Le fêtard bosse jour et nuit pour aligner ses passions

PortraitBarry Lopez est l'assistant parlementaire d’Isabelle Moret le jour. Ce binational espagnol et suisse est gymnasien le soir et barman la nuit. Il ne s'arrête jamais.

Image: Florian Cella

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Au MAD et en plein jour? «Oui, voyons-nous là-bas. C’est là que je travaille. Enfin, quelques soirs par mois.» La réponse a de quoi surprendre de la part de Barry Lopez, l’un des assistants de la parlementaire libérale-radicale Isabelle Moret. Rendez-vous donc au MAD, cet après-midi-là. Plus précisément au Jet-Lag, le bar du 3e étage. «J’aime le monde de la nuit et j’ai toujours aimé servir les autres. Barman a été un de mes premiers jobs de vacances. J’aime aussi la danse, c’est mon côté latin: la salsa, le tango, le cha-cha-cha et la danse de salon, car ma copine me l’a demandé. Vous savez, en Suisse, dès qu’on sait faire quelques pas, on passe pour un pro.»

En quelques phrases, Barry Lopez prouve déjà qu’il diffère du profil type des jeunes libéraux-radicaux – dont il a été le président –, qu’on imagine plutôt sortis de droit et de HEC. Mais c’est bel et bien dans la politique que ce binational espagnol et suisse de 28 ans s’est forgé une petite notoriété ces dernières années, notamment comme secrétaire général du PLR lausannois (2010-2012). La campagne de sa patronne au Conseil fédéral – finalement perdue – l’a rappelé au bon souvenir des médias l’été dernier. «Ça a été une période très intense, au point que j’ai loupé ma 3e année de Gymnase du soir. Mais une campagne comme ça, ça n’arrive qu’une fois dans une vie.»

Arbitre et lieutenant

Le Gymnase du soir? Faisons le point, tellement son parcours est difficile à comprendre. Lui-même s’y perd, en égrenant ses passions si nombreuses, et s’y reprend à deux fois pour chaque date qu’il donne. «De toute façon, je n’ai jamais aimé les maths. Donc je mélange un peu les années.»

Si Barry Lopez suit encore des cours en soirée – à côté de son job principal de porte-parole romand d’easyvote, un programme de la Fédération suisse des parlements de jeunesse –, c’est parce qu’il n’a terminé aucune formation après l’école obligatoire. «J’ai occupé tous ces postes sans avoir aucun papier», dit-il tout sourire mais sans crânerie. Il a pourtant tenté deux CFC: assistant en information documentaire puis médiamaticien. «Je n’ai pas réussi à décrocher mon diplôme, car j’étais trop pris par la politique. À l’époque, j’étais aussi arbitre de football en ligue amateur. J’aime faire toujours tellement de choses que, quand j’en fais une qui ne me plaît pas, je loupe.» Ensuite, ce sera EconomieSuisse pendant quatre mois, puis l’armée comme lieutenant dans les troupes de sûreté d’aérodrome. «J’ai appris à mener des projets et un groupe. Cela me sert aujourd’hui comme assistant parlementaire.»

Ce n’est pas Isabelle Moret qui dira le contraire. La conseillère nationale ne tarit pas d’éloges pour ce «roi de l’organisation», selon ses mots. «Barry a aussi un talent dans le contact avec les gens. Il connaît et tutoie tout le monde. C’est un talent inné. Il est très ouvert et a beaucoup de charme. Ce qu’il fait n’est pas facile, en cumulant son travail et le gymnase du soir.» Mais si l’orgueil de Barry Lopez est d’être arrivé où il en est sans diplôme, une réalité le rattrape: «Nous vivons malheureusement dans un monde où il faut un papier.» D’où la nécessité d’obtenir une maturité pour débuter un bachelor en droit à l’Université. Ce qui était loin d’être une évidence pour ce gamin qui n’aimait pas vraiment l’école et qui se souvient, avec fierté, des heures d’arrêt chopées pour être allé acheter régulièrement des croissants durant la récréation et les revendre dans la cour avec un petit bénéfice.

Le souvenir familial de Franco

Né à Lausanne d’une mère espagnole et d’un père chilien, le petit Barry a grandi à La Sarraz, Chavornay et Vallorbe, où il fut conseiller communal. Celui qui est aujourd’hui citoyen du Mont-sur-Lausanne aime dire tout sur le ton de l’humour autour d’un café. Pourtant, lorsqu’il s’agit de parler de son engagement à droite, «mal perçu par la famille au début», il se referme un peu. «Mes arrière-arrière-grands-parents ont dû fuir l’Espagne de Franco. Ils avaient quelques moyens et soutenaient les Républicains. À la maison, nous n’avons jamais vraiment parlé de politique.» L’actu des hémicycles, il l’a découverte dans les journaux, qu’il admet avoir souvent piqués dans les caissettes.

Ses contacts restent tout de même forts avec l’Espagne, où il retourne régulièrement. En décembre par exemple, le Catalan est allé à Barcelone pour voter lors des élections régionales, accompagné par le député socialiste Nicolas Rochat Fernandez, lui aussi est binational, mais d’une famille andalouse. Ils se sont connus en politique. «J’ai découvert en Barry Lopez quelqu’un de très sensible au passé, au poids des institutions et au respect du droit. S’il est clairement à droite en matière de politique fédérale, il fait preuve d’une conviction humaniste et centriste dans le dossier de l’immigration. C’est bienvenu dans son parti qui pratique parfois le mimétisme face à l’UDC.»

Barry Lopez est d’ailleurs l’un des plus farouches opposants à tout rapprochement avec l’UDC Suisse. Alors pourquoi avoir choisi la droite? Il l’explique par son côté «débrouille» et l’importance qu’il accorde à la responsabilité personnelle. En parallèle, il voue un culte à la solidarité, et rappelle son implication dans la Fondation Mère Sofia. «Je ne suis pas croyant et pas baptisé. Mais j’adore l’exemple de Jésus qui lave les pieds de ceux chez qui il rentre. Dans mon parti, certains m’appellent le «rose de droite». J’aime ce surnom, il me va bien.» (24 heures)

Créé: 17.01.2018, 09h13

Bio Express

1989 Naissance à Lausanne le 21 décembre, d’une mère espagnole et d’un père chilien.

2003 La famille déménage à Vallorbe.

2004 Obtient la nationalité suisse.

2005 Devient arbitre de foot en ligue amateur.

2007 Adhère aux Jeunes radicaux vaudois.

2009 Entre au Conseil communal de Vallorbe.

2010 Secrétaire général du PLR lausannois pendant deux ans.

2011 Fait son service militaire et accède au grade de lieutenant, dans les troupes d’aérodrome. Travaille pour Isabelle Moret lors de la campagne aux élections fédérales.

2014 Déménage à Lausanne et commence à travailler au Jet-Lag (MAD).

2015 Rejoint l’équipe d’easyvote, qui veut booster la participation des jeunes aux élections. Commence le Gymnase du soir.

2017 Participe à la campagne d’Isabelle Moret pour l’élection au Conseil fédéral.

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