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Elle a l’âge des Verts vaudois et rêve d’une écologie pratique, au quotidien

Alice Genoud est une de ces vingtenaires qui rafraîchissent les Verts vaudois au moment où le parti fête ses 20 ans.

Alice Genoud fait l’éloge du débat d’idées chez les Verts vaudois, «riche et respectueux».
Alice Genoud fait l’éloge du débat d’idées chez les Verts vaudois, «riche et respectueux».
Florian Cella

Quand, en décembre 2015, Laurent Rebeaud décède dans un accident de scooter, c’est Alice Genoud qui lui succède au Conseil communal de Lausanne. Il était un pionnier de l’écologie en Suisse, un pilier des Verts vaudois. Elle a la jeunesse de la génération née avec ces derniers, qui fêtaient hier leurs 20 ans.

L’histoire du parti, l’héritage des pionniers? Alice Genoud, 25 ans, avoue qu’elle n’en connaît que des bribes. Le rire espiègle, elle précise: «L’essentiel est ailleurs. Les valeurs des pionniers sont pérennes. Ce sont mes valeurs, je les vis dans notre parti qui est le seul à faire de la politique en valorisant le long terme.»

Les valeurs écologistes, veut croire Alice Genoud, sont «requises plus que jamais» au moment où le climat se réchauffe, où les ressources énergétiques classiques viennent à manquer. «Notre société du gaspillage n’est plus acceptable. Nous avons la responsabilité d’agir pour laisser aux suivants une planète habitable.»

Une histoire mal connue

Davantage que les hauts faits des figures qui ont écrit l’histoire des Verts vaudois ces vingt dernières années (lire ci-contre), ce sont les nombreux voyages éloignés, sac au dos, qui ont forgé sa conscience politique et son esprit militant pour l’écologie.

En Inde, elle découvre les contrastes entre la richesse de quelques nantis et une pauvreté qui saute aux yeux dans la rue. Une image la marque: les montagnes de déchets sur lesquels jouent des enfants dans les bidonvilles de Delhi. La sensibilité à la nature précaire mais si précieuse lui vient des balades en famille de son enfance et de son adolescence.

Elle n’a pas particulièrement lu les théoriciens de l’environnement. Small Is Beautiful, le best-seller de la décroissance, attend sur sa table de chevet. Une anecdote dans sa trajectoire? Une visite, avec sa classe, au municipal lausannois Olivier Français, Monsieur M2. «Ça m’a confortée dans l’envie de m’engager.» Elle a 16 ans quand elle entre chez les Verts: «J’y ai trouvé un lieu de débat en toute liberté, une envie de faire des choses qui ont du sens.»

Concrètement? Elle a admiré l’esprit du film Demain, qui a popularisé toute une série d’actions locales réalisées sur tous les continents pour promouvoir un mode de vie plus respectueux de l’environnement. Des actions qu’elle met en avant? Favoriser la qualité de vie dans nos villes en valorisant les espaces verts et en réduisant le trafic automobile; créer du lien social autour de projets de quartier comme gérer un potager collectif; obtenir la réduction de la vitesse autorisée dans les rues d’un quartier ou d’un village.

Il y a une année, son master en science politique a été couronné par un travail de terrain, à Istanbul, sur le thème du mieux vivre en ville. Elle a ensuite été engagée par Equiterre, bureau qui accompagne les communes et les privés dans la réalisation d’actions de développement durable dans l’esprit de l’Agenda 2030.

Idéaliste et pragmatique

Elle n’a pas peur de le dire: «Je suis une idéaliste!» En même temps, elle s’engage pour des résultats tangibles. A propos des Verts et de leur réputation élitaire, elle reconnaît que le parti peut faire mieux: «L’écologie ne doit pas être un bastion réservé aux bobos.» Elle cite en exemple une séance de quartier à Chavannes, l’autre soir, où plus de cent personnes s’étaient déplacées avec la motivation de créer un potager collectif. «Les Verts ont parfois été trop théoriciens et trop portés sur le catastrophisme. Il faut convaincre avec des actions positives.»

Cette dernière décennie, de nombreux vingtenaires ont adhéré aux Verts vaudois. Le président du parti, Alberto Mocchi, vient tout juste de fêter ses 30 ans. Ce renouvellement bouscule parfois un peu le parti, mais sans chaos ni crise. La liberté d’expression et le respect de tous les avis sont la marque de fabrique des Verts, pense la conseillère communale lausannoise. Sans doute un héritage de la fusion, il y a vingt ans, entre le Groupement pour l’environnement et Alternative socialiste verte, à l’origine du parti les Verts. Entre la maîtrise de la croissance – le développement durable – et une rupture vers la décroissance, la jeune femme n’a pas fait son choix. Elle pressent que ce débat occupera le parti ces vingt prochaines années.

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