Feu vert au «blockhaus» de la Sallaz
LausanneLa justice rejette le recours du Mouvement pour la défense de Lausanne contre un bâtiment de 74 mètres de long et de 5 étages.
Ce n’est pas le cadeau de Noël qu’ils attendaient. Les membres du Mouvement pour la défense de Lausanne (MDL) viennent de perdre le bras de fer qu’ils avaient engagé, devant la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal, contre une construction qu’ils qualifiaient de «blockhaus» à la Sallaz. Le projet architectural prévoit la démolition de deux bâtiments des années 30 recensés en note 3, dont un abritait la Brasserie de la Sallaz, et de l’ancien garage qui les sépare.
«Densification maximale»
La construction combattue est un immeuble de 92 logements, avec garage souterrain de 69 places pour voitures et deux-roues, pose de panneaux solaires en toiture, création de commerces et d’un café-restaurant au rez-de-chaussée. Un bâtiment de cinq étages avec attiques côté ouest, d’une longueur de 74 mètres, et de cinq autres étages sans attique mais avec terrasses sur le toit côté est, d’une longueur de 58 mètres. Le MDL dénonçait une «densification maximale et malheureuse» se rapprochant des blocs monolithiques «dignes des banlieues françaises».
Le projet avait été mis à l’enquête durant l’été 2018. En janvier suivant, la Municipalité de Lausanne levait les oppositions qui avaient été formulées et délivrait le permis de construire. Un mois plus tard, le Mouvement pour la défense de Lausanne s’en remettait à la justice. Il soulevait dans un premier temps une question de forme: l’absence de la signature du secrétaire municipal, et du sceau municipal, sur le permis de construire. Un grief finalement rejeté par les juges.
Sur le fond ensuite. Les recourants soutenaient que le volume du futur bâtiment était «démesuré», bien que respectant les exigences d’implantation du règlement du plan général d’affectation (RPGA). «En réalité, les recourants critiquent le volume du projet uniquement sous l’angle de l’esthétique et de l’intégration», ont convenu les juges. Ils ont certes admis que le bâtiment attaqué était «volumineux», mais qu’il aurait les mêmes proportions que deux autres immeubles implantés au sud de la place, et qu’ainsi il n’altérerait pas le caractère du périmètre.
Mesures contre le bruit
Le MDL affirmait encore que le projet ne comportait pas assez d’espaces verts et que l’accès des futurs usagers au garage souterrain était insuffisant. Là encore, ils n’ont pas obtenu gain de cause auprès du Tribunal cantonal. Le recours du MDL a toutefois été partiellement admis sur un point: des mesures de protection supplémentaires devront être prises pour atténuer le bruit généré par le parking sur les bâtiments alentour. On parle de plafond absorbant, de murs latéraux de la rampe du parking conçus en béton armé avec cannelure ou un matériaux absorbant, ou encore de l’ajout d’une paroi ou d’un garde-corps sur un muret.
Dans son arrêt rendu le 13 décembre dernier, le Tribunal cantonal a décidé que le Mouvement pour la défense de Lausanne devra s’acquitter d’un émolument judiciaire de 3200 francs, ainsi que d’un montant de 2000 francs à titre d’indemnité pour le propriétaire de la parcelle, une société basée à Pully.
Créé: 07.01.2020, 07h18
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