Les hautes écoles vaudoises lancent la «business school» du futur

FormationL’UNIL, l’EPFL et l’IMD s’allient pour créer un centre où seront formés les cadres de demain. Mission principale: faire entrer le management dans l’ère de la durabilité.

Martin Vetterli, président de l'EPFL, Nouria Hernandez, rectrice de l'UNIL, et Jean-François Manzoni, président de l’IMD.

Martin Vetterli, président de l'EPFL, Nouria Hernandez, rectrice de l'UNIL, et Jean-François Manzoni, président de l’IMD. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les hautes écoles vaudoises rêvent que les dirigeants de demain soient formés et sensibles aux défis de la durabilité, de l’éthique et de la responsabilité sociale. Pour dépasser le stade du vœu pieux et concrétiser cet ambitieux projet, l’Université de Lausanne, l’EPFL et la Haute École de management (IMD) annoncent la création d’un centre de compétences unique, une école de management un peu à part: The Enterprise for Society Center (E4S).

«Pour la première fois, une business school va véritablement encourager la durabilité. Il s’agit de continuer à réfléchir à la prospérité, mais sans la croissance que l’on prône aujourd’hui et qui n’est pas compatible avec la protection de l’environnement. Si ce n’est pas à l’université que l’on se pose ce genre de questions, où le fera-t-on?» interroge Nouria Hernandez, rectrice de l’UNIL. «Notre monde est arrivé à un point de bascule. Les sciences et la technologie peuvent l’emmener dans la bonne direction, pour autant que les compétences utiles soient mises en commun. C’est ce que fera le centre E4S», renchérit Martin Vetterli, président de l’EPFL.

Concrètement, dans un monde en profonde mutation – numérique essentiellement – et marqué par la crise climatique, de nouveaux outils restent à inventer, insistent les responsables de la nouvelle entité. «Ce que l’on enseigne aujourd’hui est remis en cause par les immenses changements technologiques mais aussi par les défis que posent les questions liées à la durabilité à la société. En mettant nos compétences en commun, nous saurons trouver les réponses pour y faire face», souligne Jean-Philippe Bonardi, doyen de la Faculté des HEC à l’UNIL, qui codirigera le centre en compagnie de Jean-Pierre Danthine et d’Albrecht Enders, doyen de l’IMD.

«Pionniers»

En creux, la nouvelle structure, qui lancera un master en management durable et technologie en septembre 2021 avec des experts issus des trois institutions associées, ambitionne aussi d’atteindre la taille critique nécessaire pour concurrencer les écoles de management les plus célèbres, celles de Londres et de Paris en tête. Mais le centre vaudois vise même encore plus haut. «J’ai beaucoup observé ce qui se faisait partout dans le monde. Des endroits qui proposent une véritable approche interdisciplinaire et transversale dans de nombreux projets ont souvent été annoncés, mais je n’en ai pas vus. Nous sommes pionniers», poursuit Jean-Philippe Bonardi.

Le centre, qui compte profiter de la proximité géographique entre les trois institutions pour multiplier les échanges, bénéficiera d’expertises très différentes qui se veulent complémentaires et soutiendra les start-up. L’EPFL amènera ses connaissances dans tout ce qui touche à la technologie et à l’ingénierie, l’IMD son réseau, son accès aux grandes entreprises et ses compétences en management. Et charge à l’UNIL d’assumer la partie durabilité, l’un de ses chevaux de bataille depuis des années, ainsi que sa tradition de recherche et d’enseignement dans l’économie, grâce à la Faculté HEC. «Cette collaboration nous permet de mettre en commun le meilleur de chaque institution sur des projets que nous aurions peut-être pu organiser individuellement, mais qui seront encore meilleurs faits ensemble», conclut Jean-François Manzoni, président de l’IMD.

Créé: 17.12.2019, 16h00

Interview

«Cette réunion de compétences est inédite»



Durant sa phase de démarrage, le centre de compétences unique regroupant UNIL, EPFL et l’IMD opérera sous la direction de Jean-Pierre Danthine. Celui qui, au cours de sa carrière, a notamment été vice-président de la Banque nationale suisse en évoque les enjeux

Cette réunion de forces est-elle liée à un souci de taille critique?
Effectivement, en joignant nos forces, nous atteindrons une taille critique permettant de rivaliser avec d’autres grandes institutions. Cet aspect n’est toutefois pas le plus important. Il faut plutôt mentionner la complémentarité inédite des compétences que ce centre proposera, liant l’atout technologique de l’EPFL à la dimension académique de l’UNIL et celle pragmatique et proche du monde entrepreneurial de l’IMD.

Ce centre sera-t-il un atout pour séduire les meilleurs chercheurs et professeurs?
Les trois écoles étaient déjà concurrentielles séparément pour attirer les talents du monde entier. Nous renforçons cette dimension tout en utilisant les compétences déjà présentes au sein des trois institutions.

Qu'espérez-vous accomplir sous votre direction?
Cette direction sera en réalité collégiale (avec Jean-Philippe Bonardi, doyen d'HEC Lausanne et Albrecht Enders, doyen à l’IMD). J’ai bon espoir que notre approche suffisamment originale et profilée, aidée par la notoriété internationale des institutions fondatrices, nous permettra d’être rapidement reconnus comme un centre de compétences incontournable. O.W.

Articles en relation

Les hautes écoles draguent les écoliers

Formation Une offre scientifique et culturelle extrascolaire, sous forme d’ateliers, a été inaugurée à Lausanne. Plus...

L’UNIL, championne suisse des unis durables

Classement L’Université de Lausanne décroche la 1re place d’un classement national concocté par le WWF. L’EPFL s’en tire bien aussi. Plus...

L’UNIL lance le premier centre dédié à la durabilité du pays

Environnement L’institution est championne des unis suisses en matière de durabilité. À peine née, l’entité a déjà décroché un mandat. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.