Grillon garde sa partition mais s’en va jouer ailleurs

Les MossesLe campement agrico-social installé depuis six saisons aux Petits Lacs, c’est fini. Le piano du berger a pris le large.

Le piano à queue de Jean-Marie Grillon, qui le suit partout, quitte par hélicoptère les Petits-Lacs. Il y aura trôné six ans.

Le piano à queue de Jean-Marie Grillon, qui le suit partout, quitte par hélicoptère les Petits-Lacs. Il y aura trôné six ans. Image: Chantal Dervey

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«Cela fait plus de vingt ans que je trimballe mon piano à droite à gauche, ce n’est qu’une étape de plus», philosophe Jean-Marie Grillon. Derrière le sourire un rien crâneur, on sent bien que le berger chargé de jeunes placés par la justice en a gros sous le turban. Car en s’envolant vendredi de la Buvette des Petits-Lacs, où il trônait depuis six étés, le piano n’est pour l’instant promis qu’à un entrepôt «où il pourra discuter avec d’autres pianos».

Des palabres, il y en a déjà eu beaucoup pour tenter de maintenir le campement bohème à vocation éducative, monté sur les hauteurs des Mosses. Depuis ce printemps, tous les scénarios ont été évoqués pour tenter d’en préserver la substance mais aucun accord n’a pu être conclu avec les autorités communales, soucieuses de respecter les règlements tant en matière d’aménagement du territoire que d’exigences pour l’accueil des mineurs.

«Je suis sûr que d’autres portes vont s’ouvrir.»

Une rencontre sur le pâturage fin juin avec les services de l’État de Vaud concernés n’a pas permis d’avancée concrète, pas plus que l’interpellation du député Jérôme Christen au Grand Conseil, il y a une semaine, demandant un régime d’exception pour Jean-Marie Grillon: ce dernier a été prié de quitter les Petits-Lacs où un couple de bergers s’installe pour assurer l’entretien de l’alpage cet été.

«Pas envie de me battre»

«La Commune ne me veut pas, pour des raisons qui lui appartiennent, philosophe le berger. Je pourrais prendre un avocat, me battre, mais je n’en ai pas envie, je ne suis pas venu pour faire des histoires. Je suis sûr que d’autres portes vont s’ouvrir.» Avec la poignée d’ados sous sa garde, Grillon a commencé à prospecter et réfléchit à proposer son équipage comme main-d’œuvre bénévole sur d’autres alpages. Il se sent soutenu par le Service vaudois de la protection de la jeunesse (SPJ). «Je sens qu’ils marchent avec moi pour trouver une solution», affirme-t-il.

Jean-Marie Grillon, ce jeudi à la Buvette des Petits-Lacs, avec une poignée d’ados placés sous sa garde par la justice.

Plus sobrement, le SPJ confirme que la demande pour le placement de jeunes sous l’aile de Jean-Marie Grillon est en cours d’examen.

Créé: 13.07.2018, 19h34

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