«Il y a un gros malentendu sur les futures normes du parascolaire»

Accueil de l'enfance Après leur grève en novembre, les éducatrices de l’enfance se sont mobilisées lundi. Les communes ont joué l’apaisement.

Représentant des communes, le socialiste Pierre Jolliet a partagé lundi la soupe à la courge de l’APEMS d’Entre-Bois, à Lausanne.

Représentant des communes, le socialiste Pierre Jolliet a partagé lundi la soupe à la courge de l’APEMS d’Entre-Bois, à Lausanne. Image: VHQ/Odile Meylan

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«Les changements à venir dans l’accueil parascolaire, on les verra surtout dans les marges. Tout ne va pas être transformé au 1er janvier.» Le message est celui du socialiste Pierre Jolliet, municipal à Epalinges. Avec les neuf autres membres de l’Établissement intercommunal pour l’accueil parascolaire (EIAP), il fait partie des politiciens les plus décriés dans les milieux de la petite enfance dans le canton de Vaud depuis cet été. En cause: les nouvelles normes de l’accueil parascolaire que l’EIAP a édictées, qui prévoient d’augmenter le nombre d’enfants par adulte.

Ce lundi, cet ancien du Service des écoles de Lausanne faisait partie des quelques membres de l’EIAP qui ont répondu présent aux multiples invitations des structures d’accueil pour «partager une soupe à la courge» pour leur deuxième journée de mobilisation après leur grève de novembre. Pourquoi une soupe à la courge? Parce que les éducatrices refusent d’être «prises pour des courges», selon leur slogan officiel.

«Logique économique»

Cette deuxième journée de mobilisation avait pour but d’entamer des discussions, voire des «négociations» avec les représentants des communes. L’occasion pour eux de jouer l’apaisement. «Il y a eu un malentendu à propos des nouvelles normes», pose d’emblée Pierre Jolliet, qui s’est rendu à l’APEMS d’Entre-Bois, à Lausanne. «Elles ont pour but d’apporter de la souplesse. Nous ne pourrons pas jouer à les imposer. Nous discuterons avec les directions des structures d’accueil quant à leur application. Les professionnels pourront nous dire si, dans une situation particulière, augmenter le nombre d’enfants est impossible.»

Le discours se veut rassurant, mais pas sûr qu’il fasse mouche pour l’instant. «Cette logique est économique, alors que la nôtre est qualitative», fait valoir Hélène Kittel, la directrice de l’APEMS d’Entre-Bois. «Avec moins de personnel, nous craignons de ne pas pouvoir accomplir les missions éducatives et préventives que nous donne la loi.» Ce lundi, l’équipe de l’APEMS d’Entre-Bois se composait de cinq personnes: trois professionnels, une en formation et une auxiliaire. «Nous avons 60 enfants, ajoute Hélène Kittel. À l’avenir, on nous dira soit qu’on peut être une personne de moins ou qu’on peut accueillir 75 enfants.»

Brouhaha

À entendre le brouhaha permanent entourant la dizaine de tables de l’APEMS, on imagine déjà les décibels supplémentaires d’un tel scénario. Mais est-ce faisable? Réponse de Pierre Jolliet: «Si cette question se posait dans mon réseau, je dirais qu’augmenter la capacité à 75 ne se ferait pas pour rien. Cela voudrait dire qu’il y aurait une quinzaine de familles sur le carreau. Je viendrais alors discuter avec la directrice de l’APEMS pour voir ce qui serait possible.»

Manifestation des éducateurs, lundi devant l’EIAP de Pully.

Si l’ambiance était au dialogue à Entre-Bois, la conversation était beaucoup plus houleuse sous la pluie devant le bâtiment de l’Union des communes vaudoises (UCV) à Pully, où siège l’EIAP. C’est là que le Syndicat des services publics (SSP) et l’association professionnelle AvenirSocial avaient organisé un «piquet» lundi (lire ci-dessous).

Reproche principal des manifestants: le profil des dix membres de l’EIAP, syndics et municipaux, tous issus d’un district différent, dont huit s’occupent du dicastère de la petite enfance. Cinq sont issus du Parti libéral-radical (PLR), deux du Parti socialiste et trois sont indépendants.

Pas de négociation

«Vous avez la compétence légale pour édicter ces normes. Mais vous n’avez pas les compétences techniques et du terrain», lance Marc Gillet, président de l’ARDIVE, l’Association des responsables et des directions d’institutions vaudoises de l’enfance. S’estimant traité d’«incompétent» par ce type d’arguments, Christian Kunze rappelle que l’EIAP a été institué par la loi sur l’accueil de jour (LAJE).

Une rencontre est en tout cas agendée au 11 décembre. Pour une négociation? «Jamais je n’ai utilisé ce mot, explique Christian Kunze. Mais quand on reçoit quelqu’un, ce n’est pas pour juste boire un café.»

Créé: 03.12.2018, 20h16

Une grève possible en janvier

Alors que la première journée de mobilisation avait entraîné la fermeture d’un important nombre de structures d’accueil de l’enfance, le 13 novembre, celle de lundi avait pour but d’appeler les représentants des communes au dialogue. Une vingtaine de structures d’accueil dans tout le canton ont néanmoins fermé pendant tout ou partie de la journée. À Lausanne, ça a été le cas pour cinq garderies, avec un service minimal garanti. Une grande partie des structures d’accueil du canton ont invité les parents à partager une soupe à la courge, car les éducatrices refusent d’être «prises pour des courges».

La manifestation devant le bâtiment de l’Union des communes vaudoises (UCV) à Pully a réuni plus de 250 personnes, selon le Syndicat des services publics (SSP). Une rencontre avec l’Établissement intercommunal pour l’accueil parascolaire (EIAP) est agendée au 11 décembre. «Si l’entrée en vigueur des nouvelles normes est maintenue au 1er janvier, une nouvelle grève aura lieu le 7 janvier, sur le modèle de celle de novembre», explique Maria Pedrosa, du SSP.

M.SL

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