La grande famille du théâtre a dit adieu à «Gonzalo du lac»

CérémonieLa foule a rendu hommage lundi au directeur de Vidy dans la cour de «son théâtre» et devant un lac agité

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«J’espère que de l’autre côté du miroir, je le retrouverai.» Poignants adieux que ceux adressés hier à René Gonzalez par Jules Hox, cuisinier de Vidy. Ce sont vingt et un?ans de complicité qui sont revenus à la mémoire de l’ami ému, déjà présent au bord de l’eau en 1990, à l’arrivée à Lausanne de René Gonzalez. «Il a fait plus que transmettre du bonheur. Il était une personne magnifique, qui se préoccupait des artistes, mais aussi de toute son équipe.» Dans la foule venue rendre hommage à René Gonzalez, décédé mercredi dernier à 69?ans des suites d’un cancer, les bras se serrent, les yeux se mouillent.

C’est dans la cour de «son théâtre» que les adieux ont été organisés. La tente n’a pas suffi à accueillir les centaines d’artistes, de proches, de politiques et d’amis venus partager un dernier instant avec «Gonzalo du lac». Comme si mère Nature voulait s’associer aux témoignages, le ciel n’a pas cessé de verser quelques larmes, alors que de grosses vagues agitaient le lac auquel René Gonzalez tenait tant.

Père attentif
Après l’arrivée du cercueil sur fond de saxophone de Daniel Bourquin et de contrebasse de Léon Francioli, c’est Jean-Quentin Châtelain qui a pris la parole, son chapeau à la main. «Je ne sais pas comment je vais me débrouiller sans toi.» Devant les deux familles de René – la nucléaire et celle du théâtre –, Patrick Braouezec, ancien maire de Saint-Denis et ex-professeur de ses enfants, a tissé le portrait d’un père soucieux et attentif.

«Il était toujours généreux. Jamais il n’aurait laissé un môme sur le carreau.» Et d’ajouter: «Il avait un cœur gros comme ça, qui pouvait déboucher sur des excès de colère ou de passion.» Après une mélodie d’Erik Satie qui a fait ressortir les mouchoirs cachés, le journaliste Patrick Ferla a pris la parole pour rappeler cette phrase de Paul Valéry, tant aimée de celui qui était l’âme de Vidy: «Que fais-tu aujourd’hui? Je m’invente…»

«Il nous a annoncé qu’il était bien et prêt à partir, a confié sa fille, Laetitia. La semaine dernière, il nous a dit: «Vous devez en avoir plein le cul. Alors au boulot!»

Michel Piccoli a, quant à lui, demandé pardon au défunt, dans une intervention teintée d’humour, pour ne pas avoir gardé tous ses fax. Puissant moment d’émotion, encore, lorsque l’acteur – qui a proclamé Vidy comme le plus beau théâtre du monde – a lu en conclusion un fax retrouvé sur le bureau de René Gonzalez. «Vous qui avez charge d’ancrer dans la réalité tant d’utopie, prenez le temps de lire, de questionner. Il y a tant et tant à faire. Des aventures, espérons singulières, inattendues, risquées, populaires et non populistes, au cœur de l’inhumanité du théâtre de la vie. A l’éternelle enfance de l’art, René Gonzalez.» Dans l’assemblée, un ange est passé…

Créé: 23.04.2012, 22h42

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