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Grogne chez Nespresso contre les horaires

La filiale de Nestlé indigne ses employés de production en péjorant leurs horaires de travail.

En 2017, Nespresso a ouvert 133 nouvelles boutiques dans le monde.
En 2017, Nespresso a ouvert 133 nouvelles boutiques dans le monde.
Laurent Guiraud

«J’étais content de travailler chez Nespresso, mais vu la dégradation des conditions présentée, je regarde désormais les annonces de travail ailleurs.» À l’instar de cet employé de Nespresso au centre de production d’Avenches, c’est la soupe à la grimace parmi les collaborateurs à la production. La semaine dernière, la direction a présenté une modification des horaires de travail. En clair, au lieu de rotations par groupes de 5x8 heures, le service sera réduit à 4x8 heures. Un changement qui va modifier l’organisation, la durée hebdomadaire passant ainsi de 41 à 43 heures.

«Cela représente une hausse du temps de travail de 4,65%, soit 13 jours de congé en moins sur l’année», décompte le syndicat Unia sur des tracts qui ont circulé en début de semaine parmi les employés. Presque un week-end sur deux au travail et à chaque fois pour douze heures consécutives le samedi et le dimanche ou encore certaines semaines pouvant aller jusqu’à 58 heures sont aussi des arguments relevés, le tout sans augmentation de salaire sauf pour compenser la hausse du temps de travail. Le syndicat ne souhaite toutefois pas communiquer sur le dossier, n’ayant été contacté que de manière individuelle. Diverses séances avec le personnel sont prévues ce vendredi. Elles pourraient déboucher sur un mandat officiel de représentation auprès de la direction.

«Pour moi, c’est une façon cachée de dégraisser, peste un collaborateur romontois. En réduisant les tournus, il y aura forcément du personnel en trop»

Une chose est sûre, la démarche va dans le sens de la réduction des coûts lancée depuis 2017 par Mark Schneider, nouveau patron de la multinationale veveysanne Nestlé. Une restructuration de l’ordre de 500 millions de francs a été lancée. Même Nespresso, longtemps épargné, doit donc désormais se serrer la ceinture. Après le transfert de 70 postes du pôle de développement de Lausanne à Romont annoncé en décembre, c’est la production qui passe à la caisse.

«Pour moi, c’est une façon cachée de dégraisser, peste un collaborateur romontois. En réduisant les tournus, il y aura forcément du personnel en trop.» Une remarque qui va de pair avec une production ralentie depuis début 2018. Pourtant, l’activité de Nespresso est en pleine croissance, rétorque un porte-parole de l’entreprise, annonçant l’ouverture de 133 nouvelles boutiques dans le monde en 2017.

«L’objectif de ce changement est d’améliorer notre productivité, de répondre à la demande croissante et de garantir la compétitivité à long terme de nos sites de production», ajoute Alphonse Daudré-Vignier, en précisant que le changement proposé n’entraînera pas de licenciements parmi les 1000 collaborateurs des trois sites. Ainsi, chaque employé dans l’une des cinq équipes de chaque site sera placé dans l’une des quatre futures équipes du même site.

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