La faux de grand-papa revient en grâce dans les villes comme dans les jardins

EnvironnementManier la faux, c’est tout un savoir-faire ancestral. Que des particuliers veulent apprendre, comme samedi à Ollon.

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«Faucher, c’est jouissif comme le golf! On fait un beau mouvement tout en avançant lentement». Cette profession de foi, c’est celle d’Annick Chambet, conseillère en environnement mais surtout membre du collectif «JardinenVie», basé à Ollon. Ce petit groupe de passionnés et de spécialistes s’est constitué pour promouvoir la nature en ville et la biodiversité. Samedi, sur le pré du collège de Perrosalle, il organisait une première initiation gratuite au fauchage à la faux, en collaboration avec le service des forêts de la Commune.

Mais pourquoi donc s’épuiser sur cet engin de grand-papa, alors qu’il existe de très efficaces débroussailleuses électriques? Parce qu’à l’heure du développement durable, mêmes les services d’entretien des grandes villes reviennent aux méthodes ancestrales pour faucher les talus et prairies fleuries qui ont tendance à remplacer les gazons. C’est moins bruyant, moins polluant et plus respectueux de l’environnement.

Or le maniement de la faux est un savoir-faire qui disparaît, même en montagne et chez les professionnels de la forêt. Marjanco Madzovski en sait quelque chose, puisque ce faucheur professionnel et de compétition, employé les Espaces publics de Vevey, est appelé tous azimuts pour donner des cours de fauchage. Aujourd’hui, même des citadins - tous ne sirotent pas un pastis en regardant leur tondeuse électronique raccourcir l’herbette autour de la piscine -, y viennent.

«Ça m’intéresse, car j’ai vu que mon voisin qui fauche a une plus belle prairie que la mienne. Moi, je n’arrive plus à débroussailler à la machine dès que l’herbe est trop haute. Je dois couper avant d’avoir de jolies fleurs», explique cette dame venue s’intitier à la faux. Mais la petite dizaine de personnes qui l’accompagne s’aperçoit bien vite qu’il ne s’agit pas seulement d'apprendre le bon mouvement.

Car une faux, ça se prépare, même si on vient de l’acheter chez Landi et que l’emballage dit qu’elle est «prête à l’emploi». Il faut un marteau et une enclumette pour d’abord enchapeler, soit marteler la lame de son coude à la pointe, afin qu’elle devienne aussi fine que possible. «Aussi fine qu’elle plie lorsqu’on y fait glisser dessous l’ongle du pouce!» montre Marjanco.

Ensuite, il faut s’assurer que la lame soit suffisamment «fermée», soit recourbée, pour couper efficacement. Il faut ensuite l’aiguiser avec une pierre, opération qu’il faudra répéter souvent lors du fauchage du pré.

Encore un coup à prendre, si possible sans se couper les doigts ni embrocher son voisin... (24 heures)

Créé: 10.04.2016, 15h16

Faucher sans tour de rein

Le manche de la faux que j’ai piquée sur la pile - il en existe 43 formes différentes selon les us et coutumes régionales - est un peu trop long pour mes bras. Les pieds écartés, mes premiers essais de fauchage dans la pente révèlent que j’ai de la peine à couper l’herbe à gauche, au terme du joli mouvement en demi-cercle que mon corps est censé effectuer. Pas de quoi inquiéter notre instructeur, qui lui, utilise une faux au manche long et droit comme un râteau, venu tout droit de Macédoine, son pays d’origine. Ayant troqué la mienne pour une faux plus courte, je coupe un peu mieux, fatigue moins, même si je prends encore trop d’herbe à la fois et oublie parfois de laisser glisser la faux au sol, à l’aller comme au retour.

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