Fort scepticisme vaudois face à l’accord avec le Mercosur

Grand ConseilLes députés veulent se distancier de l’accord de libre-échange avec plusieurs pays d’Amérique du Sud. La droite est divisée.

«Avec cet accord, on encourage la déforestation, car les entreprises brésiliennes pourront exporter davantage», estime le député UDC Yvan Pahud.

«Avec cet accord, on encourage la déforestation, car les entreprises brésiliennes pourront exporter davantage», estime le député UDC Yvan Pahud. Image: Jean-Bernard Sieber/ARC

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Pour l’instant, on ne connaît pas encore les détails de l’accord de libre-échange avec le Mercosur, qui regroupe plusieurs pays d’Amérique latine. Mais ça n’empêche pas d’être méfiant à l’égard de ce texte défendu par Guy Parmelin, voire de s’y opposer. Le Grand Conseil l’a bien fait savoir mardi, par la voix de la gauche, du centre et d’une partie de la droite.

Le Grand Conseil a en effet adopté deux textes déposés par le Vert Raphaël Mahaïm et l’UDC Yvan Pahud. Le premier demande au Conseil d’État de persuader l’Assemblée fédérale qu’il faut faire voter la population sur cet accord. Le second veut en exclure les produits agricoles. L’un a été accepté par 74 voix contre 60 (avec trois abstentions) et l’autre par 77 députés contre 33 (avec 10 abstentions).

Encouragement à la déforestation?

«Avec cet accord, on encourage la déforestation, car les entreprises brésiliennes pourront exporter davantage, estime Yvan Pahud. L’UDC a toujours été droite dans ses bottes pour soumettre les accords internationaux au peuple. Il faut le faire aussi pour cet accord-là.»

L’argument de la déforestation? Avec celui des feux de forêt qui sévissent en ce moment en Amazonie, il est beaucoup utilisé par le camp des anti-accord. «Nous parlons ici de bœufs bourrés aux hormones et aux antibiotiques, de concurrence déloyale, de risque pour nos agriculteurs», ajoute le socialiste Jean Tschopp.

Deux camps

La question montre surtout une division importante de la droite. D’un côté, comme Yvan Pahud, on trouve ceux qui s’inquiètent pour l’environnement et l’agriculture. En face, il y a ceux qui estiment qu’on ne peut rien décider avant d’avoir le détail de l’accord et que les entreprises ont besoin de commercer facilement avec l’Amérique du Sud, notamment le Brésil.

C’est le cas notamment de Carole Dubois, la cheffe du groupe PLR: «Nous devons défendre nos entreprises, avec la suppression de barrières douanières. Avant de prendre une décision, il faut savoir sur quoi nous votons. Ce n’est pas en refusant un accord que nous sauverons l’Amazonie.» La formule originale est d’Isabelle Chevalley, conseillère nationale Vert’libérale qui soutient l’accord. Mais pour le coup, celle-ci a été désavouée par ses collègues de parti mardi.

Au rayon de la défense des entreprises, le PLR Guy-Philippe Bolay note l’importance du marché brésilien. «Un accord permettrait de supprimer à terme les droits de douane de 96% des produits suisses exportés», explique le vice-directeur de la Chambre vaudoise de commerce et d’industrie (CVCI). Il a été désavoué par la majorité du parlement.

Créé: 03.09.2019, 16h02

Articles en relation

«Il n'y a pas plus spécialisée que l'UDC pour parler de l'environnement»

Élections fédérales 2019 En plus de ses thèmes phares (sécurité, immigration et Union européenne), le parti axe sa campagne électorale sur le climat. Sa solution: consommer local. Plus...

Guy Parmelin passe sa première épreuve du feu avec le Mercosur

Libre-échange Le ministre de l'Economie devra batailler ferme s’il veut faire avaler au parlement l’accord. Le calendrier sert déjà ses détracteurs. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.