Une Genevoise devient stratège du PS vaudois

Politique Née en Russie, Olga Baranova est la nouvelle secrétaire des socialistes. Le PS a dégoté une experte en com, formée à la dure à Genève et à Berne

Avec le profil bernois et genevois d’Olga Baranova, le PS se prépare aux élections fédérales de 2019. L’an dernier, il a perdu quatre députés sur 41 aux élections cantonales.

Avec le profil bernois et genevois d’Olga Baranova, le PS se prépare aux élections fédérales de 2019. L’an dernier, il a perdu quatre députés sur 41 aux élections cantonales. Image: Vanessa Cardoso

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Sa première mission: trouver des endroits où sortir à Lausanne. Si Olga Baranova est la nouvelle gardienne du temple socialiste vaudois depuis deux semaines, le fait est qu’elle n’est pas encore une habituée de Lausanne. Et elle n’hésite pas à le faire savoir sur les réseaux sociaux pour trouver de nouveaux points de chute dans la capitale vaudoise.

Car oui, le PS Vaud s’est dégoté une nouvelle secrétaire générale hors sol, pourrait-on dire. Son nom ne dit rien dans le landerneau politique vaudois. Car cette fille d’immigrés russes, qui a grandi en Allemagne, s’est formée à la politique à Genève, là où le combat est virulent, et au secrétariat central du parti national à Berne.

PS vaudois en baisse

À 27 ans, elle vient de quitter son siège au Conseil municipal (parlement) de Genève, dont elle était la benjamine. Elle y a aussi été chargée de la communication visuelle pour le parti cantonal jusqu’en 2016. Et elle vient de quitter son job de cheffe de projets «mobilisation, recrutement et formation» du PSS. «L’expérience genevoise et bernoise en une seule personne est une nouveauté pour le PS vaudois», explique l’intéressée.

«Quand on vit la migration, quand on voit les tentatives de ses parents pour s’intégrer, on fait l’expérience de la différence. Cela m’a poussée vers la pensée de gauche»

Si le PS Vaud a fait le choix d’une spécialiste de la comm, proche du PS suisse, c’est parce qu’il va affronter un sacré enjeu national en 2019. En perte de vitesse après avoir perdu quatre de ses 41 députés l’an dernier, il devra essayer de regagner son sixième siège au Conseil national l’année prochaine. Sans compter qu’entre-temps, il devra mettre son énergie dans la probable succession de Pierre-Yves Maillard au Conseil d’État, lui qui lorgne la présidence de l’Union syndicale suisse (USS). Et après tout ça, il y aura encore la possible succession à la libérale-radicale Jacqueline de Quattro au Conseil d’État.

«Oui, la situation est complexe et on a vu des zigzags aux élections, concède Olga Baranova. Mais nous sommes capables de mener ces combats avec nos alliés. La recette est comme celle de l’Appenzeller, un secret.»

Théâtral contre plan-plan?

Si les enjeux à venir sont importants, la politique vaudoise a quand même un côté beaucoup plus plan-plan que la genevoise et la bernoise. Est-ce ça qui a motivé Olga Baranova à quitter une ville dont elle connaît «chaque pavé», comme elle dit? «Je n’ai absolument pas cette image de la politique vaudoise, répond-elle. J’arrive dans un canton où la culture politique est faite de respect mutuel et de calme, pour le bien commun, même si tout le monde n’en a pas la même définition. À Genève, on se félicite en coulisses du côté théâtral de la politique et des genevoiseries, on est fiers de ce bruit permanent. Mais ce n’est pas ça qui fait avancer les choses.»

Si elle parle de Genève et de Berne, il ne faut pas non plus oublier la Russie et l’Allemagne dans le CV d’Olga Baranova. Elle est née en 1991 à Dubna, une ville à trois heures de route de Moscou. Puis, quand elle a 6 ans, toute la famille débarque en Allemagne, pour suivre son père physicien. «J’ai gardé de cette époque un intérêt marqué pour la politique allemande, explique-t-elle. Résultat: aujourd’hui je connais mieux la politique allemande que la politique française.»

Une ado face à l’intégration

Elle est arrivée en Suisse à l’âge de 15 ans. Après le collège, ses études l’ont menée en sciences politiques et en management public. «Quand on vit la migration, quand on voit les tentatives de ses parents pour s’intégrer dans un nouveau pays et les difficultés que ça représente, notamment au niveau de la langue, on fait l’expérience de la différence et de l’inaccessibilité de certains aspects de la société. Cela m’a poussée vers la pensée de gauche, avec une recherche globale de justice pour tout le monde, et pas seulement pour les étrangers. J’ai grandi comme une étrangère. Quand on ne peut pas participer à la construction d’une société, on se dit qu’on n’en fait simplement pas partie.» (24 heures)

Créé: 05.09.2018, 16h52

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