La gauche veut unifier le salaire des policiers

SécuritéL’harmonisation du statut des agents devait être réglée en 2015. Le dossier est gelé jusqu’en 2022. Trop long pour le PS et les syndicats.

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Dix ans. Au rythme actuel, les policiers devraient avoir attendu au minimum dix ans pour voir leurs salaires harmonisés. La réforme policière vaudoise est entrée en vigueur en 2012. Mais le Conseil d’État et les communes ont mis entre parenthèses jusqu’en 2022 leurs discussions autour du statut et du salaire des policiers cantonaux et communaux.

Faut-il booster les choses, alors que la loi prévoyait un délai jusqu’à 2015? Le Grand Conseil y répondra dans les mois qui viennent. Les députés devront en effet discuter d’une motion déposée par le Parti socialiste.

«Le statut doit être identique entre les policiers cantonaux et ceux des neuf polices communales, commente Stéphane Balet, auteur de la motion en question. La plupart des corps de police sont intercommunaux, mais la question est cantonale de par la loi sur l’organisation policière vaudoise. Il n’est pas normal qu’il y ait des grandes différences de salaire entre les diverses polices.»

C’est la grogne des policiers yverdonnois, l’an dernier, qui l’a poussé à remettre le dossier sur la table du Grand Conseil. Cette actualité tombe alors que les agents de la Riviera ont, eux aussi, fait part publiquement de leur mécontentement il y a une semaine.

Salaire, vacances, retraites

La révision de leur statut est un combat que les policiers mènent depuis de nombreuses années. «Cette motion va dans le bon sens et je l’applaudis des deux mains. Cela devait être l’un des premiers points à traiter dans la réforme policière», estime Mirko Haari, sergent-major au sein de la police de l’Est lausannois et président de la section Lavaux de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP). Il rappelle que la question du statut est plus large que le simple salaire: caisses de pension, temps de travail, indemnités, vacances, heures supplémentaires, etc.

Attention toutefois aux mots, ajoute le policier. Alors que le PS parle de statut «unifié», les agents préfèrent parler de statut «harmonisé». «Notre objectif n’est pas que chaque corps de police soit identique. Mais que les salaires soient sur une même ligne, avec possibilité de les adapter.»

Écarts jusqu’à 2700 francs

Personne ne donne le détail des salaires des policiers. Tous estiment que le calcul est complexe, à cause des particularités de chaque police. Mais des éléments de réponse pointent ici ou là. Les chiffres transmis à «24 heures» par les policiers de la Riviera montraient des différences allant de 200 francs à 1400 francs en fonction de l’ancienneté. Mais pour Stéphane Balet, l’écart peut aller jusqu’à 2700 francs par mois, à grade et fonction similaires. «Il s’agit du pire des cas de figure, nuance le député. Les autorités communales disent ne rien pouvoir faire sans statut unifié. Il faut donc une solution au niveau cantonal.»

Parmi les signataires de la demande, on trouve le député socialiste Vincent Jaques, également syndic de Morges. Sa ville fait partie de la Police Région Morges (PRM), avec cinq autres communes. Voit-il sa police comme un modèle salarial? «Je n’ai pas regardé les chiffres, explique Vincent Jaques. Je suis un défenseur de la police coordonnée et je ne me positionne pas comme syndic. En signant cette demande, je me pose plutôt la question de savoir s’il est normal de favoriser la concurrence salariale entre les polices. J’estime que non.»

Si l’État et les communes renvoient les discussions à 2022, c’est pour éviter de déterrer la hache de guerre à propos de la facture policière. Chaque année, les communes versent environ 60 millions de francs à l’État pour la sécurité, et le calcul ne fait pratiquement que des déçus. «Quel que soit le statut des policiers finalement choisi, cela coûtera aux communes, note un officier vaudois. Or, on tire au mince dans certains villages.» (24 heures)

Créé: 07.05.2018, 20h25

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