«Je gère ma sclérose en plaques grâce à mon alimentation»

TémoignageDominique Castella suit le régime du Dr Kousmine et ça lui réussit. Mais elle peine à joindre les deux bouts: son budget nourriture est conséquent et rien n'est remboursé.

Le budget nourriture de Dominique Castella, qui vit de sa rente AI, s'élève entre 750 et 850 francs par mois. Tout est à sa charge. «Je vais devoir m'endetter pour vivre. Bien sûr, c'est mon choix de me soigner seule, sans les médicaments qui seraient remboursés par les assurances. Ce qui ne passe pas, c'est que je n'arrive pas à payer mes impôts alors que je fais économiser des dizaines de milliers de francs au système de santé.»

Le budget nourriture de Dominique Castella, qui vit de sa rente AI, s'élève entre 750 et 850 francs par mois. Tout est à sa charge. «Je vais devoir m'endetter pour vivre. Bien sûr, c'est mon choix de me soigner seule, sans les médicaments qui seraient remboursés par les assurances. Ce qui ne passe pas, c'est que je n'arrive pas à payer mes impôts alors que je fais économiser des dizaines de milliers de francs au système de santé.»

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Pas de chaise roulante en vue ni de problème de mobilité. Atteinte de sclérose en plaques depuis une trentaine d’années, Dominique Castella ne prend aucun médicament pour soigner cette pathologie auto-immune incurable. Pour elle, cela ne fait aucun doute: l’évolution de la maladie a été stoppée grâce au célèbre régime de la DreKousmine. Une hygiène de vie coûteuse – non remboursée par l’assurance maladie – pour laquelle elle est à deux doigts de s’endetter.

Revenons en arrière. En hiver 1989, cette Lausannoise installée en Valais fait une chute à ski. S’ensuivent des problèmes de sensibilité, de fatigue, de vessie ultrasensible… En 2000, après une nouvelle chute, un neurologue lui annonce qu’elle est atteinte de sclérose en plaques depuis onze ans. Sur le conseil des médecins, elle se met à l’AI à 100% en 2004 pour préserver sa santé. Le corps médical lui propose l’arsenal thérapeutique en vigueur, notamment des médicaments immunomodulateurs à s’injecter soi-même (Interférons). C’est alors qu’elle entend parler du régime Kousmine. «Je me suis retrouvée là-dedans.» La consommation d’aliments bio constitue l’un des nombreux piliers de ce régime exigeant (lire ci-dessous). «Je ne mange que ce qu’il y a de «meilleur», c’est-à-dire de moins industriel, résume Dominique Castella. Je fais ma crème Budwig tous les matins. Je marche une heure par jour, je bois de l’eau de source...»

«Tout part dans les impôts»

Elle évoque ses derniers scanners du cerveau. «Le neurologue m’a dit: «C’est incroyable: vous avez réussi à ralentir l’évolution de la maladie! Elle est stabilisée et presque au stade zéro.» On m’a dit que j’étais un miracle. Que je ne devrais plus marcher, vu l’état de mon cerveau.

Rayon finances, c’est une autre histoire… Le régime alimentaire de Dominique Castella lui coûte entre 750 et 850 francs par mois. Rien n’est remboursé, on l’a dit. Elle peine à régler ses impôts et s’est tournée à de multiples reprises vers le Canton du Valais et sa Commune ( Fully) pour des remises fiscales. «Ils m’ont accordé une déduction de 2500 francs par année pour mes dépenses liées à mon régime. Mais bon, cela ne couvre absolument pas mes frais. C’est un quart de ma réalité. »

En l’état, elle s’acquitte de 3300 francs d’impôts sur 2980 francs de rente AI mensuelle. «Tout part dans les impôts. Je viens de les payer et je n’ai pas de quoi m’acheter une paire de chaussures ni faire vacciner mon chat… Le problème, c’est que je vais devoir m’endetter, à ce stade. L’idée d’avoir des dettes parce que je me soigne toute seule, ça ne passe pas. Il est vrai que c’est un choix personnel de me traiter moi-même. Mais quand j’entends parler de l’explosion des coûts de la santé et que je vois dans quelle situation je me trouve… Si je suivais des traitements classiques et remboursés, cela coûterait des dizaines de milliers de francs par année. Je fais économiser de l’argent au système de santé et je n’arrive pas à payer mes impôts! Au final, ma maladie ne coûte pas grand-chose. Je ne vais quasiment jamais chez le médecin.»

La Commune ne transige pas

Dominique Castella réclame depuis des années «des impôts sur mesure». Le responsable des contributions à Fully, Patrick Arlettaz, explique que la marge de manœuvre légale de la Commune est «très restreinte». «Nous avions analysé son dossier avec l’État du Valais et une déduction forfaitaire de 2500 francs avait été décidée, à l’époque. Au niveau communal, la seule chose que je puisse faire, c’est lui octroyer des arrangements de paiements, pour échelonner. Le fait que le traitement ne soit pas pris en charge par les assurances n’est pas accepté comme déduction du revenu fiscal. C’est la loi.»

Le Canton du Valais dit «comprendre la situation financière difficile de MmeCastella» mais «confirme que le dossier a été traité en conformité avec les bases légales en la matière, et que l’égalité de traitement avec tous les contribuables valaisans a été ainsi respectée». Il rappelle que la loi prévoit une franchise de 2% des revenus imposables, ce qui ne permet pas aux contribuables valaisans une déduction complète des frais médicaux. Nicolas Mathys, de l’état-major du Service cantonal des contributions, donne un exemple: «Pour résumer, dans les grandes lignes, si un contribuable a un revenu de 25000 francs et qu’il a des frais engendrés par la maladie ou un accident de 2500 francs, il ne pourra en fait déduire que 2000 francs au vu de cette franchise.»

Créé: 23.11.2019, 09h06

«Aucune preuve de l’efficacité de ce régime»

La Société suisse de la sclérose en plaques (SEP) ne prend pas position par rapport au régime Kousmine. «Il n’y a pas de recherches ni d’études scientifiques prouvant son efficacité, indique Corinne Coleman, infirmière. Nous appuyons nos conseils sur des données probantes en lien avec des projets de recherche. Nous sommes ravis si la méthode apporte un bénéfice pour cette dame mais elle ne peut en aucun cas être appliquée à toutes les personnes atteintes. Cela reste un cas isolé.»

La SEP recommande aux malades une alimentation équilibrée et saine. «Mais jusqu’à présent, aucune preuve scientifique n’a pu démontrer qu’un mode d’alimentation pouvait atténuer la sclérose en plaques», répète Corinne Coleman.

Et de délivrer ces messages aux malades: «Il ne faut accepter aucune baisse de la qualité de vie à cause de régimes alimentaires stricts. N’essayez aucun régime qui promet une guérison. Les cas isolés d’amélioration considérable de l’état de santé ne prouvent rien et éveillent de faux espoirs.»

L’alimentation est l’un des six piliers du régime mis au point par la Dre Catherine Kousmine, prêtresse du manger sain, décédée en 1992 à Lausanne. Crème Budwig au petit-déjeuner, aliments crus au début de chaque repas, cuisson vapeur de préférence, consommation quotidienne de légumineuses et céréales complètes, suppression des graisses végétales, margarine, sucre blanc, additifs, confiseries...

Bref: un régime dans l’air du temps qui privilégie l'apport des protéines végétales et préconise de réduire la consommation de viandes, produits laitiers et œufs.

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