Le front social se tend chez les électriciens

Conflit du travailLe patronat déplore la dernière action du comité emmené par Unia.

Des ouvriers de l'entreprise d'électricité Lassueur SA, à Yverdon-les-Bains, s'étaient sont mis en grève, le 26 juillet, avec l'appui du Comité d'action et du syndicat UNIA.

Des ouvriers de l'entreprise d'électricité Lassueur SA, à Yverdon-les-Bains, s'étaient sont mis en grève, le 26 juillet, avec l'appui du Comité d'action et du syndicat UNIA. Image: VB

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les deux camps prônent l’apaisement mais peinent à cacher leur agacement. Depuis la création en mars 2016 d’un Comité d’action des électros vaudois au sein du syndicat Unia (voir 24 heures du 19 mai 2017), le climat social s’est en effet détérioré. Réclamant une revalorisation de la profession, l’entité a notamment mené deux actions retentissantes envers des entreprises vaudoises pour réclamer des arriérés de salaires. Et la dernière en date, auprès de Lassueur SA à Yverdon-les-Bains (voir 24 heures du 27 juillet 2017), a visiblement laissé des traces du côté du patron en question et de l’Association cantonale vaudoise des installateurs-électriciens (ACVIE).

«Les méthodes employées prouvent une nouvelle fois que la paix sociale n’est pas respectée», regrette la direction de l’ACVIE. Le patronat reproche au Comité d’action son occupation des locaux, des pancartes jugées injurieuses et des attaques sur la sphère privée du patron. Ce dernier s’émeut: «On ne peut pas détruire une famille et une entreprise de cette manière. Ils m’ont brisé ainsi que mon épouse. Tout ça pour 28 jours de retard alors que mes collaborateurs avaient accepté verbalement un versement différé».

«Les méthodes employées prouvent une nouvelle fois que la paix sociale n’est pas respectée»

Si, dans ce dossier, les deux parties s’opposent sur les chiffres et les contours de la Convention collective de travail, c’est bien le mode opératoire qui suscite le plus de crispations. La direction de l’ACVIE déplore que le Comité d’action contourne les processus de dialogue habituels et privilégie la manière forte. «Nous œuvrons comme ça dans tous les secteurs, tout simplement car des travailleurs nous contactent dans des situations d’urgence sociale, répond Laurent Tettamanti, secrétaire syndical à Unia. Nous estimons avoir été modérés puisque la grève a été levée rapidement. Les employés ont souhaité faire confiance aux promesses de leur employeur. Nous les avons écoutés car nous ne sommes pas là pour batailler à tout prix.»

Sceptique, le patronat indique que des discussions auront lieu avec le groupement des associations romandes des installateurs électriciens (GARIE) pour décider d’éventuelles actions. Dans ce contexte, la renégociation de la Convention collective de travail en 2018 s’annonce épineuse. «Nous demandons simplement à l’ACVIE de répondre sur le fond de nos préoccupations au lieu de chercher à faire diversion. Nous sommes ouverts au dialogue mais nous n’allons pas systématiquement nous coucher devant eux», prévient Pablo Guarino, secrétaire syndical Unia.

Créé: 07.08.2017, 11h49

Articles en relation

«Dévalorisés», les électriciens montent au front

Conflit du travail S’estimant mal payés et peu considérés, des «électros» vaudois ont créé un Comité d’action qui irrite le patronat. Plus...

Les électriciens donnent de la voix à la Riponne

Conflit du travail En lutte pour une revalorisation de la branche, ils étaient environ 70 à manifester mardi avec l'appui du syndicat Unia Plus...

Les installateurs-électriciens ont manifesté

Tolochenaz La profession veut négocier des améliorations à sa convention collective de travail Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.