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Canton de VaudLe filet social maintient le pouvoir d'achat

Le Rapport social vaudois 2017, un document de 150 pages, permet pour la première fois de mesurer le taux de pauvreté à l'échelle du canton.

Le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard s'est félicité de l'extension du filet social vaudois.
Le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard s'est félicité de l'extension du filet social vaudois.
Keystone

Le dynamisme économique du canton de Vaud ne profite pas à tous. Sans les prestations sociales, les plus défavorisés auraient vu leur pouvoir d'achat baisser. Près de 5% de la population active vaudoise vit dans la pauvreté.

Le conseiller d'Etat Pierre-Yves Maillard a présenté jeudi le Rapport social vaudois 2017, un document de 150 pages qui fait le point sur dix ans de politique sociale dans le canton. Pour la première fois, il mesure le taux de pauvreté à l'échelle du canton.

En 2014, 4,8% de la population active vaudoise - soit plus de 25'000 personnes - vivaient dans un ménage en situation de pauvreté et 14,1% était exposée au risque de pauvreté. Le calcul de ce taux de pauvreté est une première cantonale. Ce chiffre n'existe pour l'heure qu'au niveau suisse, où il atteignait 7% en 2015.

«Cela semble indiquer que le phénomène n'est pas plus élevé dans le canton de Vaud», a relevé M. Maillard. Mais il est difficile de comparer les chiffres: les seuils sont les mêmes (2000 francs de revenu mensuel disponible pour une personne seule, 3780 pour un couple marié avec 1 ou 2 enfants), mais la méthodologie diffère. Et les chiffres vaudois n'incluent pas les retraités, ce qui pourrait assombrir le tableau.

Pouvoir d'achat

Le conseiller d'Etat tire un premier enseignement des chiffres vaudois: le filet social, qui s'est développé ces dix dernières années sous son impulsion, a permis de maintenir le pouvoir d'achat des plus défavorisés. Sans cela, le revenu disponible de 10% des ménages les plus pauvres aurait reculé de près de 10% entre 2006 et 2014.

Malgré une croissance économique supérieure à la moyenne suisse ( 2,6% en moyenne annuelle sur dix ans), on n'arrive pas à maintenir le pouvoir d'achat de toute la population sans les prestations sociales, a commenté devant la presse le chef du Département de l'action sociale et de la santé (DSAS).

Filet social élargi

Entre 2005 et 2015, plus de 600 millions de francs supplémentaires ont été investis dans le social, notamment pour l'aide sociale, les bourses, les subsides maladie et les PC familles. «Cette politique sociale active n'a pas affaibli la croissance économique. Et peut-être même qu'elle l'a nourrie», estime Pierre-Yves Maillard.

Le socialiste répond ainsi indirectement à la droite, plus particulièrement aux milieux économiques et patronaux. Ceux-ci ont récemment publié un document intitulé «Impulsions pour une économie vaudoise forte», qui réclame une réduction des aides sociales.

Débat sur des faits

Le rapport social vaudois 2017 servira de base aux discussions sur l'avenir du filet social vaudois. «J'espère pouvoir mener ce débat sur des données factuelles, et pas seulement des impressions. On va pouvoir faire porter le débat sur le pouvoir d'achat», a dit le conseiller d'Etat.

Le PLR vaudois, qui a réagi jeudi, regrette que ce rapport ne parle pas du financement des aides sociales à long terme. Et il s'interroge sur les importantes augmentations de ces dernières années, Vaud dépensant proportionnellement plus que Berne et Zurich.

Il faut «revenir à une politique sociale pragmatique, raisonnable et financièrement supportable», ajoute le PLR. «Allouer plus de financement à l'aide sociale qu'à la formation est un non-sens».

ats

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