Les garderies au cœur de la bataille électorale
Grand ConseilLe parlement a changé sa décision sur les horaires des crèches. A trois mois des élections, le débat est crispé.
En 2009, les Vaudois ont dit «oui» à l’école «à journée continue». Huit ans plus tard, le Grand Conseil se penche enfin sur les modifications de la loi sur l’accueil de jour des enfants (LAJE). Et comme il reste trois mois jusqu’aux élections cantonales, cette LAJE est l’objet d’une sacrée bataille politique.
Le Grand Conseil a terminé ce mardi son deuxième débat. Tout se jouera au troisième débat sur un point très particulier: savoir s’il faut obliger les communes à ouvrir des structures d’accueil le mercredi après-midi pour les enfants jusqu’à 8 ans ou jusqu’à 10 ans. La droite plaide pour 8 ans, pour des raisons d’économie, et a gagné il y a deux semaines par 67 voix contre 64. La gauche veut la solution à 10 ans, pour faciliter la vie des familles et a remporté la deuxième manche ce mardi avec 73 voix contre 68.
Si la gauche l’emporte, cela sera un bon point pour la conseillère d’Etat socialiste Nuria Gorrite. Résultat: les fronts sont crispés. Ce mardi les accusations d’électoralisme, de «fumisterie», de «coup en dessous de la ceinture», d’inexactitude, voire parfois d’égocentrisme, sont ressorties des débats.
«Si nous faisons de la politique en nous reposant sur notre vie personnelle, nous n’irons pas très loin», a adressé le démocrate-chrétien Manuel Donzé aux députés de droite qui expliquaient n’avoir jamais placé leurs enfants en garderie.
«Les enfants ne sont pas des objets», a même plaidé la cheffe des députés socialistes, Valérie Induni. Quant au libéral-radical Pierre-Alain Urfer, il a comme d’autres accusé le Conseil d’Etat d’avoir «sous-estimé» les possibles coûts de la solution d’un accueil obligatoire jusqu’à 10 ans le mercredi.
Selon le gouvernement, le Canton et les communes devront débourser moins de 100'000 francs supplémentaires par rapport à l’option «8 ans». La question est même devenue l’occasion de mêler des thèmes larges: autonomie communale, pendularité des habitants de la campagne, et même fiscalité. Ainsi le chef du groupe PLR, Marc-Olivier Buffat, a-t-il tenu à savoir s’il faudrait «détricoter» la LAJE si les Suisses disent non à la troisième réforme de l’imposition des entreprises (RIE III) le 12 février. «Certaines prestations de la LAJE font partie des compensations sociales aux baisses fiscales de la RIE III cantonale acceptée l’an dernier par les Vaudois», estime-t-il.
Réponse de Nuria Gorrite: «Il n’y a pas d’automaticité» entre un refus et un détricotage. Le Conseil d’Etat analysera différents scénarios, selon elle. Avec, comme conclusion de la ministre: «Avec cette réponse, je ne suis pas sûre d’avoir aidé votre campagne.»
Créé: 24.01.2017, 22h47
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