Quelle formation faudra-t-il pour travailler dans une garderie?
Accueil de jourLe Grand Conseil se penchera sur le cursus demandé aux employées des crèches. Les syndicats émettent quelques réserves. Il en va de la qualité de l’encadrement.
Pour devenir éducatrice de la petite enfance dans une garderie, il faut avoir suivi un cursus particulier. Après une maturité ou un apprentissage, la formation dure trois ans dans une école supérieure (ES), alternant cours et stages. A Lausanne, on trouve ainsi l’Ecole supérieure en éducation de l’enfance (ESEDE).
La réglementation aujourd’hui est simple: sur une équipe de dix personnes qui encadrent les enfants, une garderie doit employer au minimum cinq éducatrices. Mais la norme pourrait changer, ce qui laisse les professionnels dubitatifs. Le Grand Conseil, qui reprend mardi ses travaux à propos de la loi sur l’accueil de jour, devrait se pencher sur ce sujet.
Trois catégories de personnel
L’idée défendue par le Conseil d’Etat, c’est de descendre le nombre minimal d’éducateurs de cinq à quatre. A côté, on pourrait trouver au maximum quatre assistants socio-éducatifs (ASE), contre trois seulement aujourd’hui.
Ces ASE – qui touchent un salaire moyen inférieur à celui des éducatrices – sont au bénéfice d’un apprentissage qui leur permet de travailler avec des enfants, des personnes handicapées et des seniors. La troisième catégorie de personnel (auxiliaires, remplaçants, stagiaires, extras, etc.) resterait à un maximum de deux personnes sur dix.
Question de coût
C’est le conseiller national libéral-radical Frédéric Borloz qui est à l’origine de ce changement. Il avait proposé l’idée du temps où il était encore député, et le Conseil d’Etat s’est rangé à son avis. Selon l’élu PLR, les règles sur la formation et la composition des équipes éducatives font partie d’un arsenal de normes (personnel, locaux, équipements, etc.) qui entraînent une hausse des coûts et freinent la création de places de crèches.
«De nombreuses communes se plaignent des coûts en augmentation de l’accueil de jour des enfants, ajoute celui qui est aussi syndic d’Aigle. Pour moi, il s’agit de revoir les normes dans leur globalité. Aujourd’hui, il est difficile de trouver du personnel formé. Je ne pense pas qu’il faille autant de personnel au bénéfice d’une formation supérieure que ce que prévoient les normes actuelles.»
A la tête du Département des infrastructures et des ressources humaines (DIRH), la conseillère d’Etat socialiste Nuria Gorrite défend la réforme. «La proportion d’éducatrices et d’assistantes ne changera que d’environ un poste dans une équipe de dix», tempère-t-elle. A ses yeux, la nouvelle norme offrira davantage de perspectives aux jeunes porteurs d’un CFC, avec la possibilité de passerelles en cours d’emploi.
Davantage de responsabilités
«Les garderies manquent de personnel et nous devons parfois accorder des dérogations pour les autoriser à engager davantage d’assistants socio-éducatifs, ajoute Nuria Gorrite. Cette réforme permettra d’améliorer la situation. Les éducateurs sont appelés à prendre davantage de responsabilités dans leurs équipes. C’est un métier en évolution qui nécessite une reconnaissance.»
A l’origine, les associations et les syndicats étaient très critiques face à cette réforme, arguant que l’encadrement des enfants en pâtirait. Désormais, ils ont mis de l’eau dans leur vin et disent se réjouir de la «considération» qui leur est accordée par les autorités. Mais, rappellent-ils, cette nouvelle organisation devra être évaluée à l’avenir.
Des tâches différentes
Les professionnels veulent à tout prix éviter de mettre en opposition les éducateurs et les assistants. Mais leur formation et leur rôle diffèrent, indiquent-ils. «Les éducateurs sont formés, au-delà des gestes du quotidien, à avoir une vision éducative, préventive et sociale de l’accueil d’un enfant et à concevoir et développer un projet pédagogique», souligne Marc Gillet, de l’Association des responsables et directeurs d’institutions vaudoises de l’enfance (ARDIVE).
«Les assistants socio-éducatifs sont bien formés pour l’encadrement des moments de la vie quotidienne, ajoute-t-il. Mais le principe plus généraliste de leur formation ne leur apporte pas les outils nécessaires à l’analyse des situations complexes.»
Secrétaire générale de la section vaudoise du syndicat AvenirSocial, Christine Guinard Dumas fait un parallèle avec le monde médical. Une éducatrice en garderie pourrait correspondre à une infirmière en hôpital. Le statut d’assistante socio-éducative se rapproche de celui d’assistante en santé et soins communautaire (ASSC). «Ces profils sont différents et complémentaires, ajoute Christine Guinard Dumas. Leur vision également.»
Créé: 09.01.2017, 11h26
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