Les grands moyens pour éviter l’enfer dans l’Ouest lausannois

Réseau routierLa Confédération et le Canton mettent le paquet pour prévenir le chaos routier. Ils annoncent dix ans de travaux pour 1,2 milliard de francs.

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Si on ne fait rien, ce sera «l’enfer de l’Ouest». L’image est de Nuria Gorrite. La conseillère d’Etat vaudoise a détaillé hier le plan d’investissements maous prévu pour dés­engorger le trafic automobile dans l’Ouest lausannois à l’horizon de 2030. Plus que les 510 millions approuvés cette semaine par le Con­seil fédéral (notre édition d’hier) , c’est au bas mot 1,2 milliard qui devrait être investi dans le réseau afin de prévenir le collapsus routier.

Sur le papier, le projet a l’air d’un plat de spaghettis indigeste. Mais les améliorations promettent de changer la vie des usagers. Sur le tronçon de Crissier, entre les échangeurs de Villars-Sainte-Croix et d’Ecublens, des pistes seront rajoutées dans chaque sens. «En faisant passer l’autoroute de quatre à cinq voies, la capacité sera augmentée de 30%», explique Jean-Bernard Duchoud, vice-directeur de l’Office fédéral des routes (OFROU). Les nouvelles jonctions d’Ecublens, de la Blécherette et de Chavannes, ainsi que l’amélioration de celle de Malley, compléteront le dispositif.

A entendre les grands manitous des routes nationales, les chantiers s’annoncent ardus. Rien que pour le goulet de Crissier et la jonction d’Ecublens, pièce maîtresse de cette vaste opération de bétonnage, pas moins de neuf ponts et ouvrages aériens devront être élargis. Et il faudra en construire treize nouveaux. «Les contraintes du projet sont majeures, ajoute Jean-Bernard Duchoud. Il ne sera pas question de fermer une seule route la journée. Nous devrons tenir compte du voisinage, de la protection de la Venoge, des forêts et des surfaces agricoles.»

Le spectre des bouchons

Tout ça pour le confort des usagers? «Non, pour éviter le pire, nuance Jürg Röthlisberger, directeur de l’OFROU. Crissier est l’un des plus importants goulets d’étranglement du pays, avec plus de 100?000 véhicules par jour. Le trafic motorisé a augmenté de 100% en vingt-cinq ans et il va continuer à croître.» A terme, on peut prévoir des bouchons quotidiens si rien n’est entrepris: le fameux «enfer» redouté par Nuria Gorrite.

La cheffe du Département des infrastructures salue ces velléités d’investissements: «Le Conseil fédéral a compris que les besoins de l’arc lémanique sont vitaux pour tout le pays», dit-elle. Elargir la veine jugulaire de Crissier, c’est faciliter toute la circulation, de Genève à Zurich. «Améliorer l’accès à l’agglomération, poumon économique du canton, c’est l’améliorer pour les autres régions en même temps, ajoute la ministre. Plus de la moitié des emplois vaudois dépendent directement ou indirectement de ce maillon de mobilité.»

Tout indispensables qu’ils soient, ces chantiers sont loin d’être lancés: les travaux devront faire l’objet de mises à l’enquête. Le financement est acquis au parlement pour l’étape 1 et la nouvelle jonction d’Ecublens (voir infographie). Il ne l’est pas encore formellement pour tous les travaux. «Ce n’est pas un problème, assure, optimiste, Patrick Eperon, secrétaire du Centre Patronal vaudois. Une large alliance de cantons solidaires, y compris Zurich, approuve le calendrier des travaux à mener. L’arc lémanique soutient les projets de travaux zurichois et ils soutiennent les nôtres. Et je n’imagine pas la nouvelle majorité parlementaire à Berne stopper des projets si importants pour l’économie.» Berne dispose d’un fonds de 5,5 milliards pour l’élimination des goulets autoroutiers. Mais les besoins se montent à 14 milliards, note l’OFROU. A terme, c’est le fonds routier (FORTA) proposé par Doris Leuthard qui devrait permettre d’assurer les dépenses – dont le futur contournement de Morges. A condition que le peuple approuve l’idée d’augmenter la surtaxe sur l’essence.

Créé: 29.01.2016, 06h44

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