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Sur le front des soins à domicile

Les professionnels qui chaque jour viennent en aide à des personnes qui ne peuvent sortir de chez elles se sentent eux aussi mis en danger.

La colère et l’inquiétude transparaissent dans le témoignage de cette intérimaire active dans les soins à domicile et qui préfère ne pas révéler son nom pour se livrer. «Depuis lundi, je refuse les missions que le CMS Vevey Ouest me propose. Je n’ai pas envie de mettre ma fille en danger lorsque je rentre le soir à la maison.» La professionnelle, qui en temps normal visite quotidiennement trois personnes différentes pour les aider à se nourrir et faire leur toilette, s’inquiète pour les collègues. «Les mesures sanitaires ne sont pas suffisantes! Se laver les mains, porter un masque et une blouse, je ne pense pas que cela protège efficacement. On ne sait pas combien de personnes sont passées avant nous et si elles ont pris les précautions nécessaires...»

Personnes à risque

Pour cette infirmière à domicile, qui préfère également garder l’anonymat de peur de perdre son emploi, la colère est aussi de mise. «On ne nous entend pas à la radio ou à la télévision. Pourtant nous prenons tous les jours le risque d'aller au devant de la maladie. Comme les enseignants qui s'occupent des enfants, les policiers ou les vendeuses, d'ailleurs.» Selon elle, tous les soignants devraient être systématiquement dépistés. «Je peux être porteuse saine du virus; mes patients aussi. Nous faisons des soins, des toilettes... Certes avec un masque et les précautions d'usage, mais cela ne suffit pas. Il faut nous considérer comme des personnes à risque parce que si on tombe malade et qu'on ne peut plus travailler, que se passera-t-il?»

En sécurité à la maison

José Rohrer, le directeur général adjoint de l’AVASAD (Association vaudoise des soins à domicile), assure quant à lui que la sécurité des collaborateurs demeure sa priorité, tout en veillant à garantir celle des clients.

Quelque 5000 personnes travaillent pour l’AVASAD. Pour le moment, 35 collaborateurs sont infectés, mais ils ont tous moins de 65 ans. En temps normal, 43 aînés (pour 8 équivalents temps-plein) travaillent pour les structures vaudoises de soins et aide à domicile. Pour les protéger, ils ont été libéré de leur fonction. «Les associations de bénévoles ont pris des mesures pour protéger les plus fragiles parmi ceux qui livrent les repas ou effectuent des transports de personnes en les mettant en sécurité à la maison.»

Et pour ce qui est des précautions prises par les collaborateurs qui continuent à oeuvrer à domicile et dans les centres médicaux sociaux, le directeur détaille: «Nous avons des procédures connues de tous, qui rappellent les précautions standard à observer, soit le port du masque chirurgical obligatoire en tout temps, le lavage des mains, la distance à garder quand cela est possible.» Et si le patient qui nécessite des soins à domicile a été testé positif au coronavirus, des mesures additionnelles sont prévues. «En plus du masque, le collaborateur porte des lunettes en plexiglas ainsi que des gants et une surblouse à usage unique.»

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