Le Festival de la Cité a pris goût à la vie hors ses murs

InterviewDu 5 au 10 juillet, la 45e édition continue sa vadrouille à l’extérieur de la vieille ville, initiée en 2014. Mais elle se recentre autour de trois pôles accrochés au parcours du M2.

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On supposait de la nouvelle directrice, Myriam Kridi, venue de l’Usine genevoise, branchée théâtre contemporain et alternatif, un Festival de la Cité «new look». Elle choisit la continuité dans le changement. Sortie de ses murs historiques depuis 2014 sous l’impulsion de l’ancien boss, Michael Kinzer (et par la nécessité des travaux du parlement), la manifestation gratuite reste «en ville», mais se recentre sur le zip crénelé du M2: trois pôles constitueront le festival, chaque jour du 5 au 10 juillet. L’un à Ouchy (place de la Navigation, derrière le Château), l’autre à la Riponne et le troisième à la Sallaz. Sur chaque lieu, une grande scène (pieds dans le lac à Ouchy) et une programmation pluridisciplinaire. Le menu détaillé des festivités sera dévoilé en juin. Interview d’une directrice assurée dans ses choix.

Alors, définitivement, la Cité, c’est fini?

On ne quitte pas la Cité totalement. Comme ces dernières années, il y aura des animations dans la cathédrale, sous l’arche du pont Bessières, sur l’esplanade et dans les bistrots traditionnels, comme le Lapin Vert et le XIIIe Siècle. Mais le projet que j’ai proposé se concentre sur trois lieux principaux qui sont autant de pôles. La gratuité, la mixité, la pluridisciplinarité et la curiosité sont des valeurs inchangées.

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Animer le nouveau quartier de la Sallaz, était-ce une demande de la Ville?

Non, c’est un hasard. Je ne connaissais pas l’historique de ce chantier quand j’ai déposé ma candidature, mais j’étais intéressée par cet emplacement. Je pense au contraire que la Ville a apprécié mon projet parce qu’il prenait en compte ce lieu et rejoignait sa propre réflexion. La Sallaz est intéressante car elle mélange urbanité et nature, avec la forêt de Sauvabelin. Il n’est pas impossible qu’on l’utilise.

Trois pôles, cela signifie-t-il trois fois plus de plaintes de riverains?

La Sallaz a connu cinq ans de travaux. Recevoir un festival, je vois cela plus comme un cadeau que comme une source d’ennuis. S’il y a un nombre vraiment extraordinaire de plaintes, la Ville statuera pour l’année prochaine. Mais pour l’instant, nous recevons plutôt des encouragements et des soutiens.

Quel est pour vous l’enjeu principal du Festival de la Cité?

Comme d’habitude, faire la balance entre l’aspect convivial et artistique. Dans la vieille ville, quand le festival abritait 120 000 personnes, il y avait trop de monde et trop de choses au m2, et le côté festif prenait le dessus. Ces deux dernières années, en revanche, le festival s’est éclaté dans trop de lieux parfois éloignés, la convivialité y a perdu. En liant trois pôles sur la ligne du M2, je pense avoir trouvé un bon équilibre. Il se passera suffisamment de choses dans chaque lieu pour que l’on puisse y passer toute sa soirée, mais il sera également facile de transiter de l’un à l’autre. Ce projet a l’avantage d’être différent mais très facile à visualiser.

Le métro sera-t-il payant?

Nous sommes en discussion difficile avec les TL. Nous voyons clairement tout l’enjeu entre mobilité et culture, mais les TL restent assez rigides sur la question.

Quel sera l’équilibre entre les disciplines artistiques?

Aucune ne sera surreprésentée ou confinée à un seul lieu. Je ne voulais ni quotas ni ghettos – ne pas devoir aller là parce qu’on a des enfants, ici parce qu’on aime la musique, etc. Les scènes proposeront de la musique comme des spectacles, et autour d’elles des projets in situ, par exemple des installations. La musique jouera sur les rencontres entre styles et les expérimentations.

Peut-on faire de bons concerts à la contrainte légale de 93 décibels?

Je pense que cette mesure n’est pas compatible avec des concerts de qualité. C’est vraiment problématique. Ça nous oblige à trouver le moyen de rapatrier certains styles à l’intérieur, c’est dommage.

Animer la Riponne, est-ce un pari rendu plus ardu encore après l’insuccès de «Champions!»?

Il y a un énorme enjeu pour faire de cette place quelque chose d’intéressant. Mais pour moi, la Cité est un festival gratuit dans la ville, sans barrière sociale, esthétique ou spatiale. «Champions!» se déroulait dans un enclos payant. On ne sera pas du tout dans cet esprit. La place sera aménagée sous la forme d’une architecture temporaire à découvrir.

Les animations de rue seront-elles présentes?

Oui. Nous avons par exemple un projet de déambulation au fil de garages privés, utilisés de manière inhabituelle. Il y aura aussi des installations participatives, non liées à des horaires. Le programme ne sera pas totalement balisé.

La Cité 2016, est-ce le regard de Genève sur Lausanne?

Je suis devenue Lausannoise, j’y habite. C’était un souhait, pas une obligation. Cela dit, je pense avoir choisi ce projet avec un regard extérieur à la ville. Genève s’est construite autour du lac, alors que Lausanne donne l’impression d’avoir le lac dans le dos. Reconnecter Ouchy au centre m’apparaît comme un enjeu évident, je ne pense pas qu’un Lausannois aurait donné cette priorité à la question.

Quel est le spectateur type de la Cité?

C’est plusieurs personnes au minimum. Le public que l’on croise dans le métro, le plus varié possible. Nous voulons un festival qui parle aussi bien à des familles, à des enfants, aux spécialistes, aux fêtards, etc.

C'est la question du jour: www.24heures.ch/28253180

Posté par 24heures.ch sur jeudi 17 mars 2016

Créé: 17.03.2016, 07h05

Confiante La nouvelle directrice, Myriam Kridi, venue du Théâtre de l’Usine genevois, dans son bureau lausannois. (Image: ODILE MEYLAN)

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