Les futurs infirmiers révisent sur des patients virtuels

FormationL’école lausannoise de soins infirmiers La Source a développé un outil d’entraînement inédit en vue d’améliorer la sécurité des soins

Ce que voit l'étudiants en soins infirmiers, muni de son casque et immergé dans un monde virtuel. Ce patient attend une transfusion sanguine. L'occasion de s'exercer et de répéter chaque geste.

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Debout devant un simple ordinateur portable, l’étudiante en soins infirmiers se munit d’un casque et de manettes. Un code d’accès plus tard, la voici propulsée au lit d’un patient à qui il s’agit de faire une transfusion sanguine. Lever le malade, vérifier son dossier, l’ausculter, le piquer… La future infirmière enchaîne les gestes. Si elle ne respecte pas une étape du protocole de soins – par exemple la désinfection ultime des mains avant la transfusion — elle en est informée à l’issue de sa session.

Ce dispositif de réalité virtuelle a été développé par la start-up UbiSim, basée à l’EPFL, et l’Institut et Haute École de la santé La Source. L’institution lausannoise, qui s’est dotée en 2011 d’un laboratoire de simulation sur des mannequins à Sébeillon, franchit un pas supplémentaire en transposant les exercices dans le monde virtuel. Une façon peu onéreuse de faciliter l’accès aux faux patients pour se faire la main.

Le directeur, Jacques Chapuis, évoque un «outil pédagogique complémentaire bienvenu. La réalité virtuelle immersive offre l’opportunité de s’exercer autant de fois que nécessaire, de répéter les gestes en toute liberté, sans contrainte de temps, de matériel de soins ou la présence d’un soignant.»

Deux équipements sont à disposition des étudiants. Il n’est pas exclu qu’ils puissent un jour s’entraîner directement chez eux. La technique a été testée avec succès par une première volée. Elle sera proposée aux autres écoles et aux professionnels du terrain. Une infirmière qui change de service et n’a pas fait de transfusion depuis longtemps, par exemple. «Un doute sur un soin? Quinze minutes de réalité virtuelle suffisent à répondre à toutes ses questions», assure La Source.

Bientôt pour tous

In fine, il s’agit de participer à l’amélioration de la qualité des soins et de la sécurité des patients. En 2016, plus de 1000 accidents liés à la transfusion sanguine ont été déclarés, dont 15 décès. Une grande partie aurait pu être évitée si le soignant avait respecté les bonnes pratiques. «L’acte transfusionnel est fréquent et potentiellement dangereux, rappelle la Dre Dominique Truchot-Cardot, vice-doyenne de l’innovation à La Source. Améliorer la sécurité passe par un entraînement fréquent des gestes.» Le scénario permet de simuler toutes sortes de couacs. Une allergie, par exemple. «C’est un accélérateur formidable pour se préparer à des situations que l’étudiant est censé reconnaître mais auxquelles il est rarement confronté», relève Jacques Chapuis.

Neuf étudiants ont participé à l’élaboration de la plateforme à la faveur d’un module à option. «Nous avons pu collaborer avec les ingénieurs pour que l’outil réponde vraiment à nos besoins», se félicite German Schläpfer, élève en troisième année. Après la transfusion sanguine, le prochain scénario proposé en simulation immersive sera celui de l’évaluation clinique. UbiSim travaille aussi sur le dosage médicamenteux pour le compte de la Croix-Rouge. Gauthier Dubruel, cofondateur de la start-up, se montre confiant: «Les applications de la réalité virtuelle pour la formation professionnelle sont nombreuses.» (24 heures)

Créé: 16.05.2018, 18h49

Casque sur les yeux, les étudiants s’exercent à la transfusion sanguine sur ce faux patient. Chaque erreur est signalée. (Image: Philippe Maeder)

En chiffres

1500 Le prix, en francs, de l’équipement informatique.

1000 Le nombre de patients qui meurent chaque année en Suisse des suites d’une erreur médicale. Pouvoir s’exercer en tout temps grâce à la réalité virtuelle devrait améliorer la sécurité des soins.

145 Le nombre d’étudiants de La Source (sur 1000 au total) qui ont testé le dispositif avec succès.

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