La FRC relance une initiative pour des caisses cantonales

Assurance-maladieL’association de consommateurs veut créer des primes cantonales uniques. En tentant aussi de dépolitiser la question.

Mathieu Fleury, secrétaire de la FRC, aimerait dépasser les clivages politiques.

Mathieu Fleury, secrétaire de la FRC, aimerait dépasser les clivages politiques. Image: Florian Cella

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une nouvelle initiative populaire sur la santé pointe à l’horizon. Un projet porté par la Fédération romande des consommateurs (FRC). Quatorze mois après le rejet de l’initiative «Pour une caisse publique d’assurance-maladie», torpillée en septembre 2014 par 61,8% des votants, la FRC veut à nouveau proposer aux Suisses de créer des caisses cantonales. Le projet d’initiative est prêt, annonçait hier matin la RTS. Mais pourquoi remettre la compresse si vite après un refus populaire? «C’est une proposition différente, nouvelle et qui devrait même surprendre le monde», promet Mathieu Fleury, secrétaire de la FRC.

L’association estime urgent d’agir. «Les défauts structurels de l’assurance-maladie n’ont pas été corrigés, constate l’association. La loi sur la surveillance des caisses ne se donne pas les moyens de son ambition. Le scandale des primes payées en trop n’a que partiellement été réglé. Et les coûts de la santé augmentent toujours.» Alors, quel est le remède, docteur? La FRC ne dit pas grand-chose pour l’heure et dévoilera le contenu de son texte le 29 février à Berne.

Mathieu Fleury précise seulement qu’il entend «dépolitiser le débat et dépasser les blocages idéologiques» sur la question. Les deux précédentes initiatives étaient initiées par la gauche. Cette fois, c’est une association apolitique qui porte le texte et l’ambition affichée est de trouver des soutiens à droite. Un signe: le conseiller d’Etat genevois Mauro Poggia (MCG) se déplacera à Berne pour la présentation du texte, le 29 février. Mais le Vaudois Pierre-Yves Maillard (PS), chaud partisan d’une réforme, ne figure pas pour l’heure sur le carton d’invitation. Et il n’a pas souhaité s’exprimer hier.

Le modèle Maillard

Selon nos informations, le texte de l’initiative ressemble pourtant de très près au mécanisme que Pierre-Yves Maillard décrivait pour 24 heures l’an dernier: «Je défends un modèle de caisse de compensation cantonale. Cette institution encaisse toutes les primes. La prime cantonale unique évolue strictement avec les coûts, et cela pour tous les Vaudois. Finies la chasse aux bons risques et les primes qui varient du simple au double pour les mêmes prestations. Ce système permet aussi de conserver le libre choix de son prestataire administratif. Les assurances continuent à faire leur travail en vérifiant les factures et déclenchant les remboursements.»

Reste à convaincre, non seulement la droite, mais aussi la Suisse alémanique: les seuls cantons à avoir accepté une «étatisation» du système en 2014 étaient Vaud, Genève, Neuchâtel et le Jura. «C’est jouable car cette nouvelle proposition ne change pas tout, veut croire Jean-François Steiert (PS/FR), membre de la Commission de santé du National. Même à droite, beaucoup de gens voient que le système actuel dérape. En plus, des prestataires de soins comme les hôpitaux ou les médecins en ont marre du diktat des assureurs.»

Le projet serait d’autant moins une «utopie gauchiste», à entendre les initiants, que Jean-Paul Diserens, fondateur de la caisse Assura, prônait lui-même la création de primes cantonales uniques: «Ce serait justifié car la gestion par les cantons de l’offre sanitaire a une incidence sur les coûts», disait-il en 2015. La FRC se donne un autre moyen pour tenter de convaincre les plus sceptiques: elle ne lancera pas vraiment son texte le 29 février. «Nous allons d’abord le présenter et le mettre en consultation, dit Mathieu Fleury. Nous voulons entendre les critiques des patients, des prestataires de soins et même des assureurs. Puis nous corrigerons le texte en fonction des remarques avant de le déposer.» La consultation pourrait durer deux mois.

Créé: 18.02.2016, 06h39

«Pas une grosse machine»

Mauro Poggia pense tenir, avec cette initiative, un antibiotique capable de soigner un système de santé défaillant: «Cette initiative n’instaure pas de grosse machine administrative ni?des caisses maladie publiques, souligne le conseiller d’Etat genevois (MCG) en charge de la Santé. Les assureurs maladie privés seraient toujours là, mais les réserves resteraient dans les cantons et les primes seraient identiques.» Le but n’est pas de tout niveler: «On garderait des primes par tranches d’âge ainsi que les franchises exis­tantes, mais deux personnes qui ont le même âge dans le?même canton paieraient la même prime.»

La panacée? Isabelle Moret (PLR/VD) se pince pour y croire: «Si on institue une prime?unique, on enlève aux assurés la?motivation de choisir une?assurance plutôt qu’une autre. Si?on enlève aux assureurs la?liberté de gestion des actifs et?des frais administratifs, que reste-t-il?» s’exclame la conseillère nationale. Et de dénoncer «une énième tentative pour faire revenir la caisse unique par la fenêtre. On ferait mieux de travailler à des solutions pour maîtriser les coûts de la santé!» Mauro Poggia admet que l’initiative n’opérera pas de miracle sur le montant des primes: «Evitons de faire des?fausses promesses, dit le Genevois. Mais notre système garantit aux Vaudois et aux Genevois que leurs primes serviront à payer les coûts réels et pas à des financements croisés sur lesquels nous n’avons aucun contrôle.»

Articles en relation

Le laisser-faire coûte cher à la santé

L'invitée Cesla Amarelle rappelle que l'ouverture d’un cabinet génère des coûts supplémentaires à charge de l’assurance-maladie de l’ordre de 500 000 francs par année. Plus...

«Les assureurs veulent juste prendre le pouvoir»

Assurance-maladie Le ministre vaudois de la Santé calcule les conséquences de la décision de lever la clause du besoin visant les cabinets médicaux Plus...

Les subsides aux assurés LAMal coûtent un bras au Canton

Primes maladie Vaud a dépensé plus de 495 millions, en 2015, pour aider à payer les primes. Il serait pourtant possible de réduire la facture. Plus...

Qui touchera les nouveaux subsides à l'assurance-maladie?

LAMal Le plafonnement des primes à 10% maximum des revenus a été voté le mois dernier. Des incertitudes planent sur l'entrée en vigueur de la mesure Plus...

Vaud et Genève sont fous de rage contre la fin abrupte du moratoire des médecins

Santé Editorial Les cantons ne pourront plus geler l’ouverture de nouveaux cabinets. Et prédisent une hausse des primes. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.