1853: il était une fois l’EPFL

250 ans dans la vie des VaudoisL’Ecole spéciale abrite une classe de 11 étudiants en sciences techniques

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L’Ecole spéciale de Lausanne naît à l’initiative de cinq professeurs et ingénieurs qui veulent former des jeunes gens se destinant à l’industrie, aux travaux publics et aux constructions civiles. Le 7 novembre 1853 s’ouvrent les tout premiers cours.

Onze élèves les fréquentent, qui ont passé auparavant des examens d’entrée en arithmétique complète, en géométrie plane et dans l’espace, ainsi qu’en algèbre jusqu’au binôme de Newton inclusivement.

L’école n’a pas de laboratoire. Le tableau noir suffit. Pour la première fois, les jeunes Vaudois fortunés ont l’opportunité de devenir ingénieurs sans devoir s’exiler à Paris, à Karlsruhe, à Munich ou à Vienne. Elle est fondée par Jean Gay, Henri Bischoff, Louis Rivier, Jules et Pierre-Joseph Marguet, professeurs et ingénieurs désireux de promouvoir les carrières techniques supérieures, sur le modèle de l’Ecole centrale de Paris, créée vingt-cinq?ans auparavant. En Suisse, c’est le début de l’ère industrielle. La construction est en plein boom.

Le pays s’équipe d’un réseau de chemin de fer, d’usines, de bâtiments officiels, de logements, d’écoles, de gazomètres, d’abattoirs… Et il faut du monde pour dessiner et calculer tout ça.

Alémaniques et Romands s’affrontent
Dans les années qui précèdent la naissance de l’Ecole spéciale, le débat fait rage sur la formation supérieure. La Constitution de 1848 prévoit que la Confédération établira une Université suisse et une Ecole polytechnique. Le Conseil national débat âprement sur le modèle à adopter. Déjà, Alémaniques et Romands s’affrontent, de même que fédéralistes et centralisateurs.

Au final, le projet d’une école polytechnique fédérale, assortie d’un enseignement des sciences exactes, des lettres et des sciences sociales, est adopté par les Chambres. L’établissement, qui verra le jour à Zurich, dispose de l’argent de la Confédération (160?000?francs). A Lausanne, on se console avec la petite école privée qui prend, lentement, de la renommée. Quelques mois après son ouverture, elle se rappelle tous les jours au bon souvenir des citoyens en publiant ses «observations météorologiques de l’Ecole spéciale» dans la Gazette de Lausanne.

En 1864, le Journal de Genève consacre à l’Ecole un article historique soulignant l’excellence de l’enseignement prodigué. L’établissement a notamment «envoyé plusieurs très bons travaux lors du concours de notre pont du Mont-Blanc». Le journal regrette le peu de publicité dont l’école s’est gratifiée: «… parce qu’ils faisaient peu de bruit, demeurant entre eux et attendant leur succès des faits plus que des paroles, le succès, quoique réel cessa d’être proportionné aux dépenses croissantes…».

Onze?ans après sa fondation, les résultats sont là. L’Ecole spéciale a formé 135 élèves, tous placés. A partir de 1865, le gouvernement vaudois et la commune de Lausanne lui accordent des subventions. A cette étape de son existence, l’Ecole est entrée dans son bâtiment de la rue de la Tour, inauguré en octobre 1858. La Gazette de Lausanne décrit une «cérémonie simple, mais pleine d’intérêt pour ceux qui ont à cœur le progrès de notre pays.» Le syndic de la ville, Edouard Dapples, et le président du Conseil d’Etat, Louis-Henri Delarageaz, sont présents.

Le jour même, la Municipalité de Lausanne a décidé de demander au Conseil communal un crédit annuel de 1000 francs pour financer une ou deux bourses à destination d’étudiants modestes. La démocratisation des études est en germe. A la recherche des têtes les mieux faites, ouverture, l’Ecole spéciale insère régulièrement une annonce dans la Gazette, faisant savoir qu’elle offre, sur concours, une place gratuite «aux jeunes gens appartenant aux familles peu favorisées de la fortune.»

Source: Ecole polytechnique de l’Université de Lausanne, 1853-1953 (24 heures)

Créé: 10.05.2012, 22h00

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