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HEC: un soupçon de fraude à l’examen vire au malaise

Saisie pour une affaire de fraude, la faculté décide d’annuler un examen, avant de faire machine arrière le temps d’enquêter.

Philippe Maeder - A

C’est une drôle d’affaire, à mi-chemin entre la bourde et le scandale, le tout sur fond de soupçon de triche, qui secoue la Faculté des hautes études commerciales de l’UNIL depuis quelques jours. Récit de trois jours rocambolesques au cours desquels les responsables académiques ont joué aux montagnes russes, fait des choix lourds de conséquences avant de finalement décider de ne rien décider. Pour le moment…

Tout commence vendredi dernier, peu après un examen en forme de QCM qui a testé les connaissances de près de 140 étudiants de 3e année. Sitôt l’épreuve terminée, certains étudiants apprennent qu’une poignée de leurs camarades connaissaient les questions et les réponses de l’épreuve bien avant l’examen proprement dit. «Ça a vite fait le tour de la faculté. Plusieurs se sont également plaints car l’examen de cette année était exactement le même que celui d’il y a deux ans, au mot près! D’aucuns ont soupçonné des assistants d’avoir transmis le tout à leurs amis qui passaient l’épreuve cette année», explique Benjamin, étudiant de 3e année ayant pris part à l’examen.

Énorme rétropédalage

Saisi du cas, le décanat de la faculté, qui n’a pas hésité à parler de «fraude», en a tiré les conséquences dès le lendemain: «Quelques participants connaissaient les réponses aux questions de l’épreuve avant même d’entrer en salle. Nous ne savons pas, en l’état, précisément qui a été impliqué dans cette fraude, mais il s’agit de plusieurs personnes. Le professeur ne peut pas corriger votre examen sans mettre en danger autant l’égalité de traitement que l’équité. Par conséquent, le décanat de la faculté a décidé de vous demander de repasser l’examen […]. L’alternative de corriger un examen teinté de fraude est inacceptable», indiquait le décanat à tous les étudiants concernés samedi midi, les reconvoquant jeudi prochain. L’affaire aurait pu en rester là. C’était sans compter sur un nouveau rebondissement en forme d’énorme rétropédalage lundi après-midi. «Nous avons été saisis d’accusations de fraude, mais, à ce stade, nous n’avons trouvé aucune preuve qui aille en ce sens. Nous n’avons pas réussi à établir qu’un étudiant savait quelles questions seraient posées en entrant dans la salle d’examen, nous avons donc changé d’avis», explique Rafael Lalive, vice-doyen de la Faculté des HEC, qui explique qu’il arrive que certaines questions d’examens reviennent d’année en année et que des étudiants parviennent à se procurer d’anciennes épreuves pour réviser.

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Et le responsable de tordre également le cou à la rumeur qui voudrait que la fuite vienne d’un assistant. «Et pour cause, c’est un chargé de cours qui dispense le cours testé la semaine dernière. Or ils n’ont pas d’assistant», rappelle l’université. Un argument qui ne convainc pas Maxime, ancien étudiant HEC. «Les chargés de cours dépendent de départements, qui ont tous des assistants définis. Ce sont eux qui organisent, encadrent et souvent corrigent les examens. L’un d’eux, peu scrupuleux, a très bien pu transmettre les questions et les réponses.»

L’enquête le dira. Mais à quoi ressemblera-t-elle? Les notes des étudiants seront-elles comparées à celles de l’épreuve incriminée pour repérer de flagrantes et suspectes anomalies? «Nous ne pourrons pas détecter de fraude en ne se basant que sur cet aspect, quand bien même un étudiant collectionnerait les 2 depuis le début de l’année et obtiendrait un 6 à cet examen.»

Malheureuse négligence

En attendant, la première conséquence de ce pataquès est qu’il n’y aura pas de nouvel examen jeudi, celui qui a eu lieu la semaine dernière ne sera pas annulé. Pour autant, il n’est pas encore validé est actuellement en suspens. «Le temps pour nous de poursuivre les investigations et d’entendre les étudiants qui voudront bien s’exprimer», poursuit le vice-doyen, qui fait son mea culpa pour avoir pris une décision dans la précipitation.

Dans cette drôle d’affaire pleine d’incertitudes, il est tout de même une chose indéniable: l’examen 2019 est un copier-coller de sa version 2017. «C’est un autre aspect sur lequel nous devrons faire la lumière car ce n’est pas normal. Il s’agit clairement d’une négligence, c’est malheureux», soupire Rafael Lalive, qui ne craint toutefois pas une volée de recours contre les décisions définitives qui seront prises dans cette affaire.

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