Halte aux petits chiens mal vaccinés venus de l’étranger

AnimauxLe Canton et la Société protectrice des animaux mettent en garde contre les importations illégales.

Un chien de petite race en attente d’adoption au refuge de la SVPA à Sainte-Catherine, sur les hauts de Lausanne.

Un chien de petite race en attente d’adoption au refuge de la SVPA à Sainte-Catherine, sur les hauts de Lausanne. Image: Keystone

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Maltraités, mal vaccinés, porteurs de maladies et promis à l’euthanasie. En forçant à peine le trait, c’est le tableau qu’ont dressé hier le vétérinaire cantonal, Giovanni Peduto, et le directeur de la Société vaudoise de protection des animaux (SVPA), Alain Zwygart, à propos des animaux importés illégalement en Suisse et dans le canton, dont le nombre ne cesse de croître ces dernières années. Avec la conseillère d’Etat cheffe du Département de l’environnement et du territoire, Jacqueline de Quattro, décidément très présente avec des animaux ces temps-ci, ils ont voulu mettre en garde les acheteurs potentiels à la veille des grands départs en vacances.

Giovanni Peduto a expliqué que, pour les cas portés à la connaissance des autorités, il s’agit à plus de 93% de chiens. Il a donné quelques chiffres qui, selon lui, ne représentent que «le sommet de l’iceberg». De six cas dénoncés en 2008 dans le canton, on est passé à 40 en 2012, puis à 88 l’an dernier. «Et ça ne vient certainement pas d’une augmentation de la population canine, qui est restée stable toutes ces années, et qui représente un peu plus de 60 000 chiens.»

«Cela part parfois d’un bon sentiment, on se laisse attendrir par un chiot, et on craque, commente Jacqueline de Quattro. Mais il faut faire attention et se rendre compte que la réalité est moins rose, ces animaux sont souvent élevés dans des conditions déplorables, pour faire de l’argent facile.»

Produits en «usine»

«Ce sont très souvent de véritables usines, qui sont faites pour répondre aux demandes et aux effets de mode de manière rapide et en grosses quantités, confirme Alain Zwygart. Ces chiens ne sont la plupart du temps pas correctement ou pas du tout vaccinés, et on peut considérer qu’ils sont maltraités. Ils sont séparés trop tôt de leur mère et ne sont pas socialisés correctement, ce qui fait qu’ils ne sont pas équilibrés et peuvent être agressifs. Et puis ces élevages ne portent pas une grande attention au problème de la consanguinité. On découvre après coup que la santé des chiens est fragile.»

De nombreux toutous ainsi importés finissent dans des refuges quand leurs maîtres constatent des problèmes de santé ou de comportement. La SVPA les voit passer dans le sien, à Sainte-Catherine, sur les hauts de Lausanne. A la question de savoir combien de chiens sont dans ce cas de figure, Alain Zwygart et Giovanni Peduto n’ont pas de réponse assurée. «On ne connaît pas tous les cas d’importations illégales, d’une part, et il y a aussi des importations légales mais où ce genre de problème peut se poser», déclare le vétérinaire cantonal.

«Des chiens mal vaccinés ou pas vaccinés peuvent être porteurs de la rage, ajoute-t-il. Une maladie grave, aujourd’hui encore mortelle. Et il y a un risque réel qu’elle réapparaisse en Suisse. Si l’animal est contaminé, on n’aura pas d’autre solution que de l’euthanasier.» (24 heures)

Créé: 01.07.2016, 20h16

Le spectre du retour de la rage

En Suisse, les autorités sanitaires et vétérinaires se plaisent à rappeler que la rage a été éradiquée, le dernier cas de patient humain autochtone remontant à 1977. Et le dernier renard à 1998. Mais les importations de chats et de chiens venant de pays où cette maladie sévit encore font craindre le pire au vétérinaire cantonal vaudois. C’est en effet une maladie mortelle tant pour les animaux que pour les hommes. Elle peut s’attraper par contact avec la salive d’un animal, la plupart du temps lors d’une morsure. De manière générale, les pays de l’Union européenne sont épargnés. Mais la rage est encore bien présente en Afrique et en Asie, et perdure aussi dans certains pays de l’Est, en Amérique centrale et du Sud. Et l’Europe est souvent un pays de transit pour des chiens importés de ces pays. La rage est difficile à détecter. La certitude n’est garantie qu’après autopsie. De plus, son temps d’incubation est variable, de quelques jours à quelques mois, ce qui impose de soumettre les animaux que l’on soupçonne à des quarantaines longues pour éliminer tout risque.

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