Genève-Cliniques accuse Pierre-Yves Maillard de «tromper» le public

SantéLa liberté du patient de se faire hospitaliser où il le souhaite fait l’objet d’une dispute qui s’envenime.

Pierre-Yves Maillard relie la récente hausse des coûts de la santé au nouveau financement hospitalier.

Pierre-Yves Maillard relie la récente hausse des coûts de la santé au nouveau financement hospitalier. Image: Marius Affolter

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Gilles Rufenacht, président de Genève-Cliniques, défend une application intégrale de la concurrence entre médecine privée et médecine publique. Les déclarations de Pierre-Yves Maillard dans 24 Heures, samedi dernier, sur les coûts de la santé dans le canton de Vaud l’ont «choqué». Assez pour qu’il décide de répliquer. Il accusait lundi le conseiller d’Etat vaudois de «tromper» le public par une «tentative de dissimulation».

La querelle entre ces deux personnalités ne constitue pas une surprise. Le patron de la Santé publique vaudoise est sévère avec la réforme d’inspiration libérale du financement de la santé; le président de l’association des cliniques genevoises, au contraire, en est sans doute l’avocat le plus déterminé en Suisse romande.

Concurrence

Pierre-Yves Maillard relie la récente hausse des coûts de la santé au nouveau financement hospitalier; Gilles Rufenacht le contredit: «C’est la mauvaise application par Vaud et Genève du principe de concurrence promu dans cette réforme qui engendre la hausse des coûts.» A l’entendre, c’est tout simple: les cliniques privées travaillent moins cher que les hôpitaux publics; en ne le reconnaissant pas et en renonçant à s’appuyer davantage sur la médecine privée, Vaud et Genève font le choix d’une solution plus onéreuse.

C’est incontesté, les cantons latins restreignent l’activité des cliniques privées davantage que les cantons alémaniques pour les soins de l’assurance de base. Peut-on en déduire des effets très différents sur les coûts? Vice-directeur à l’Office fédéral de la santé publique, Oliver Peters assure qu’il n’y a «aucune évidence pour l’instant». Une vaste étude conduite par son office répondra au plus tôt en 2018.

Vaud gagne une manche

Dans l’immédiat, trois cliniques genevoises ont perdu cet été une manche devant la justice vaudoise. Elles contestaient la décision du Canton de Vaud de ne pas participer à la facture d’un patient vaudois soigné dans leurs établissements pour des soins relevant de l’assurance de base. La Cour vaudoise des assurances sociales a estimé que Vaud a des raisons valables de suspendre sa participation aux coûts dans ce contexte intercantonal. Les trois cliniques vont recourir au Tribunal fédéral. Un conflit similaire oppose les cliniques vaudoises au Canton de Genève. La jurisprudence du TF fixera l’étendue de la concurrence acceptable sur ce marché disputé.

Créé: 15.09.2015, 07h02

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