Passer au contenu principal

Une femme prend la tête des musulmans vaudois

Dimanche, l’Union vaudoise des associations musulmanes a élu à sa présidence Sandrine Ruiz. C’est la première fois en Suisse qu’une femme occupe un tel poste.

Sandrine Ruiz est la nouvelle présidente de l’UVAM.
Sandrine Ruiz est la nouvelle présidente de l’UVAM.
JEAN-PAUL GUINNARD

Dix-neuf voix contre une: l’élection de Sandrine Ruiz à la tête de l’Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM), qui tenait ses assises à Nyon ce week-end, a fait l’unanimité. Pour la première fois en Suisse, peut-être même en Europe, une voix féminine est portée à la présidence d’un organe musulman.

«Un message fort»

Mariée et mère de trois enfants, la nouvelle présidente est née en France de parents athées. Comme eux, elle était non-croyante. C’est lors de sa venue en Suisse, il y a vingt ans, qu’elle a découvert l’islam: «Ma conversion est le fruit d’une recherche intérieure, lors de situations difficiles», explique la diplômée en lettres, active depuis quinze ans dans le tissu associatif musulman.

À l’heure de la cérémonie de passation des pouvoirs, la Lausannoise a conscience de la portée de son élection: «C’est un message fort que vous donnez au canton de Vaud et à toute la Suisse», clame-t-elle devant ses électeurs. La nouvelle élue veut être la voix de ses consœurs: «Les femmes musulmanes sont nombreuses, mais leur travail a peu de visibilité. Les représenter, c’est une grande responsabilité vis-à-vis de la société.» Et son voile, un obstacle au dialogue? «Les collaborateurs de l’UVAM m’ont déjà vue plusieurs fois, ils ne seront pas surpris», glisse-t-elle dans un sourire.

Ils ne seront pas non plus surpris par la présence de Pascal Gemperli. Le très apprécié président démissionnaire, qui arrivait au bout de ses deux mandats et ne pouvait plus se représenter, occupera en effet le poste de vice-président. «Le but est d’agir dans la continuité, explique celui qui s’est aussi converti à l’islam. Sandrine Ruiz et moi-même avons travaillé ensemble ces dernières années, nous allons continuer ainsi.» Si la ligne politique reste la même, la portée symbolique est inédite.

Un choix stratégique

Placer une femme convertie à la tête de l’UVAM, le choix n’est pas anodin. En effet, l’organisation a déposé dernièrement un dossier de reconnaissance auprès de l’État de Vaud. S’il est accepté, la religion musulmane sera reconnue comme un acteur d’utilité publique. Cela signifie que l’organe pourra être mandaté et rémunéré par les autorités pour servir les croyants, entre autres dans les hôpitaux et les prisons. Dans ce but, le président démissionnaire, Pascal Gemperli, a modifié les statuts de l’UVAM afin de les rendre compatibles avec les lois vaudoises, principalement en matière de mariage homosexuel et d’égalité hommes-femmes. Avec à sa tête une femme, qui plus est convertie, l’UVAM opère donc un choix hautement stratégique dans le processus d’intégration de la confession musulmane.

Dafalgan et chocolat

Ayant sur les bras un projet aussi ambitieux que lourd (le processus de reconnaissance devrait prendre plusieurs années, avec à la clé un éventuel référendum), Sandrine Ruiz aura du pain sur la planche. Mais elle est équipée pour y faire face: lors de la passation des pouvoirs, Pascal Gemperli lui a donné une boîte de Dafalgan et une plaque de chocolat. «La première est pour soigner tes casse-tête. La seconde pour fêter tes succès», explique-t-il.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.