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FORTA séduit les Exécutifs de gauche

Des élus roses-verts soutiennent le fonds routier combattu par leur parti.

Nuria Gorrite, conseillère d’Etat vaudoise, et Daniel Brélaz, ancien syndic de Lausanne et conseiller national, sont favorables au projet Forta.
Nuria Gorrite, conseillère d’Etat vaudoise, et Daniel Brélaz, ancien syndic de Lausanne et conseiller national, sont favorables au projet Forta.
Keystone

Le comité de gauche en faveur du fonds Forta a lancé lundi sa campagne en vue de la votation du 12 février. Les lignes de fracture sont à chercher du côté gauche de l’échiquier politique, en ce début d’année. La troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III), également soumise à votation le mois prochain, a vu naître des divergences entre les partis de gauche et leurs représentants dans les gouvernements cantonaux, comme à Bâle, Neuchâtel ou Vaud. La dissonance est encore plus criante dans le cas du fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (Forta). Le Parti socialiste suisse et les Verts suisses sont contre. Ils jugent le financement en faveur de la route disproportionné. En face, le comité de gauche «Pour les agglomérations et les régions» juge important «d’exprimer une autre sensibilité».

Nuria Gorrite, conseillère d’Etat (VD/PS) était entourée d’élus fédéraux romands, lundi matin. «Ce n’est pas étonnant que des gens de gauche en Suisse romande soutiennent ce fonds, c’est une région où il y a eu clairement un sous-investissement de la Confédération en la matière», relève la cheffe du Département des infrastructures. Pour le conseiller national Manuel Tornare (GE/PS) «Forta n’est peut-être pas la solution miracle, mais il apporte des réponses. Les opposants ne parlent jamais de financement. Les élus des Exécutifs, ou ceux qui l’ont été, sont souvent plus proches des réalités que du dogmatisme», termine l’ancien maire de Genève. Les gouvernements des cantons de Vaud, de Genève et de Neuchâtel soutiennent Forta.

La «carotte» des agglos

Un autre ancien syndic, celui de Lausanne, estime qu’en cas d’échec il n’y aura plus de financement pour les agglomérations: «Avec Forta, 390 millions par année sont assurés au moins jusqu’en 2030», insiste Daniel Brélaz, désormais conseiller national (VD/Verts). Le nom de leur comité n’est pas trompeur, les partisans de gauche anglent principalement leur campagne sur les «agglos», comme le souligne la sénatrice Géraldine Savary (VD/PS): «Il y a une argumentation autour des agglomérations qui doit aussi se faire entendre dans ce débat sur Forta.»

Même parti, autre point de vue. Valérie Schwaar, députée socialiste et secrétaire générale de l’Association Transports et Environnement Vaud, est opposée à Forta. «Aux Chambres fédérales, la droite a fait un hold-up sur ce fonds, le trafic d’agglomération n’est qu’une carotte, estime-t-elle. Le financement de Forta est complètement déséquilibré. Il pille les caisses de la Confédération. Faut-il réserver autant d’argent pour la route, alors qu’il y a des enjeux autrement plus importants, comme l’AVS ou la santé?»

Pour Nuria Gorrite, la réponse est oui. «Ce serait une erreur historique de ne pas se doter d’une vision multimodale, tout comme de ne pas entretenir le réseau autoroutier dont nous avons hérité.» Un refus rallumerait la guerre entre le rail et la route, pense la conseillère d’Etat: «Et les transports publics seraient perdants.»

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