Renaud Bournoud - 18.04.2016

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