Le geste de Luc Recordon

Élections fédéralesL'écologiste laisse sa place à Adèle Thorens au Conseil National, assurant une représentation mixte des Verts vaudois à Berne.

«Une jeune femme brillante», selon Luc Recordon, entourée de «deux éléphants de 65 et 60 ans».

«Une jeune femme brillante», selon Luc Recordon, entourée de «deux éléphants de 65 et 60 ans». Image: Jean-Bernard Sieber

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«Aujourd’hui, ma carrière politique fédérale prend fin.» C’est en ces termes que Luc Recordon a mis fin au suspense, hier à 15 h, lors d’une conférence de presse improvisée devant le stamm PS-Verts. Avant cette annonce, rien ne filtrait sur la décision qu’il avait prise. Même chez Les Verts, personne ne faisait de pronostic. «Nous ne donnons pas de mot d’ordre à nos candidats. Ce sera son choix, et il a quelques semaines pour le faire», indiquait Martial de Montmollin, président des Verts vaudois, en début d’après-midi. Luc Recordon avait déjà paré à toute éventualité. «Pour siéger au National, il aurait fallu que je m’y remette; cela fait huit ans que je l’ai quitté. Adèle Thorens y est au contraire très impliquée, et c’est une femme qui a du punch.»

Mais, si le candidat sortant explique de manière pragmatique sa décision, elle n’en paraît pas moins un geste d’une grande générosité pour la plupart des observateurs. «La décision de Luc Recordon de laisser sa place à Adèle Thorens est à mettre à son crédit, commente Martial de Montmollin. Cela montre une fois de plus qu’il arrive à mettre les intérêts des valeurs qu’il défend avant les siens propres.» Parmi les valeurs du parti écologiste, il y a notamment la parité. En laissant son siège à Adèle Thorens, Luc Recordon assure une représentation mixte des Verts vaudois à Berne.

Equilibre hommes-femmes

«L’équilibre hommes-femmes est un thème auquel j’ai, toute ma carrière, été très attaché», dit Luc Recordon. Autre thème important: le renouvellement, auquel les deux sièges verts vaudois à Berne offrent peu d’opportunités. «Il n’aurait pas été normal que deux éléphants de 65 et 60 ans (ndlr: Daniel Brélaz et lui-même) fassent barrage à une jeune femme brillante, fortement engagée dans la vie politique fédérale», a expliqué Luc Recordon, qui a assuré qu’il continuerait une «activité intense de militant des Verts», notamment au niveau communal, si Jouxtens-Mézery le confirme dans son rôle de municipal. Selon Martial de Montmollin, «il gardera son importance même au niveau suisse, car il est très écouté dans le parti». Adèle Thorens abonde: «Je ne fête pas mon retour au National aujourd’hui, car il signifie le départ de Luc Recordon, qui est mon modèle.» (24 heures)

Créé: 08.11.2015, 21h49

Les sauvés: Fathi Derder et Jean Christophe Schwaab retrouvent leur siège

Ils ont senti le vent du boulet, mais ils finissent par récupérer leur siège au Conseil national. La Verte Adèle Thorens, le socialiste Jean Christophe Schwaab et le PLR Fathi Derder n’étaient pas réélus au soir du 18 octobre dernier. Néanmoins, les trois retrouveront les lambris de la salle du Conseil national grâce au jeu des viennent-ensuite.Fathi Derder rempile donc pour un deuxième mandat à Berne. «Je suis d’abord heureux pour le magnifique résultat d’ensemble du PLR vaudois, c’est la droite libérale et humaniste qui gagne, estime le PLR de Pully. Maintenant, à titre personnel, je me réjouis de poursuivre le travail que j’ai commencé. Je vais continuer à me battre pour l’innovation et la place romande. Tout simplement parce que j’y crois.» Elu sous l’étiquette libérale en 2011, Fathi Derder avait tiré son épingle du jeu en se retrouvant sur le ticket aux Etats, à l’époque. Le 18 octobre dernier, le PLR vaudois a décroché un cinquième siège, mais Fathi Derder n’est arrivé qu’en sixième position. Hier, en accédant aux Etats, Olivier Français lui laisse son siège au National. A gauche, l’ambiance est plus maussade. La réélection de Géraldine Savary à la Chambre des cantons permet tout de même à Jean Christophe Schwaab de retrouver son siège au Conseil national. «C’est le prélude à quatre années difficiles pour les locataires, les retraités et les salariés», s’inquiète l’intéressé. En 2011, Jean Christophe Schwaab avait déjà été élu comme vient-ensuite pour le sixième siège décroché alors par le Parti socialiste vaudois à la Chambre basse.
Renaud Bournoud

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